Tout le monde se lève pour le méga-projet de Pandox AB place Rogier

Le futur restaurant panoramique logé au 7e étage de la nouvelle aile, avenue du Boulevard. ©Pandox

Près de 800 chambres et suites rénovées ou neuves seront offertes sur un seul quadrilatère divisé en trois pans. La restauration, ouverte sur la place Rogier rénovée, sera le fer de lance.

Selon tous les acteurs réunis jeudi dans la vieille salle de bal poussiéreuse du Palace - bourgmestre, maître architecte et société porteuse du projet - , il s’agit de faire disparaître la plus volumineuse dent creuse du centre-ville. Mais pas seulement: les deux hôtels qui jouxtent la place Rogier seront rénovés avant même que le conseil d’administration de Pandox AB, coté en Bourse de Stockholm, tranche pour financer l’extension de ses deux hôtels existants sur le versant de l’avenue (latérale) du Boulevard, en surplomb du tunnel Rogier à hauteur de City 2.

"Quel bonheur de remplir la plus horrible dent creuse à Bruxelles!"
Kristiaan Borret
Bouwmeester bruxellois

Volant la politesse au bourgmestre bloqué dans les embouteillages, Aldert Schaaphok, le directeur général des opérations internationales du Groupe Pandox AB, la jouait directe et décomplexée, comme à son habitude: "Cela fait dix ans que je porte ce projet… J’avais d’ailleurs fait savoir sous forme de boutade que si on n’arrivait pas à valoriser ce terrain vague qui nous appartient, on planterait du gazon et on laisserait l’espace ouvert aux animaux du quartier. On aurait juste à distribuer des sacs pour les déjections canines. Cela semble avoir convaincu tout le monde. J’espère maintenant -  on peut rêver -  obtenir le permis d’urbanisme avant la fin 2019 et pouvoir achever la nouvelle partie du complexe courant 2022. Pour le reste du programme, sur les anciens hôtels Hilton Brussels City et Palace Crowne Plaza, les travaux ont déjà bien commencé. Et on continuera à fonctionner durant tout le chantier de rénovation, qui devrait s’achever fin de cette année", risquait-il, tout en insistant sur le fait que la décision finale de lancer le chantier de construction du nouvel immeuble à front d’avenue une fois le permis délivré reviendrait au conseil d’administration de Pandox. Sans oublier cette mise en garde, on doute fort que le groupe opte finalement pour les déjections canines une fois le précieux permis obtenu.

Plus-value publique

Pour sceller comme il se doit la présentation de ce projet d’envergure pour la commune de Saint-Josse, le maïeur local, venu en force flanqué de plusieurs échevin(e)s, était lui aussi particulièrement satisfait. "Nous disposons enfin, après plus de douze ans de travaux, d’une place Rogier à nouveau de dimension internationale. Et je suis certain que tous les propriétaires qui la bordent vont profiter de la plus-value publique offerte. Pandox AB, qui va ouvrir les pieds de ses immeubles sur l’espace public redessiné, en est la preuve la plus évidente", motivait Emir Kir (PS).

Quant au maître architecte bruxellois, en pleine campagne de reconduction de son mandat, il jubilait, arguant au passage de la rapidité de la procédure permettant, via concours, de déposer la demande de permis en moins de 6 mois: "Je savais qu’avec Pandox on pourrait tirer la qualité architecturale du projet vers le haut. Nous avons eu plus de 70 candidatures. Et pas les "usual suspects" locaux… C’est finalement le bureau milanais Onsitestudio-Piovenefabi (Angelo Lunati) qui a proposé la solution la plus aboutie. Quel bonheur pour moi de pouvoir aider à remplir intelligemment la dent creuse la plus horrible de Bruxelles!" 

L’assiette, produit d’appel

Si la future offre hôtelière que planifie Pandox dans le bas de la ville -  quelque 800 chambres et suites 4 étoiles -  a de quoi impressionner, Aldert Schaaphok en est convaincu: ce sont les nouveaux restaurants, brasseries et cafés qui feront la différence demain"J’aime dire que nos rez hôteliers doivent être entièrement tournés vers l’espace public qui les borde, s’il est de qualité bien sûr. Ce n’est pas toujours le cas; mais ici, on a de quoi faire. En gros, on va gérer des restaurants au-dessus desquels on proposera des chambres…", insistait-il.

Et de fait, tous les pieds d’immeubles du quadrilatère jouxtant la place Rogier et le Jardin Botanique vont être repensés -  décoration comprise jusque dans l’assiette - dans l’esprit du lieu pour varier l’offre et les plaisirs. Tout d’abord, au rez de l’actuel Hilton, qui passera dès novembre prochain, une fois rénové de pied en cap, sous enseignes Indigo (groupe IHG également). Une immense brasserie-jardin de 750 m² rebaptisée Serra y sera accouplée à un restaurant gastronomique entièrement redessiné. L’ensemble disposera de deux entrées, dont une place Rogier et une nouvelle rue Saint-Lazare.

L’actuel Crowne Plaza voisin, logé dans les murs très fatigués de l’ancien Palace Art nouveau dessiné en 1908 par l’architecte Pompe, devrait lui aussi changer d’enseigne après rénovation (voire extension). Au rez, l’offre actuelle de salles de conférences sera renforcée, notamment avec une seconde salle de bal très lumineuse de plus de 500 m² logée dans le socle de la nouvelle aile, côté boulevard. Restaurants, brasserie, fitness et espace spa compléteront l’offre ouverte vers l’extérieur.

La superficie totale de réception de l’hôtel rénové et agrandi couvrira près de 2.750 m². Mais ce n’est pas tout: les 7e et 8e étages de cette nouvelle aile doivent accueillir un restaurant panoramique et un sky-bar avec jardin suspendu de 400 m², tous deux directement accessibles via un ascenseur extérieur verré. Le tout sera surplombé d’une horloge lumineuse géante, futur repère de ce lieu appelé à devenir le pôle d’attraction principal du complexe.

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