Rouvrir les terrasses, "la fausse bonne idée"

Reverra-t-on bientôt une telle image? Dans le chef de restaurateurs, se limiter à rouvrir les terrasses n'est pas une mesure envisageable. ©Photo News

Rouvrir uniquement les terrasses des restaurants, la fédération Ho.Re.Ca s'y oppose. Elle refuse, entre autres, de voir les restaurants servir de solutions pour cadenasser les foules en période de beau temps.

Permettre aux restaurants de rouvrir leurs terrasses en avril, donc avant la réouverture complète du secteur (fixée au 1er mai 2021 par le Comité de concertation du vendredi 5 mars), l'idée circule. Néanmoins, dans le chef de la fédération Ho.Re.Ca., on parle de fausse bonne idée.

"L'organisation d'une terrasse ne se fait pas en appuyant sur ON ou OFF."
Thierry Neyens
Ho.Re.Ca. Wallonie

Et pour cause. Il y a d'abord l'aspect rentabilité. L'organisation d'une terrasse nécessite de remplir les frigos, de rappeler le personnel. "Nous ne sommes pas en Italie", réplique Thierry Neyens, président d'Ho.Re.Ca. Wallonie. "Que fera-t-on si soudainement il y a une averse et que nous n'avons pas de solutions de repli. L'organisation d'une terrasse ne se fait pas en appuyant sur ON ou OFF."

Et si les autorités considèrent une nouvelle fois que les terrasses sont trop peuplées et sont, par conséquent, un risque de contamination, le secteur sera-t-il forcé, pour la 3ᵉ fois, de cesser ses activités?

Solutions aux foules des beaux jours

À l'issue d'une réunion de concertation, les bourgmestres des communes côtières avaient annoncé mercredi leur espoir de voir l'horeca rouvrir pour les congés de Pâques.

Thierry Neyens reconnaît que cette ouverture partielle est peut-être la volonté des bourgmestres, "mais l'horeca ne doit pas être une solution aux dérives". Selon lui, les restaurateurs ne doivent pas être utilisés pour canaliser les foules en période de beau temps. Ils ne doivent pas être là pour résoudre un problème d'absence de sanitaires publics lors de journées d'affluence à la mer où ailleurs.

Réouverture encadrée

Les restaurateurs veulent une réouverture complète et encadrée. Un protocole strict d'ouverture a été rédigé et sera avalisé la semaine prochaine. "Le secteur souffre psychologiquement et financièrement. Lancer des dates d'ouverture potentielles fait bouillir le secteur. Des actions sont à craindre, mais elles ne seront plus pacifistes comme jusqu'à maintenant."

"On nous a sacrifié pour permettre à la collectivité de continuer de vivre avec quelques restrictions."
Thierry Neyens
Ho.Re.Ca Wallonie

Thierry Neyens rappelle que sur les 12 derniers mois, le secteur a été forcé à la fermeture 8 mois durant. "On nous a sacrifié pour permettre à la collectivité de continuer de vivre avec quelques restrictions."

Désormais, leurs revendications sont claires: il faut des compensations à la hauteur des charges; des compensations logiques et uniformes du nord au sud du pays. "Nous sommes dans les semaines de trop. Le secteur va mourir. Des chefs d'entreprises vont être ruinés et du personnel abandonné."

Les syndicats SNI et UCM insistent aussi sur le fait que si l'ouverture des terrasses était actée, l'activité devrait y être considérée en tant que "take away" permettant ainsi au restaurateur de continuer de percevoir le double droit-passerelle. "Il n'y a aucune garantie de rentabilité avec une terrasse ouverte et donc supprimer cette rémunération assurée pousserait les restaurateurs à rester fermés."

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