Les pizzas belgo-belges d'Otomat débarquent à Bruxelles

Déjà présente dans quatre villes de Flandre, l'enseigne de pizzas aux senteurs belges Otomat vient d'ouvrir discrètement son premier établissement à Bruxelles dans l'immeuble de l'ex Paon Royal.

Parmi les repreneurs de la dizaine de célèbres enseignes bruxelloises des frères Beyaz tombées en faillite, ce sont sans doute les plus discrets. Les fondateurs de la chaîne de pizzerias Otomat ont en effet repris au printemps dernier le fonds de commerce du Paon Royal, célèbre brasserie de la rue Vieux Marché aux grains dont les murs appartiennent toujours à la famille Schoolmeesters.

Derrière Otomat, on trouve un quintette d’entrepreneurs anversois mus par une passion pour l’horeca. Il y a là un dirigeant de Duvel Moortgat, Daniel Krug, deux patrons d’agence de com’, David Claeys et Robin Manso, un restaurateur, Yannick Berkvens, et un ancien directeur d’Exki, Bernard Sironval. "Nous avons une passion pour la restauration belge, explique ce dernier, je trouve que le Belge n’est pas assez fier sa cuisine, nous avons voulu la mettre en avant à partir d’un produit simple, mais de qualité et en pleine croissance." Plutôt que le burger dont les enseignes dédiées poussent comme des champignons, les cinq associés a en effet opté en 2015 pour la pizza, mais en l’accommodant à la sauce belgo-belge.

Plus belge que ça... 

A commencer par la pâte mise au point, après une année de travail, avec la collaboration de Thierry Graffagnino, trois fois sacré meilleur pizzaïolo au monde, soit de la pâte à la levure de bière utilisée par la brasserie Duvel Moortgat. Ensuite, par la carte forte de seize références, dont deux vegan: on y trouve des variétés telles que chicon aux gratin, tomates-crevettes, choux de Bruxelles, asperges, waterzooi, etc. Plus belge que ça... Enfin par les boissons: on trouve chez Otomat une quarantaine de bières différentes, mais seulement quelques vins. "Contrairement à ce que l’on croit, les Italiens mangent le plus souvent leur pizza entre copains avec une bière en regardant un match de foot", relève Bernard Sironval. Le tout pour une addition tournant autour des 20 à 25 euros, boisson comprise. 

"Dans, le passé, on avait déjà fait une offre aux frères Beyaz pour le Paon Royal, mais il s’étaient montrés trop gourmands."
Bernard Sironval
cofondateur d'Otomat

Fort de son concept original et du succès initial – l’enseigne est déjà rentable -, Otomat compte aujourd'hui quatre restaurants en Flandre: à Anvers, Gand, Louvain et Bruges. Bruxelles est donc sa cinquième implantation. Entièrement remanié, l’établissement a discrètement ouvert en toute fin d’année dernière, mais l’inauguration officielle est prévue la semaine prochaine. "Cela faisait deux ans que l’on cherchait dans ce quartier fréquenté à la fois par les vrais Bruxellois et les touristes, c’est l’idéal, raconte le cofondateur d’Otomat; on avait déjà fait dans le passé une offre aux frères Beyaz pour le Paon Royal, mais ils s’étaient montrés trop gourmands, aussi quand nous avons appris la faillite il y a près d’un an, nous n’avons pas beaucoup hésité alors que cinq à six candidats s’étaient montrés intéressés." L’opération a été réalisée avec l’aide du fonds flamand PMV et de Belfius.

Vers 10 dix restaurants en Belgique

Otomat a réalisé l’an passé un chiffre d’affaires (hors TVA) d’environ 4 millions d’euros. Elle emploie quelque 150 personnes, soit une cinquantaine d'ETP. Des gens qui font de tout: un barman peut être aussi pizzaïolo ou serveur. L’enseigne ne compte pas s’arrêter à ses cinq établissements actuels, mais il n’y a pas urgence. "Nous voulons d’abord nous concentrer sur l’amélioration de la qualité de notre produit et sur l’innovation, notamment en faisant appel ici et là à des chefs réputés", assure Bernard Sironval.

5
restaurants
Otomat compte cinq restaurants en Flandre et à Bruxelles. La Wallonie est son prochain objectif.

Néanmoins, une extension géographique est bel et bien envisagée. Après la Flandre et Bruxelles, la Wallonie figure logiquement dans son collimateur: Liège, Charleroi, Louvain-la-Neuve sont visées. Pas Namur, jugée trop calme en soirée (où Otomat fait 70% de son chiffre d’affaires) malgré son statut de ville estudiantine. Un deuxième établissement à Anvers et à Bruxelles est probable, tout comme une arrivée à Malines. La Côte en revanche n’est pas à l’ordre du jour, car trop désertée en hiver.

Dans la capitale, le quartier Flagey, la rue des Tongres et les communes vertes (Uccle, Boitsfort) sont examinés. "Nous sommes en prospection permanente, assure Bernard Sironval, nous pensons avoir le potentiel pour ouvrir une dizaine d’établissements en Belgique, mais nous ne sommes pas pressés cela viendra en temps utile en fonction des localisations. Idem pour une éventuelle extension à l’étranger. On ne va pas ouvrir pour ouvrir."

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