Les 15 hôtels du groupe Cayman en réorganisation judiciaire

Les trois frères Cayman exploitent 15 hôtels en Belgique et un en France: les régimes d'aides sont très différents dans les deux pays. ©Dieter Telemans

Le groupe familial carolo s'est résolu à passer par la réorganisation judiciaire: les aides promises au secteur en Région wallonne se font toujours attendre.

A-t-on dit suffisamment combien les temps sont durs pour le secteur hôtelier ? Il est frappé de plein fouet par les restrictions des voyages et l'interdiction des événements, mais le fait que les hôtels aient le droit de rester ouverts a vraisemblablement occulté, dans l'opinion, l'idée qu'ils souffrent au moins autant que les restaurants. L'ensemble des établissements exploités par le groupe familial carolo Cayman vient ainsi de passer sous réorganisation judiciaire (PRJ): il s'agit de 15 hôtels, répartis dans les trois Régions du pays même s'ils sont plus nombreux en Wallonie. On les trouve à Waterloo, Dinant, Boncelles, Fleurus, mais aussi à Uccle, Ixelles, Raeren, etc. Certains d'entre eux opèrent sous l'enseigne Ibis, vraisemblablement en franchisés. Le tribunal de l'entreprise a ouvert pour chacune des sociétés d'exploitation, ainsi que pour 13 autres entreprises immobilières du groupe, une PRJ par accord amiable : l'objectif est donc de négocier un accord avec les créanciers dans le but d'assainir leur situation financière.

Cela sera-t-il suffisant pour relancer la machine ? "On l'espère évidemment, mais il ne faut pas croire que dès qu'on rouvrira les terrasses, les hôtels feront à nouveau le plein", répond Olivier Cayman, un des trois frères à la barre du groupe. "Il faudrait qu'on rouvre en grand les frontières, qu'on relance le transport aérien et qu'on ré-autorise les événements. On n'a aucune visibilité actuellement sur la relance de l'économie en général."

"Les 1.000 euros d'aides par chambre ne sont toujours pas accessibles: la plateforme pour les demander vient seulement d'être ouverte le 22 avril."
Olivier Cayman
Administrateur des sociétés du groupe Cayman

Lenteurs wallonnes

Les aides mises en place pour soutenir le secteur n'ont été jusqu'ici d'aucun secours, explique le dirigeant. On songe en particulier à l'aide de 1.000 euros par chambre décidée par le gouvernement wallon en février. "Nous n'avons encore reçu aucune aide en Région wallonne, poursuit Olivier Cayman. Les 1.000 euros par chambre ne sont toujours pas accessibles : la plateforme pour les demander vient seulement d'être ouverte le 22 avril." Selon lui, l'hôtellerie est "le parent pauvre des aides dans l'horeca".

28
nombre de sociétés en PRJ
Le 16 avril dernier, le tribunal de l'entreprise a ouvert une PRJ pour 28 sociétés du groupe Cayman.

À titre de comparaison, le groupe Cayman exploite également un hôtel en France, à Rouen (Normandie). Celui-ci est toujours ouvert et a bénéficié d'une série d'aides bienvenues : "Nous avons pu conclure en France des prêts garantis par l'État, de même que nous avons reçu des aides directes au premier confinement. C'est sans commune mesure avec ce qu'on a obtenu en Belgique."

Dans notre pays, deux des quinze hôtels du groupe ont gardé leurs portes ouvertes.

Sogepa sollicitée

Il nous revient aussi que le groupe carolo est allé frapper à la porte de la Sogepa, apparemment en vain. On nous confirme la démarche au siège du holding public wallon, tout en précisant : "Cayman a sollicité la Sogepa lors du premier confinement dans la cadre d’une demande de garantie. Cette demande ne rentrait malheureusement pas dans le cadre de nos interventions Covid. La Sogepa a néanmoins orienté le groupe vers d’autres solutions."

Le holding public ajoute que "les discussions restent ouvertes avec lui", et qu'il "continuera d’étudier en partenariat avec la SRIW – si demande est faite – toutes les options possibles au terme de la période de protection judiciaire".

"Après 14 mois de pandémie, sans avoir reçu aucune aide, et sans visibilité sur l'avenir, on n'a pas eu d'autre possibilité que la PRJ."
Olivier Cayman
Administrateur des sociétés du groupe Cayman

Si le groupe s'est résolu à passer maintenant par la case PRJ, c'est parce que le moratoire sur les faillites a pris fin le 31 mars. Le moratoire sur les crédits, lui, a été prolongé à fin juin, pour rappel. "Après 14 mois de pandémie, sans avoir reçu aucune aide, et sans visibilité sur l'avenir, on n'a pas eu d'autre possibilité que la PRJ", conclut Olivier Cayman.

Le résumé

  • Le groupe familial carolo Cayman a demandé une protection contre ses créanciers (PRJ) pour 28 entreprises, dont 15 hôtels.
  • La crise pandémique rend l'activité hôtelière quasi impossible.
  • Les aides promises au secteur se font toujours attendre en Wallonie.
  • La direction déplore l'absence de visibilité sur la reprise.

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