Lunch Garden pourrait être mis en vente

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Durant des années, Lunch Garden n’a pas fait recette. Mais la CEO, Annick Van Overstraeten, a fait table rase du passé en rénovant les restaurants en profondeur et en peaufinant leur image. Maintenant que les ventes et le bénéfice regarnissent l’assiette des propriétaires, la famille Brenninkmeijer envisage de vendre la chaîne de restaurants.

En 2010, quand Annick Van Overstraeten (53 ans) reprend les rênes de Lunch Garden, la chaîne de restaurants belge fait grise mine. Les restos n’ont pas vu la couleur d’un investissement durant 20 ans et la carte, synonyme de malbouffe pour beaucoup, ne semble plus intéresser que les personnes âgées. Mais Lunch Garden n’a pas un radis pour remettre les petits plats dans les grands. Les résultats financiers prennent l’eau.

Annick Van Overstraten, CEO de Lunch Garden ©Bas Bogaerts_ID

En cette année 2019, la chaîne a renversé la vapeur. Tant le chiffre d’affaires que le bénéfice montent comme blancs en neige. Selon les derniers chiffres officiels de 2017, la chaîne vend cette année-là pour 145 millions d’euros de plats, comme le vol-au-vent et les moules. Soit une hausse de 3,5% par rapport à 2016 et surtout un bond de 22% comparé au chiffre d’affaires de 2010. En sept ans, le ratio ventes/excédent brut d’exploitation (ebitda) passe ainsi de 11,9 à 16%.

Maintenant que la nouvelle sauce a bien pris, le fonds d’investissement Bregal Freshstream étudie la cession de sa participation majoritaire dans la chaîne. Le fonds de la famille néerlandaise Brenninkmeijer – qui a créé la chaîne de magasins de vêtements C&A il y a 178 ans et la possède toujours – approche les banques pour recueillir leurs conseils sur "les options stratégiques pour leur participation", révèlent plusieurs sources. Hier, la CEO, Annick Van Overstraeten ne souhaitait pas réagir à cette information.

Il y a trois ans, Bregal a racheté la chaîne à H2 Private Equity et trois autres investisseurs. H2, qui en était l’actionnaire principal depuis 2009, avait désigné Annick Van Overstraeten pour relancer Lunch Garden. Dotée d’un budget de plus de 60 millions d’euros, elle a rénové l’ensemble des 76 restaurants. "La plupart ont été réaménagés de fond en comble, avec de nouveaux appareils", précise une source proche de l’entreprise.

Le redressement de la chaîne tient aussi à un autre coup de maître d’Annick Van Overstraeten. En 2014, elle a annoncé aux syndicats qu’elle voulait réduire les charges salariales. Lunch Garden rémunérait ses travailleurs en moyenne 30% de plus que ses concurrents. Le "surcoût" des employés les plus anciens – qui étaient déjà là lorsque feu le groupe de distribution GIB (GB, Inno, Quick) en était encore propriétaire – était même de 50%.

Cette soudaine mise à la diète est très mal passée. À l’attitude très remontée et inflexible des syndicats, Annick Van Overstraeten a réagi très calmement en menaçant de passer à la moulinette toutes les conventions salariales et de travail des décennies précédentes. Tout en leur disant qu’aucun emploi ne serait perdu, s’ils acceptaient cette réduction des salaires. C’était gagné. Mais les relations avec les syndicats sont restées tièdes, pour ne pas dire froides. En novembre dernier, le syndicat BBTK-Setca se plaignait ainsi que les horaires de travail n’étaient pas conformes.

Annick Van Overstraeten a revu également la politique de prix. Lunch Garden n’était pas bon marché. Elle a remplacé la tarification brouillonne par un système de trois types de prix. En améliorant au passage la qualité des plats.

Le lancement de la carte client, dont 1,2 million ont été émises à ce jour, a permis aussi de fidéliser la clientèle à travers des mails personnalisés et des réductions.

Toutes ces nouvelles idées n’ont pas porté leurs fruits. Ainsi, le projet de livrer des plats à domicile, en recourant à des services tels que Deliveroo et Uber Eats, ne rencontre pas le succès escompté.

L’entreprise est prête pour une nouvelle croissance. Elle investit chaque année de 5 à 6 millions d’euros.

Mais le grand nettoyage a eu lieu. L’entreprise est prête pour une nouvelle croissance. Elle investit chaque année de 5 à 6 millions d’euros. L’an dernier, Lunch Garden a ouvert des restaurants dans deux hôpitaux et d’autres vont suivre.

Annick Van Overstraeten lance également des restaurants qui ne portent pas l’enseigne de Lunch Garden. Comme "Tembo" à l’Africa Museum, qui a été inauguré il y a deux mois, ou encore "Het Koetshuis" au musée en plein air de Bokrijk, qui ouvrira ses portes en mars prochain. Les deux se présentent comme des tavernes, à l’aménagement plus chic que des restaurants Lunch Garden.

Le parcours d’Annick Van Overstraeten a tout d’un succès. Elle a également fait ses preuves du côté des détaillants alimentaires. Ainsi, entre 1999 et 2004, elle a contribué à la croissance du fabricant de pralines Leonidas. Et elle peut s’enorgueillir aussi d’avoir bien dirigé les restaurants belges et luxembourgeois de la chaîne Quick.

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