Les frères Lhoist activent leur plan de relance dans l'horeca

Arthur s'occupait des restos, Nicolas de l'événementiel et de l'hôtelier. Désormais, les deux frères œuvreront au sein d'un même groupe. Le premier s'occupera d'impact, le second coiffe la casquette de CEO. ©saskia vanderstichele

Cinq nouveaux projets sortiront de terre d'ici un an environ, quand 50 embauches sont à prévoir. "Un signal pour le secteur", avancent Arthur et Nicolas Lhoist.

Ici comme ailleurs, la sentence ne s'est pas fait attendre. Actifs dans l'horeca et l'événementiel, Arthur et Nicolas Lhoist se sont retrouvés du jour au lendemain à l'arrêt. Alors, pas le choix, il leur a fallu, comme pour tant d'autres, se réinventer. Via le digital, d'abord, avec la vente de plats à emporter ou l'organisation de team buildings dématérialisés. Mais pas que. L'heure fut en effet également propice pour repenser la philosophie. Après tout, demain ne sera pas hier.

Chiffres clés

  • Chiffre d'affaires consolidé de 20 millions d'euros pré-Covid.
  • 100 employés.
  • 500 événements par an avec People First.
  • Deux restaurants, alimentés par la ferme des Rabanisse.
  • Une dizaine de lieux hôteliers, gîtes et événementiels en Belgique et à proximité.

Conclusion de l'exercice? "On a décidé de mettre en commun l'ensemble de nos activités", évoque Arthur Lhoist, jusqu'ici aux commandes des restaurants familiaux Tero de Bierges et Bruxelles, ainsi que de la ferme des Rabanisse (Rochefort) qui les alimente en produits bio.

L'opération débouche sur la formation d'un groupe de quelque 20 millions d'euros de chiffre d'affaires en consolidé (et pré-Covid). Le nom est encore à définir; le processus suit son cours. Par contre, l'ambition, elle, est établie: les deux frères entendent doubler en taille d'ici cinq ans, recrutant quelque 50 personnes au passage. "Un signal pour le secteur et les employés du groupe", avance Nicolas, aux commandes jusqu'ici des activités hôtelières et night life, de même que de People First qui organise en temps normal près de 500 événements d'entreprise par an.

50
embauches
Le nouveau groupe des frères Lhoist entend recruter une cinquantaine de personnes sur cinq ans.

Du Zoute aux Ardennes

Comment parvenir à atteindre cet objectif ambitieux? La réponse est simple: en entreprenant et en réinvestissant massivement, dans l'esprit des plans de relance qui fleurissent un peu partout de par le monde. C'est ainsi que pas moins de six nouveaux projets verront le jour, apprend-on. Avec pour l'idée d'aboutir d'ici 2022.

À Bruxelles, le duo entend ouvrir un nouveau restaurant Tero, couplé à un petit hôtel d'une dizaine de chambres équipé d'un spa, de salles de séminaires et d'un centre de yoga. Aux Pays-Bas, à Retranchement (entre Le Zwin et Cadzand), un autre établissement proposera bientôt quelque 27 chambres. En Wallonie, un quatrième gîte verra le jour à Spa-Francorchamps, quand un projet d'ecolodge sera développé dans la région de Dinant en collaboration avec leur cousin, Olivier Berghmans, propriétaire des "Cabanes de Rensiwez".

Enfin, pour compléter ces développements, un dernier projet, concernant aussi 27 chambres, se déploie en ce moment près de Bouillon en association avec la famille Peterbroeck, cofondatrice de Petercam; cette dernière a en effet réalisé l'acquisition du Domaine Christiaens auprès de la Région wallonne il y a trois ans de cela, mais cherchait de l'aide quant à l'exploitation du site de 16 hectares (dont trois quarts de forêts). Les deux familles travailleront de concert sur le projet.

À terme, une volonté d'intégrer les employés à l'actionnariat du groupe est sur la table; une pratique déjà d'application au sein de People First.

Cela va sans dire, l'investissement est conséquent pour le duo, d'autant que l'idée est d'avancer en propre désormais. L'appui du troisième fils de feu le baron Léon-Albert Lhoist, Jérôme, qui complète activement la fratrie à l'actionnariat, sera le bienvenu. Quand les banques contribueront aussi au financement.

"Capitalisme conscient"

Mais on l'a dit: demain ne sera pas hier. Et puis, une certaine forme de maturité s'est peut-être installée pour les deux jeunes dirigeants qui ont commencé leurs activités il y a dix ans de cela maintenant. Le groupe de demain entend donc travailler différemment. C'est ainsi qu'il fera la part belle à ce que le duo caractérise de "capitalisme conscient". Parce qu'on a beau jouir de facilités, l'heure du changement est là. Et, en tant que famille bien connue, il y a un exemple à donner.

L'ensemble de l'offre sera donc émaillé d'une approche plus durable, où la nourriture offerte aux convives (peu importe où) sera plus locale, plus saine et plus écologique, et ce, par intégration de Tero au sein de l'activité traiteur du groupe. Arthur Lhoist devient Chief Impact Officer, Nicolas CEO.

Quid pour les Knokke Out, célèbres lieux de la nuit à Knokke comme ailleurs, dans tout cela? "Là aussi, on a envie d'évoluer", évoque Nicolas Lhoist. "L'activité, qui ne représente pas même 5% du chiffre d'affaires, tendra vers une approche plus cohérente de 'green clubbing' (certains clubs récupèrent ainsi l'énergie des danseurs pour produire leur propre électricité par exemple, NDLR)" par exemple.

À terme, une volonté d'intégrer les employés à l'actionnariat du groupe est sur la table; une pratique déjà d'application au sein de People First.

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