Le Louise 345 d'Isabelle Arpin, c'est fini

©Debby Termonia

Couteaux tirés dans l’arrière-cuisine du Louise 345 entre l’ancien et le nouveau gérant... Le bilan est déposé et le restaurant est fermé. Isabelle Arpin, la cheffe, se relance déjà avec d'autres projets.

Arrivée il y a un an dans les murs du Louise 345, un petit hôtel très particulier logé dans une maison de maître de l’avenue éponyme, la cheffe Isabelle Arpin, alors en recherche de fourneaux, devait s’y remettre en selle et inscrire le salon feutré du bel étage dans les lieux de bouche courus de la capitale.

C’est alors un avocat, Jo Vanbelle, qui pilotait le projet avec elle. Mais la sauce n’a pas pris comme prévu. Aujourd’hui, elle tourne au vinaigre, après que François Lesage, un homme d’affaires très actif dans les biotechs, est entré dans la danse.

→ L'explication de François Lesage

"Le Louise 345 a été une merveilleuse aventure. J'adorais l'endroit", glisse Isabelle Arpin. ©Louise 345

"J’ai lu un papier dans L’Echo sur Isabelle et je me suis dit que je devais absolument la rencontrer et faire quelque chose avec elle. Le 22 août dernier, je suis devenu – un peu rapidement, je l’avoue et en me fiant aux dires de Jo Vanbelle - partenaire de la SPRL 345 Louise en y injectant l’argent dont l’entreprise avait besoin,plus de 100.000 euros, et en devenant par la force des choses actionnaire majoritaire (à 52%).

Mais une fois devenu gérant de l’affaire, j’ai pu me rendre compte de l’étendue des dettes accumulées, que j’ai réglées. J’ai alors tenté, à plusieurs reprises, d’avoir accès aux vrais comptes de la maison. Je les ai réclamés plusieurs fois à Jo Vanbelle, sans jamais les obtenir. Puis, en octobre, le propriétaire des murs et des chambres, Magforce Invest (Jean-Luc Heuzer, aussi comptable de la SPRL Louise 345), également partenaire commercial du restaurant et ami de Jo Vanbelle, nous a réclamé un loyer de 7.500 euros, ce qu’il n’avait jamais fait auparavant.

Je n’ai donc eu d’autre choix, pour arrêter l’hémorragie, que de déposer le bilan le 28 novembre dernier. Et dès le lendemain, j’ai été assigné au tribunal par la partie adverse. Désormais, les choses se régleront devant les tribunaux. J’ai assez perdu dans cette histoire et je veux rapidement tourner la page pour Isabelle, qui le vaut bien…", commente François Lesage, qui renvoie désormais à son conseil pour ne pas envenimer les choses.

Une fois devenu gérant de l’affaire, j’ai pu me rendre compte de l’étendue des dettes accumulées, que j’ai réglées. J’ai alors tenté, à plusieurs reprises, d’avoir accès aux vrais comptes de la maison.
François Lesage

→ L'explication de Jo Vanbelle

"J’ai appris ce matin que ce Lesage est allé déposer l’aveu de faillite de notre société sans me prévenir, sans même avertir les clients qui ont réservé une table et se retrouveront devant une porte close sans la moindre explication: pas un mot sur la porte, pas un coup de téléphone. Rien. Sans même avoir payé un cent ni à moi ni au bailleur ni aux fournisseurs qui nous avaient, dès le début, tellement aidés et supportés. Malgré ses engagements signés et ses promesses. C’est une vraie honte… Je n’ai pas l’habitude de me répandre sur les réseaux sociaux. Et j’ai longuement hésité à le faire. Mais j’estime aujourd’hui que c’est nécessaire pour vous prévenir et vous apporter quelques éléments factuels, avant que les mensonges et le blabla habituel commencent", réagissait pour sa part Jo Vanbelle dès mardi soir via son compte Facebook.

J’ai appris ce matin que ce Lesage est allé déposer l’aveu de faillite de notre société sans me prévenir, sans même avertir les clients qui ont réservé une table et se retrouveront devant une porte close sans la moindre explication: pas un mot sur la porte, pas un coup de téléphone.
Jo Vanbelle

→ L'explication d'Isabelle Arpin

Une heure plus tard, c’est Isabelle Arpin qui répondait très brièvement à ce premier déballage en place publique: "Chers amis, chers amies, vous avez certainement lu ou entendu certains propos concernant le Louise 345. Merci pour vos messages et vos appels. Laissons donc Facebook faire du Facebook et la justice faire son travail! Mon équipe, mes associés et moi-même seront bientôt de retour pour de belles aventures!!"

Nouvelles aventures déjà en cours

Aujourd’hui, la cheffe ex-étoilée dit vouloir tourner la page et rebondir avec son nouveau partenaire, François Lesage. Une nouvelle société, "The Wise House", a d’ailleurs été créée à cet effet; et un nouvel hôtel, logé à Hastière, va bientôt ouvrir ses portes.

"Le Louise 345 a été une merveilleuse aventure. J'adorais l'endroit. Je me posais enfin, je m'étais approprié l'endroit. Un peu comme si je rentrais à la maison. Aujourd'hui, c'est une nouvelle épreuve, une claque même. Mes premières pensées sont pour mes équipes, que je tenais à sécuriser. D'ailleurs, ils me suivent tous et c'est ensemble que nous allons continuer à vivre notre passion. C'est ensemble qu'une nouvelle adresse bruxelloise verra le jour dans les semaines à venir.

Bien entendu, je suis triste et déçue. On y a tous mis tellement d'énergie. Aujourd’hui, nous nous concentrons déjà sur l'ouverture de l'hôtel restaurant "Par-Delà". Un magnifique projet qui me correspond: 14 chambres, un restaurant. C'est intime, un peu comme si je recevais dans ma maison de campagne", nous confie ce matin la cheffe, déjà à nouveau en selle, ses couteaux à peine rangés.

Les palaces guindés et la cuisine bling-bling n’ont plus la cote. Le décorum et les additions faramineuses non plus.
Isabelle Arpin

L’ouverture du boutique hôtel-restaurant "Par-Delà" est programmée dès l’an prochain, à Hastière…-par-delà, près de Dinant. Les murs sont ceux d’une ancienne gentilhômmière locale du XIXe siècle, le Castel Notre-Dame de Lourdes.

D’importants travaux de rénovation y sont en cours. En gros, le maître d’ouvrage gardera la façade de ce petit château ardennais dont le parc de 4 hectares dévale jusqu’en bord de Meuse. Mais il redessinera entièrement les volumes intérieurs pour que chacune des 3 chambres et 11 suites répondent aux normes hôtelières actuelles. "Les palaces guindés et la cuisine bling-bling n’ont plus la cote. Le décorum et les additions faramineuses non plus", lance Isabelle Arpin pour expliquer le nouveau positionnement commercial.

A table, un concept de menus de trois à six services ciblera les produits de saison, voire du terroir, et changera toutes les quatre à cinq semaines. Mobilier, objets déco, art de la table, linge de maison et autres accessoires de salles de bains y seront à vendre.

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