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Le mixologiste qui rêve de travailler avec Pernod Ricard

©Kristof Vadino

Le mixologiste du bar Jalousy a développé cinq cocktails prêts à l'emploi. L'objectif est d'en commercialiser 10.000 bouteilles cette année encore.

Parfois, le confinement a du bon. C'est certainement ce que doivent penser Tristan Pierson et Alexis Mosselmans, respectivement gérant et mixologiste du Jalousy, un bar lancé en 2016 par l'acteur Jérémie Renier et Renaud Deru. Mixolo quoi? Mixologiste, celui qui mélange. Un faiseur de cocktails, si vous préférez. En l'occurrence, Alexis Mosselmans est certainement un des meilleurs de cette profession parfois méconnue d'oiseaux de nuit au service d'alcools et autres liquides qui ne demandent qu'à se mélanger.

Et que font un gérant de bar et un mixologiste mis à l'arrêt forcé par un fichu virus? Ils réfléchissent en attendant des jours meilleurs. Et quand un mixologiste cogite, cela finit souvent autour d'un verre. Lors du premier confinement, poussé dans le dos par un des actionnaires du Jalousy (et du Vertigo, un autre bar à cocktails), les deux compères ont développé différents cocktails prêts à l'emploi sans aucun ajout, des boissons "clé sur porte" censées faciliter la vie des exploitants horeca et autres barmen qui n'auraient pas le temps de préparer eux-mêmes leur propre mixture.

Alexis Mosselmans, primé aux meilleurs concours, est un autodidacte. Après une formation horeca, il est entré comme commis au restaurant Odette en ville avant d'en sortir, quelques années plus tard, chef de bar. Et c'est au bar de ce restaurant, en fin de soirée, que le déclic a eu lieu. Attablé aux petites heures, un habitué des lieux a demandé au mixologiste de lui concocter un cocktail de son cru.

À la veille d'un concours qui compte, le jeune mixologiste lui a servi un cocktail à base de coco, une boisson qu'il comptait présenter le lendemain pour tenter de convaincre ses pairs. Fort en soif, le client lui a alors demandé de lui en servir un autre, cette fois, en l'étonnant. Saisissant ce qu'il avait à portée de main — du basilic en l'occurrence — le jeune barman a séduit le client qui, a priori, n'était pas le plus facile. Et ce dernier a réussi à convaincre le mixologiste de changer son cocktail d'épaule lors du concours de lendemain. Voilà comment Alexis Mosselmans a réussi à se faire une place de choix dans cet univers feutré.

C'est lors d'un autre concours — de niveau mondial cette fois — que l'acteur Jérémie Renier et le DJ et producteur Renaud Deru, souhaitant ouvrir un bar exclusif à Bruxelles, ont rencontré le jeune prodige et ont réussi à le convaincre de prendre les commandes de ce qui allait devenir le Jalousy. On peut le dire, les affaires ont bien tourné jusqu'à ce que la pandémie de covid pousse les bars et autres lieux de fête à fermer leurs portes. Tristan Pierson et Alexis Mosselmans, on l'a dit, ont mis cette période à profit pour plancher sur un projet d'une série de cocktails prêts à l'usage en vue d'une commercialisation à grande échelle.

150 bouteilles et un bon buzz

Comme un essai, les deux compères ont imaginé trois cocktails déclinés en 150 bouteilles. Quelques coups de clics sur les réseaux sociaux, l'info s'est répandue et le buzz a pris. À la première réouverture des bars, le business au jour le jour a repris de plus belle, mais les deux compères, toujours poussés dans le dos par un actionnaire du bar, n'ont pas remisé leur idée au placard. Et lors du deuxième confinement, Alexis Mosselmans a pris son bâton de pèlerin en vue de trouver une distillerie à son goût.

10.000
bouteilles
Le gérant et le mixologiste du Jalousy espèrent commercialiser 10.000 bouteilles de cocktails par an.

Le patron de la distillerie située en Flandre et le jeune mixologiste ont alors joué aux alchimistes, chacun apportant un peu de son savoir à l'autre, chacun participant à une sorte de mini-laboratoire de recherches et découvertes. "Il me donnait des bases de produits, je les goûtais tout en sachant où je voulais les placer sur mon produit final", nous a expliqué Alexis Mosselmans. De la lavande, des fruits rouges frais, des jus pressés à Bruxelles, du gingembre, du basilic et bien d'autres goûts ont permis de mettre au point — et d'embouteiller — cinq cocktails différents.

De la lavande, des fruits rouges frais, des jus pressés à Bruxelles, du gingembre, du basilic et bien d'autres goûts ont permis de mettre au point — et d'embouteiller — cinq cocktails différents.

Une fois cette phase de recherche et de développement terminée, il a fallu passer à la vente et démarcher, entre autres des cavistes. "Quand on appelait un caviste, nous étions mal vus. Il vend du vin et des spiritueux. Quand on lui parlait de cocktail, il pensait tout de suite au Mojito de Baccardi", résume Tristan Pierson, qui précise qu'une fois le rendez-vous décroché, le taux de réussite approchait les 90%!

Le cap des 10.000 bouteilles

Aujourd'hui, les cocktails conçus par Alexis Mosselmans sont vendus en ligne, dans certains bars, dans une célèbre boîte de nuit bruxelloise et chez une dizaine de cavistes. Les deux entrepreneurs espèrent arriver à en écouler 10.000 bouteilles cette année. "Il faut arriver à un certain volume pour faire des économies d'échelle", explique Tristan Pierson.

Récemment, sur la pointe des pieds, Alexis Mosselmans et Tristan Pierson ont envoyé leurs bouteilles à des concours internationaux. Et le moins que l'on puisse écrire est que le breuvage plaît. Médaille d'argent au concours international de Lyon et double médaille d'argent au Bartender Spirits Award de San Francisco. Ils avaient également tenté le coup à Londres, mais la bouteille s'est perdue quelque part dans les bureaux de la douane.

Aujourd'hui, ils pensent à demain. Et lancent un appel du pied aux grands groupes. Leur rêve? Que Pernod Ricard les appelle et qu'ils puissent soit travailler avec leurs produits ou que les cocktails du Jalousy se retrouvent dans le portefeuille de Pernod Ricard. Ni promesse, ni ivresse, juste un doux rêve qu'ils caressent. Santé!

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