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Les syndicats attaquent les licenciements du Steigenberger

©Dieter Telemans

La FGTB et la CSC ont introduit une action en justice pour faire suspendre le licenciement collectif concernant 85 travailleurs de l'hôtel Steigenberger.

La chose n'est pas courante. La FGTB et la CSC viennent d'introduire une action en référé devant le tribunal de première instance de Bruxelles afin de stopper la procédure Renault engagée à l'hôtel Steigenberger (ex-Conrad), une restructuration censée déboucher sur le départ de 85 travailleurs sur 180. Les syndicats, qui estiment que la direction de l'établissement tente de contourner la convention collective 32 bis qui prévoit le transfert des travailleurs aux mêmes conditions, veulent bloquer la restructuration en cours.

Juste avant l'été, la direction de Stag Belgium (l'exploitant de l'hôtel Steigenberger) a annoncé son intention de sous-traiter ses activités de restauration et de nettoyage des chambres à des sociétés externes. Frappé de plein fouet par la crise du coronavirus, le secteur de l'hôtellerie souffre particulièrement.

85
travailleurs
Le nombre de travailleurs touchés par le plan de restructuration annoncé par la direction de l'hôtel Steigenberger.

Transfert à des sociétés externes

D'après des informations diffusées lors d'un conseil d'entreprise, sur la période 2017-2019, l'hôtel était parvenu à réduire sa perte reportée de 25 à 10,3 millions d'euros et pour la seule année 2019, la perte d'exploitation s'élevait à 1,3 million d'euros.

Mais la crise sanitaire est venue réduire ces efforts de rattrapage à néant et, sur la seule année 2020, la perte d'exploitation de l'hôtel s'est élevée à 6 millions d'euros. À ce stade, et sans qu'il soit encore possible d'y voir très clair, la direction de l'établissement situé au début de l'avenue Louise n'envisage pas de retour à la normale avant l'année 2024!

C'est dans cette optique que la direction de l'hôtel a annoncé son intention de confier le nettoyage des chambres et les activités de stewarding à un partenaire externe. Il en va de même pour l'activité restauration de l'hôtel. L'un dans l'autre, ces deux décisions ont débouché sur le licenciement collectif de 85 travailleurs.

"Je ne peux pas être associé d'une quelconque manière à une tentative de fraude."
Christian Bouchat
Secrétaire régional FGTB en charge de l'horeca

Pour les syndicats, c'est ici que le bât blesse. "Je ne peux pas être associé d'une quelconque manière à une tentative de fraude", a écrit Christian Bouchat, secrétaire régional de la FGTB en charge de l'horeca dans un courrier adressé à la direction.

En cas de transfert d'un pan d'activités d'une société à une autre, le droit européen (directive 2001/23) et la convention collective 32 bis prévoient le maintien des droits des travailleurs en cas de changement d'employeur du fait d'un transfert. En désaccord avec cette vision, la direction de l'établissement a demandé une consultation à un cabinet d'avocats qui a partagé la vision de l'hôtel.

Suspension de la procédure Renault

Au cours des différents conseils d'entreprise qui ont suivi, chaque partie a maintenu sa position. Lors d'une réunion qui s'est tenue le 6 octobre dernier, la direction de l'hôtel a précisé que la reprise du personnel par les prestataires ne correspondait pas à son projet.

En cas de transfert des travailleurs d'une entreprise vers une autre, la convention collective 32 bis prévoit le maintien de leurs droits.

Face à ce blocage, la CSC et la FGTB, défendues par l'avocat Bernard Maingain (Xirius), ont décidé d'intenter une action en référé en demandant au tribunal d'interdire à la direction de l'hôtel Steigenberger de clôturer la phase 1 de la procédure de licenciement collectif en cours d'exécution. L'objectif des syndicats est de connaître l'identité des futurs exploitants des activités visées, tout en espérant aboutir à un accord et pouvoir transférer un maximum de travailleurs. Une action au fond va également être introduite.

Contactée, la direction de l'hôtel, qui précise être toujours en concertation, n'a pas souhaité commenter une action judiciaire en cours.

Le résumé

  • En juin 2021, l'hôtel Steigenberger a annoncé une restructuration touchant 85 travailleurs.
  • Les activités de housekeeping et de restauration vont être externalisées.
  • La direction de l'hôtel estime qu'il ne faut pas appliquer la CCT 32 bis qui garantit le maintien des droits des travailleurs.
  • Les syndicats, qui ne partagent pas cette vision, veulent bloquer la procédure Renault en justice.

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