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Malmené par la crise, Exki se dote de nouveaux capitaux pour investir

Exki souffre notamment dans les quartiers de bureaux en raison du télétravail ©Kristof Vadino

Alors que l’un de ses trois cofondateurs, Nicolas Steisel, quitte définitivement le navire, les autres actionnaires reprennent ses parts et injectent trois millions dans l’affaire.

Changement d’ère chez Exki. Après le départ d’Arnaud de Meeus il y a une dizaine d’années, c’est au tour de Nicolas Steisel de quitter la chaîne de restauration rapide "de qualité" lancée il y a près de vingt ans. Ne reste plus que le dernier des trois cofondateurs, Frédéric Rouvez, pour diriger l’entreprise. Nicolas Steisel avait déjà pris du recul depuis un certain temps. Il n’avait plus de fonction opérationnelle. Il a depuis revendu ses parts (8,9%) aux autres actionnaires, à savoir la famille gantoise Dossche, qui détient désormais 67% du capital, la société Iris Belgium qui grimpe à 18%, le solde étant détenu par Frédéric Rouvez.

"C’est une décision personnelle prise en parfaite entente, assure Nicolas Steisel ; je pars en très bons termes mais j’ai envie de prendre du recul avant de me consacrer à d’autres projets, notamment dans l’agriculture biologique et l’accompagnement de start-ups dans la transition écologique."

Augmentation de capital

Dans la foulée, les actionnaires ont aussi injecté près de 3 millions dans la société, son capital passant de 4,5 à 7,5 millions d’euros. "C’est un signe très positif, analyse Frédéric Rouvez, les actionnaires sont convaincus que pour passer la crise, il faut continuer à investir." Mais cette remise de fonds est aussi nécessitée par le fait que depuis le début de la pandémie l’entreprise ne génère plus assez de cashflow comme auparavant pour se lancer dans de gros projets. "On prend cette crise de plein fouet, reconnaît Frédéric Rouvez ; on a dû fermer nos restaurants pendant le confinement et tous n’ont pas encore rouvert. Dans les aéroports parisiens, notre franchisé exploite 14 points de vente, il n’y en a plus que 3 qui sont ouverts car des terminaux où ils sont situés sont fermés suite à la chute du trafic aérien." A Bruxelles c’est la clientèle de bureaux qui s’est en grande partie évaporée suite au télétravail.

"Les actionnaires sont convaincus que pour passer la crise, il faut continuer à investir."
Frédéric Rouvez
CEO d'Exki

Cap sur le digital

L’évolution des modes de consommation pousse donc Exki à investir. "Nous allons consacrer 750.000 euros dans la rénovation de nos restaurants, un million dans le développement d’une cuisine centrale à Nivelles et 1,2 million dans le digital car l’expansion passe aussi par la multiplication des points de contact avec le consommateur", détaille le CEO. Cela se fait par le développement d’une application permettant le click and collect, la livraison à domicile ou au bureau. "Peut-être devrons-nous ouvrir des ateliers de proximité où les clients pourront venir chercher leurs commandes", ajoute-t-il. Bref la crise a poussé le management à se remettre en question. Y compris sur l’enjeu environnemental. Dans les jours à venir, Exki va remplacer ses bols en plastique par des emballages en carton, diminuant de 83% sa consommation de plastique.

L’expansion, malgré tout

Alors que l’aventure allemande a tourné court – ouverts en 2018, par un franchisé à Cologne, les deux restaurants ont déjà été fermés faute de rencontrer le succès escompté – l’enseigne a quand même vu son chiffre d’affaires passer de 156 à 159,5 millions à l’issue de l’exercice 2019-2020 bouclé fin janvier, ceci suite notamment à de nouvelles ouvertures. Ces investissements ont néanmoins pesé sur l’ebitda, qui passe de 7,3 à 2,3 millions.

159,5
millions d'euros
Exki a vu son chiffre d’affaires passer de 156 à 159,5 millions à l’issue de l’exercice 2019-2020.

Bien évidemment l’exercice en cours s’annonce d’un autre tonneau. "On tient des tableaux de bord très rigoureux mais cela change tous les mois, voire toutes les semaines, en fonction de l’évolution de la crise et des mesures décidées par les autorités, commente le patron ; forcément, on souffre beaucoup mais le chômage économique est une énorme bouffée d’oxygène et la rentrée des classes nous a fait beaucoup de bien."

La crise n’empêche donc pas l’enseigne de continuer à se développer via ses affiliés français: un nouveau restaurant s’est ouvert en plein confinement à Beaune, le long de l’autoroute A7, un autre à la gare de Marseille début septembre tandis qu’un troisième ouvrira dans un aéroport parisien en décembre. En 2020, Exki compte ainsi 107 restaurants (dont 62 franchisés) contre 101 un an plus tôt.

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