Les frères Beyaz absents du procès du transfert du resto "Aux Armes de Bruxelles"

©Kristof Vadino

Les frères Beyaz, renvoyés en correctionnelle pour des infractions sociales lors de la gestion des Armes de Bruxelles, n'étaient pas présents à leur procès.

Spyragelos et Sabahattin Beyaz, deux frères autrefois très actifs dans le secteur horeca bruxellois, étaient les deux grands absents du procès de la tentative de transfert du restaurant "Aux Armes de Bruxelles" vers une société (INV4U) située au Grand Duché de Luxembourg. Dans le courant de l'été 2017, alors que les travailleurs venaient de démarrer leurs vacances, les deux frères avaient tenté de transférer l'établissement vers le Grand Duché en ne prévenant pas les travailleurs. Les syndicats, en front commun FGTB-CSC, avaient dû batailler ferme devant la justice pour obtenir le gel de ce transfert. De fil en aiguille, l'inspection sociale était descendue sur place et, constatant de nombreuses infractions sociales, avait fait poser des scellés sur l'établissement.

Depuis, il faut noter que l'établissement a été repris par Rudy Vanlancker, le patron de chez Léon et que ce dernier n'a donc rien à voir avec la pièce qui s'est jouée lundi après-midi devant la 69e chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Bruxelles.

Affaire mise en continuation

Les frères Beyaz, ainsi que deux anciens directeurs du restaurant et le gérant de la structure basée au Grand Duché, étaient renvoyés en correctionnelle pour ce transfert tenté vers le Grand Duché sans concertation sociale, pour une absence de déclaration des travailleurs à la sécurité sociale et pour des retards de versements des salaires.

"Ce dossier est construit sur le mépris de tout ce qui est de l'ordre du social dans l'entreprise et d'un énorme mépris de l'être humain au travail."
Bernard Maingain
Avocat de la FGTB et de la CSC

"Il n'y a, dans cette affaire, jamais eu une once d'ouverture de dialogue social", a plaidé Bernard Maigain (Xirius), l'avocat de la FGTB, de la CSC et de la plupart des travailleurs des Armes de Bruxelles à l'époque des faits. "Ce dossier est construit sur le mépris de tout ce qui est de l'ordre du social dans l'entreprise et d'un énorme mépris de l'être humain au travail", a encore plaidé le conseil des syndicats et des travailleurs.

50.000
euros
Le montant de l'amende réclamée à l'encontre des frères Beyaz.

Dans son réquisitoire, l'auditeur du travail a estimé que les frères Beyaz étaient ceux qui tiraient les ficelles dans cette histoire, mais il a également chargé les trois anciens dirigeants de l'établissement. In fine, l'auditeur a requis une amende de 50.000 euros contre les frères Beyaz, une autre de 30.000 contre un ancien directeur opérationnel et des peines de 6 mois et d’un an de prison et des interdictions professionnelles contre le gérant de INV4U et contre l'ancienne mandataire des frères Beyaz. L'affaire a été mise en continuation afin de donner une chance à ceux-ci de venir s'expliquer.

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