Les indicateurs dans le vert pour les hôtels bruxellois

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Le taux d’occupation des hôtels bruxellois a augmenté en août d’après le dernier baromètre hôtelier.

Bruxelles a un tourisme d’affaires aussi important que le tourisme de loisirs. Pendant la période estivale, le taux d’occupation des hôtels a donc plutôt tendance à chuter, vu la plus faible proportion de tourisme d’affaires à cette période. Mais cette année, le taux d’occupation n’a pas diminué. Il a même un peu augmenté en août (+ 0,7 point) pour atteindre 71,6%. C’est ce qu’indique le dernier baromètre hôtelier établi par l’Observatoire du tourisme à Bruxelles. Ce sont les hôtels de la Grand-place et de ses environs qui affichent le plus haut taux d’occupation avec 85% (+ 1,6 point).

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Le piétonnier ne semble donc pas avoir eu d’effets négatifs sur le secteur hôtelier. Mais prudence dans l’analyse car il y a fort à parier que beaucoup de touristes n’étaient pas au courant du changement de plan de circulation lorsqu’ils ont réservé leur séjour. Ils ne s’en sont peut-être aperçus qu’une fois sur place. Il est donc encore trop tôt pour évaluer les conséquences positives ou négatives du piétonnier sur le secteur. Précisons encore que le baromètre se fonde sur les chiffres communiqués par une centaine d’établissements, dont le Métropole qui a intenté une action en justice contre la Ville de Bruxelles (lire ci-dessous) ne fait pas partie.

Prix en hausse

Ce que les chiffres montrent par ailleurs, c’est une hausse des prix en août (+ 4,1%). Elle est liée à l’évolution de la demande. Les prix restent toutefois toujours plus bas en août par rapport au reste de l’année. Cela est dû à la fréquentation en baisse à cette période des touristes d’affaires.

76,9 euros
Au mois d’août, à Bruxelles, le prix moyen d’une chambre d’hôtel est de 76,9 euros par nuit.


La rentabilité du secteur dépend donc fortement du tourisme d’affaires. "Mais l’attractivité de Bruxelles augmente", indique Rodolphe Van Weyenbergh, secrétaire général de Brussels Hotels Association (BHA). "Il y a plus de touristes de loisir qui viennent en été. C’est une bouffée d’oxygène pour le secteur. La bonne conjoncture y participe aussi. Cela se constate dans d’autres villes. Mais les chiffres auraient sans doute encore davantage progressé si nous n’étions pas victimes d’une concurrence déloyale de type AirBNB dont l’offre a doublé en un an. Et puis il faut voir d’où on vient", insiste-t-il. "Pendant dix ans, le chiffre d’affaires des hôtels a stagné alors que le coût du personnel a augmenté de 45%. Aujourd’hui, la demande nous permet d’augmenter un peu les prix mais cela ne résout pas le problème de rentabilité. Il faudra voir si la tendance se poursuit", conclut-il.

L’Hôtel Métropole maintient la pression sur la Ville de Bruxelles. Il a indiqué qu’il s’apprêtait, si rien ne bouge dans les prochains jours, à faire signifier à la Ville le jugement rendu en juin par le tribunal de première instance concernant le piétonnier. À partir de la signification, la Ville sera contrainte de rétablir un accès direct (en voiture) à l’établissement pour les clients, sous peine d’une astreinte de 500.000 euros. "Nous avions par le passé trois accès directs à l’hôtel. Depuis l’instauration du piétonnier, zéro" précise Gwenaël Odongui-Bonnard, directeur du Métropole.

Il affirme perdre des clients à la suite de ce changement. "Le problème se pose sur 50 mètres à peine", ajoute-t-il, l’hôtel se situant tout près de la limite du piétonnier. "Je ne désire pas rentrer dans la polémique car nous avons fait et faisons encore des propositions constructives pour solutionner l’accès de certains véhicules à proximité de l’hôtel", a réagi le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur (PS). Il a encore précisé que de nouvelles réunions étaient programmées avec la direction de l’hôtel.

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