Martin’s Hotels aidé par la Région wallonne

Le Château du Lac, à Genval. ©doc

La holding familiale pilotée par John Martin subit le reconfinement de plein fouet. Déjà actionnaire, la Région wallonne lui vient en aide: elle augmente sa participation dans Andel SA et accorde un nouveau prêt au groupe hôtelier pour financer ses investissements en cours et passer le cap de la crise actuelle.

Le groupe Martin est surtout connu pour sa marque hôtelière, Martin’s Hotels, qui n’a cessé d’essaimer ces 20 dernières années en Belgique depuis son navire amiral historique de Genval, le Château du Lac.  Aujourd’hui, les 14 hôtels (1.200 chambres) opérés par la marque - dont 8 logés en Wallonie - subissent de plein fouet les effets de la pandémie. Et même si les murs de ces hôtels, hormis ceux du Château du Lac et des propriétés voisines, n’appartiennent pas en pleine propriété au groupe familial, il faut en financer le développement, tout comme la rénovation et les aménagements divers. Logés pour la plupart dans la SA Martin’s Hotels, certains de ceux-ci ont d’ailleurs subi une reconversion profonde et complexe avant de devenir opérationnels, comme ce fut notamment le cas pour le Patershof (Malines) ou le Klooster Hotel (Louvain), deux des adresses les plus typées du groupe hôtelier. 

"Fidéliser le personnel pour pouvoir relancer la machine à plein pot dès que nous pourrons rouvrir est capital.»
John Martin
CEO de la SA Andel

«Nous avons été parmi les tout premiers à rouvrir nos portes dès la fin du premier confinement, en juin dernier. Et heureusement: cela nous a permis de remettre l’armada en marche et, surtout, de faire retravailler les quelque 500 personnes que nous avons sur le pay-roll. Dans la restauration et l’hôtellerie, fidéliser le personnel pour pouvoir relancer la machine à plein pot dès que nous pourrons rouvrir est capital. Même si le chômage économique permet de faire le gros dos, cela ne suffit pas», résume le CEO de la société anonyme Andel, John Martin.

Rénovations en cours et à venir

Celui-ci ajoute qu’il fallait également – malgré ce confinement à durée incertaine – mener à bien les investissements en cours, tant dans les hôtels existants que dans ceux dont l'ouverture est planifiée par contrat. Et pour honorer ces contrats dans les temps impartis, il faut du cash… qui ne rentre plus par ailleurs. Raison pour laquelle appel a été lancé non seulement aux banques, mais aussi à l’actionnaire public wallon, intéressé - au premier chef et à double titre - à soutenir l’entreprise et l'emploi local qu'elle assure. «Il y a les rénovations en cours et à venir; mais il y a également les travaux liés aux ouvertures futures à financer, comme celle que nous planifions dès 2023 sur le site Panquin à Tervuren, avec le promoteur immobilier ION et la société d’investissement PMV. Nous continuons d’ailleurs à analyser les autres offres que nous recevons en privilégiant les villes d’art qui nous permettent de diversifier nos clientèles», détaille le patron.

La SRIW et la Sogepa en renfort-caisse

Déjà actionnaire à hauteur de 5,4% de la S.A. Andel, la société faîtière de la famille Martin, la Région wallonne va donc, sur décision du gouvernement tombée ce jeudi, l’aider à traverser la crise actuelle. En 2016 déjà, la SRIW (Société régionale d’investissement de Wallonie) avait accordé un prêt d’un montant de 2,5 millions d’euros, avant de marquer son accord pour un nouveau prêt de 5 millions, réparti en deux tranches de 2,5 millions d’euros. Aujourd’hui, un nouveau prêt de 3 millions étalé sur 7 ans est à nouveau envisagé.

Parallèlement, la Région wallonne augmentera de 5,4% à 7,8% sa participation dans Andel S.A. par le biais d’une recapitalisation d’environ 745.000 euros finalisée via la Sogepa (Société wallonne de gestion et participations).

Ces deux lignes de financement ont pour but de permettre au groupe hôtelier de garder le cap avant un retour à la normale, prévu dans les comptes de 2023 au mieux.

"Heureusement, nous ne sommes plus trop tributaires de la clientèle américaine, qui a réduit significativement sa présence ces dernières années."
John Martin
CEO de la SA Andel

Interrogé sur la relance prochaine et son échéance, celui-ci dit tabler sur une réouverture au printemps et une réelle reprise avant l’été prochain pour espérer un retour à une vitesse de croisière courant 2022. «Heureusement, nous ne sommes plus trop tributaires de la clientèle américaine qui a réduit significativement sa présence ces dernières années. Mais nous dépendons d'abord de paramètres et de décisions extérieures à notre activité. Et la seule responsabilité qui nous incombe, c’est de rouvrir très rapidement dès que le feu repassera au vert, en espérant, avec l’arrivée des vaccins, que ce soit pour plus longtemps que la dernière fois. C’est la raison pour laquelle, outre nos fonds propres, les crédits bancaires et en tenant compte de nos bilans revus et de nos perspectives à cinq ans, nous avons également fait appel au gouvernement wallon, qui a répondu favorablement via la SRIW et la Sogepa», conclut John Martin, qui rappelle que le bénéfice d’exploitation du groupe hôtelier était dans le vert fin 2019.

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