Les syndicats se constituent parties civiles contre les Beyaz

Géré par les frères Beyaz, le restaurant Aux Armes de Bruxelles avait été déclaré en faillite dans le courant du mois de mars 2019. ©Kristof Vadino

Rattrapés par leur gestion chaotique du restaurant Aux Armes de Bruxelles, les frères Spyragelos et Sabahattin Beyaz sont renvoyés en correctionnelle.

En 2018, il avait fallu du temps aux frères Beyaz pour avouer qu'ils géraient bien le restaurant Aux Armes de Bruxelles, un établissement renommé situé au cœur de l'îlot sacré, à l'ombre de la Grand-Place de Bruxelles. Et pourtant, aujourd'hui, c'est cette même enseigne (reprise depuis par Rudy Van Lancker, le patron de Chez Léon) qui vaut aux frères un renvoi en correctionnelle.

Plus de cinquante travailleurs étaient nécessaires pour faire tourner Aux Armes de Bruxelles, de quoi assurer aux syndicats une présence dans la place, un fait quasi unique en Belgique. Et le moins que l'on puisse écrire est que les représentants des travailleurs avaient eu du pain sur la planche: retards de paiements, absence de déclaration de l'emploi, dette vis-à-vis des secrétariats sociaux et différents mouvements de grèves durant les derniers mois du restaurant.

Descente de l'Auditorat du travail

Au cours d'une audience tenue au début du mois de mars 2018 devant le tribunal du travail, les frères Beyaz avaient reconnu être à la tête de la société luxembourgeoise INV4U, celle-ci gérant l'établissement. À la fin du mois de février 2018, l'Auditorat du travail, accompagné par la police de Bruxelles, avait fait une descente dans le restaurant. Ils avaient fait poser des scellés sur l'établissement et les comptes avaient été bloqués.

En mai 2018, le restaurant Aux Armes de Bruxelles avait été repris par Rudy Van Lancker, le patron de Chez Léon (qui n'a donc rien à voir avec ce renvoi en correctionnelle), mais dans les coulisses, la justice a continué à mener son enquête. Et d'après nos informations, l'Auditeur du travail vient de citer les deux frères Beyaz en correctionnelle. L'audience se tiendra ce mardi après-midi devant le tribunal de première instance. Aux côtés des deux frères, l'Auditeur du travail a également cité trois personnes en correctionnelle, dont l'ancien comptable et l'ancienne manager du restaurant.

L'Auditeur du travail leur reproche entre autres de ne pas avoir rempli les déclarations immédiates d'emploi des travailleurs et de ne pas avoir payé les travailleurs des rémunérations dues pour le mois d'octobre 2017.

Différents griefs

Globalement l'Auditeur du travail leur reproche de ne pas avoir donné suite à la convocation du Contrôle des lois sociales du SPF Emploi qui entendait contrôler le respect des dispositions légales concernant les conditions de travail et de rémunération des travailleurs des Armes de Bruxelles. On leur reproche également de ne pas avoir rempli les déclarations immédiates d'emploi des travailleurs et de ne pas avoir payé les travailleurs des rémunérations dues pour le mois d'octobre 2017. Enfin, l'Auditeur leur reproche également de ne pas avoir établi de règlement de travail.

L'établissement Aux Armes de Bruxelles n'est que la partie émergée de l'empire bâti au fil des ans par les deux frères. Un empire mal géré qui s'avérera n'être guère plus solide qu'un château de cartes.

Au début de l'année 2018, le parquet de Bruxelles citait en faillite quatorze restaurants, pour la plupart établis en Région bruxelloise. Parmi les restaurants en question, on retrouvait des enseignes prestigieuses comme les Brasseries Georges à Uccle, le Vieux Pannenhuis à Jette, le Café de l'Opéra et le Paon Royal à Bruxelles, La Chaloupe d'Or, la Maison du Cygne et la brasserie de l'Ommegang, tous trois situés sur la Grand-Place de Bruxelles. Le point commun de tous ces établissements? Ils avaient été gérés par les frères Beyaz.

Au cours de l'audience d'introduction qui s'est tenue lundi après-midi au tribunal de première instance, on a appris que la FGTB et la CSC, défendues par Bernard Maigain, se constituaient parties civiles. Les anciens travailleurs des Armes de Bruxelles devraient en faire autant.

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