Lunch Garden se réinvente... et s'installe au Musée d'Afrique

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La chaîne de restaurants en self-service fait ses premiers pas dans le service à table et élargit ses cibles. Le Musée d’Afrique et deux hôpitaux étrennent le concept. Objectif: accélérer la croissance.

Montés au capital en 2016 et 2017, les nouveaux actionnaires de la chaîne de restaurants en libre-service Lunch Garden ont donné pour mission à sa direction d’accélérer la croissance. Le groupe belge fondé il y a un demi-siècle par GB, l’ancêtre de Carrefour Belgium, a été racheté à 75% par le fonds de private equity britannique Bregal Freshstream, qui appartient à la famille Brenninckmeijer (propriétaire de C&A et Redevco), et à 25% par le holding néerlandais GateInvest de l’entrepreneur Paul Vermaat.

A fond sur la Belgique

Pour Annick Van Overstraeten, la CEO de Lunch Garden, ce n’est jamais que le deuxième gros défi qu’on lui demande de relever dans la société. À son arrivée à sa tête en 2010, en effet, Lunch Garden vivotait, les précédents propriétaires ayant négligé de réinvestir régulièrement dans les établissements. "Quand on n’investit pas dans l’horeca, on recule", dit la CEO qui avait dirigé auparavant l’aile belge de Quick restaurants. À partir de 2010, elle a entrepris de remodeler les 75 restaurants du groupe, un chantier réalisé à 95% aujourd’hui.

Lunch Garden
  • 75 restaurants à l’enseigne Lunch Garden, un 76e bientôt à Ternatdeux ouvertures en vue dans des hôpitaux, une au Musée d’Afrique centrale.
  • 145 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017, 15,8 millions d’euros d’excédent brut d’exploitation (ebitda), 1.200 emplois directs, sans compter les quelque 300 personnes employées par les 30 franchisés.
  • 14% de parts de marché et 1,1 million de titulaires de sa carte de fidélité.
  • Chaque année, les restaurants du groupe servent 1,5 million de kilos de frites, 549.000 kilos de vol-au-vent, 457.000 kilos de boulettes sauce tomate et 913 tonnes de moules.

Puis, l’an dernier, elle a rediscuté stratégie avec ses nouveaux propriétaires. Au départ, ceux-ci voulaient lancer la chaîne à l’international, en commençant par les pays voisins. Elle les a convaincus qu’il valait mieux miser à fond sur la Belgique. "On n’est pas assez forts pour attaquer la France, tandis qu’aux Pays-Bas et en Allemagne, la culture gastronomique est trop différente. En Belgique, je connais tous les emplacements commerciaux et ceux où il faut être présent, mais il faut que nous nous diversifiions."

Après avoir obtenu le feu vert de ses actionnaires, la CEO a identifié les nouvelles activités. À côté de son offre traditionnelle en self-service, Lunch Garden va déployer des restaurants de type brasserie, avec service à table. Le groupe en ouvrira dans des hôpitaux et des musées. "Cela prend du temps car cela fonctionne par appel d’offres."

De premiers contrats ont été signés avec deux hôpitaux, St Maarten à Malines et Imelda à Bonheiden. Les deux établissements, destinés à servir les visiteurs et non pas les patients, ouvriront en octobre 2018 et l’an prochain, respectivement. Celui d’Imelda servira la gamme des plats classiques de Lunch Garden, mais sous un nom ("Lambertini") et dans un environnement (décor, meubles) différents.

Un nouveau format plus petit et plus urbain

Côté muséal, c’est le Musée royal de l’Afrique centrale, à Tervuren, qui accueillera à sa réouverture le restaurant Tembo, spécialement designé pour le site par Lunch Garden, en ce compris la carte, qui comprendra des plats africains. D’autres musées sont dans la ligne de mire du groupe, dont un haut lieu du tourisme wallon (à suivre...).

Dans la foulée, le groupe voudrait développer aussi de petits concepts, autrement dit des restaurants de plus petite surface (250 m2 au lieu de 700 m2), dans les centres-villes et les gares. Actuellement, il est surtout présent dans les stations-services autoroutières et les grands centres commerciaux.

"L’expérience de shopping va se déplacer à l’avenir vers les centres-villes. Nous voulons y être dès l’an prochain." Projet plus immédiat, enfin, d’ici la fin du mois Lunch Garden va entamer une collaboration avec Deliveroo, pour livrer une clientèle de particuliers à domicile.

"Aujourd’hui, nos coûts sont sous contrôle, résume Annick Van Overstraeten, la société est rentable, elle a dégagé en 2017 une marge ebitda de 16,3%, et elle réalise une croissance correcte, de 4 à 5% par an sur la base du parc d’établissements existant."

Lunch Garden affiche 145 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017 et emploie 1.200 personnes en direct ainsi que 300 autres via ses franchisés. "J’attends de la diversification une croissance plus importante, qui rendra le groupe plus sexy et plus attrayant."

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