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"Ne donnons pas de faux espoirs à l'horeca"

D'après le secteur de l'horeca, il faut trois jours pour préparer à la réouverture d'une terrasse juste pour la consommation de boisson et 10 jours pour la restauration. ©AFP

Depuis la sortie du ministre de l'Intérieur Pieter De Crem, dimanche, sur une éventuelle réouverture des terrasses, le secteur horeca est en plein émoi. Il appelle à des "mesures cohérentes et des moyens" pour la reprise d'une activité mise à l'arrêt le 13 mars.

Fermé depuis le 13 mars, l'horeca a hâte de rouvrir ses portes, mais pas à n'importe quel prix. "Le gouvernement se dirige vers une réouverture de l'horeca, mais je veux que cela se fasse dans des mesures correctes", expliquait Diane Delen, présidente de la fédération des cafetiers (FedCaf), sur les ondes de Bel RTL. Et pourtant, renouer avec les clients est essentiel.

Philippe Trine, président de la fédération Horeca Bruxelles, souligne ainsi que 25 à 35% des restaurants sont en faillite ou en passe de l'être. Selon Comeos, l'horeca perd 47 millions d'euros par jour. Une réouverture le 8 juin porterait la facture à 4 milliards.

Une réunion de concertation sur la réouverture de l'horeca est prévue avec les gouvernements fédéral et régionaux ce mardi. Une réunion sera organisée mercredi avec les partenaires sociaux pour une annonce officielle dans la foulée ou jeudi. En Commission horeca, un plan de secours du secteur était sur la table ce mardi. 

25 à 35%
des restaurants
Selon le président de Horeca Bruxelles, 25 à 35% des restaurants sont en faillite ou en passe de l'être.

Des défis de taille

Cela étant, les défis d'une réouverture sont multiples. En termes de délais, Diane Delen indique que si le gouvernement a évoqué la date du 8 juin pour rouvrir les portes de l'horeca, celle du 2 ou 3 juin circule aussi. "Je pense qu'avant toute décision, il faut avoir un plan de relance cohérent et les moyens pour la reprise", avance-t-elle.

Techniquement parlant, le secteur indique qu'il faut 3 jours ouvrables pour relancer un service en terrasse pour l'unique consommation de boissons. Pour la restauration, on parle de 10 jours.

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Pour Philippe Trine, une réouverture précipitée, c'est le risque de devoir rétropédaler. "Il ne faut pas donner de faux espoirs", indique-t-il dans les colonnes de la DH et de La Libre. Il évoque aussi les plexiglas qu'on estime désormais nécessaires à 1,80 m dans les restaurants. "Ceux qui ont voulu prendre les devants et installé des plexis à 1,5 m peuvent tout recommencer." 

Financièrement, aussi, le défi est de taille. Depuis la fermeture, les stocks des établissements comptent de la marchandise périmée. "Les négociants, les distributeurs de boissons, les brasseurs vont-ils remplacer cette marchandise?" s'inquiète Diane Delen. "Ensuite, la Belgique compte 12.000 cafés et 40.000 restaurants: vont-ils pouvoir tous être alimentés en des temps si courts?" Sans parler des fonds indispensables à une reprise.

Thierry Neyens de la fédération wallonne est plus direct: tous les gérants de cafés et de restaurants n'auront pas les moyens de rouvrir le 8 juin si la décision est prise le 3 juin

Réouverture partielle

Et que penser qu'une réouverture partielle? Dimanche, le ministre de l'Intérieur Pieter De Crem laissait entendre que les terrasses des établissements de l'horeca pourraient déjà rouvrir, comme cela se fait en France. "On va commencer par rouvrir les cafés qui ont des terrasses, mais cela représente une infime partie de nos membres", explique Diane Delen.

"Il est impossible de faire un plan de relance pour l'horeca là où les cafés et les restaurants sont deux métiers différents."
Diane Delen
Présidente de la Fedcaf

À Bruxelles, quelque 200 établissements ont déjà demandé – avant toute décision officielle – une extension de leur terrasse pour pouvoir accueillir un maximum de clients en respectant la distanciation. Fabian Maingain (DéFI), l'échevin des Affaires économiques de la Ville de Bruxelles, affirme que chaque dossier sera étudié en vue d'une autorisation et d'un traçage. Les décisions seront adaptées aux recommandations qui seront émises par le Conseil national de sécurité. À Liège, on se prépare aussi à la possibilité d'étendre les terrasses et d'utiliser les piétonniers.

Un café n'est pas un resto

Enfin, dernier défi: l'amalgame. "Il est impossible de faire un plan de relance pour l'horeca là où les cafés et les restaurants sont deux métiers différents", insiste Diane Delen.

Dans un restaurant, une fois installés à table, les mouvements des clients sont peu fréquents. "Le poumon d'un café, c'est le comptoir. Pas de comptoir, pas de recettes. Les gens s'y retrouvent. Rentrent ou sortent pour fumer."

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