Le nouveau Radisson Brussels mise sur le décloisonnement malgré la crise sanitaire

©RHG

L’ex-Radisson Blu a terminé sa mue et devient officiellement le Radisson Collection. Le moment n’est pas idéal. Mais Gaston Gellens, son general manager, estime que tout a été mis en oeuvre pour "qu’il y ait de la vie, du mouvement, malgré les temps plombés que nous vivons".

Après 10 mois de travaux sans fermer ses portes – sauf durant le lockdown -, l’hôtel Radisson Blu de la rue Fossé-aux-Loups à Bruxelles a changé de peau. En profondeur à certains endroits, plus superficiellement à d’autres; mais quasi de la tête au pied. On a même drapé le vieux mur d’enceinte millénaire, découvert lors des travaux de construction initiaux et malheureusement reconstruit avec une lourdeur qui pesait de plus en plus sur la décoration intérieure du lobby central.

15
millions d'euros
RHG a alloué un budget de 15 millions d'euros pour repositionner l'hôtel et tenter de lui faire obtenir une cinquième étoile.

La direction l'avoue et planchait d'ailleurs depuis des années sur un repositionnement, avant que le départ confirmé d'Yves Mattagne, le chef doublement étoilé du Sea Grill, le restaurant logé depuis des décennies à l'arrière du lobby, en remette une couche: il était grand temps, surtout pour les espaces communs du rez, de donner un gros coup de balai.

Sans pour autant jeter l’argent par les centaines de fenêtres donnant sur l’atrium verré: le budget total du chantier de rénovation avoisine les 15 millions d’euros. Une partie de l'ardoise sera honorée par le propriétaire des murs, le gestionnaire allemand de fonds immobiliers Union Investment.

Nouvelle collection

Désormais, ne dites plus Radisson Blu mais Collection. Cette nouvelle enseigne du groupe RHG (Radisson Hotel Group) est réservée aux hôtels emblématiques et de caractère, qui ont une histoire à part entière ancrée dans la ville.

"Mon premier objectif est de faire revivre cet atrium, d'y faire revenir la clientèle locale"
Gaston Gellens
General Manager

Les 282 chambres de l’hôtel bruxellois logé au cœur du Pentagone ont donc été repositionnées par les architectes-décorateurs du groupe RHG, de la suite présidentielle aux 158 Collection rooms, en passant notamment par la bonne vingtaine de suites et les Executive Rooms donnant droit à disposer de l’Executive Lounge, un nouvel espace de travail et de détente logé au cinquième étage.

Décloisonner les espaces

Attablé dans le nouveau restaurant baptisé Stoke Grand Place, logé au cœur de l’immense atrium central, Gaston Gellens, le general manager du paquebot bruxellois requinqué, ne cache pas son impatience de relancer les moteurs. Il n'esquive pas ses craintes non plus: la crise sanitaire et ses conséquences multiples, parfois catastrophiques et sans doute durables sur le marché hôtelier, tant touristique que professionnel, obligent le commandant de bord à bien manoeuvrer.

"Mon premier objectif est de faire revivre cet atrium transformé en forum, d'y faire revenir la clientèle locale. Qu’il y ait de la vie, du mouvement, malgré les temps plombés que nous vivons.  Et on laissera les clients s’installer où ils veulent, pour prendre leurs aises et leurs distances, dans tout l’espace du rez, à toutes les heures du jour. À commencer par le petit déjeuner, qui sera désormais servi dans ce lobby-bar commun", insiste le patron.

Le nouveau bar central doit servir de moteur pour réanimer le coeur de l'hôtel bruxellois, comme aux premières heures, quand on s'y bousculait au comptoir du pub irlandais. ©RHG

Quand on lui fait remarquer que le moment n'est pas idéal, celui-ci fait la moue et nuance: "Le moment est inédit, mais réserve parfois de drôles de surprises. Par exemple, notre hôtel de Spa-Blamoral cartonne pour le moment au point d'afficher complet certains week-ends".

"Si la crise sanitaire oblige à canaliser les flux pour protéger les visiteurs, nous avons l’espace et les outils adaptés pour rebondir."
Gaston Gellens

Interrogé sur la future affectation de l’espace réservé durant des décennies au restaurant étoilé Sea Grill, après le départ du chef Yves Mattagne vers d’autres horizons, il est à la fois nostalgique et réaliste. "Le départ d’Yves est une perte. Mais aussi une opportunité de tenter autre chose après une aussi longue histoire commune. L’espace du Sea Grill, conservé quasi tel quel avec ses différents salons, son bar et son fumoir, permettra d’organiser des repas plus privatifs et cossus. Pour l’instant, on se concentre sur la relance du Stoke Grand Place avant d’ouvrir le Shanghai Kitchen, quand la demande le permettra. Les chefs sont prêts…"

Cap sur une cinquième étoile

Parmi les autres atouts mis en avant par le patron bruxellois, on pointera le bar central, ouvert sur la rue et l’atrium, ou le centre de fitness ouvert en permanence pour les clients de l’hôtel. Mais aussi le nouveau business center en façade, baptisé The Library, et les  18 espaces de réunion du premier, entièrement rééquipés et pouvant accueillir jusqu'à 420 congressistes ou 500 invités pour des cocktails.

"Tout a été pensé pour décloisonner et provoquer les rencontres. Et si le timing est contre nous, si la crise sanitaire oblige à canaliser les flux pour protéger les visiteurs, nous avons l’espace et les outils adaptés pour rebondir", rassure Gaston Gellens, qui annonce déjà, parmi ses objectifs, celui d’ajouter une étoile à son hôtel dès que possible.

La plupart des chambres ont été entièrement rénovées. ©RHG

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