390 hectares de friches industrielles enfin sur le métier

Une partie du site de Chertal, en bordure de Meuse à la sortie de Liège. Derrière le chancre, le bureau aujourd'hui désigné devra faire émerger les reconversions possibles. ©BELGAIMAGE

Les bureaux chargés de redessiner les contours futurs de plusieurs fonciers industriels stratégiques wallons actuellement à l’abandon ont été désignés par le gouvernement régional ce vendredi.

C’est le Studio Paola Viganò associé à Sweco pour Carsid (Charleroi) et l’Agence TER pour l’ensemble des sites liégeois (Chertal, Seraing, Ougrée) qui ont été retenus «au terme d’une procédure rigoureuse et exigeante qui traduit les ambitions du gouvernement pour ces sites structurants situés au cœur de ces deux métropoles wallonnes», assure le ministre de l’Economie Willy Borsus (MR), en charge du dossier.

180
hectares
Rien que la friche de Chertal offre le potentiel pour dessiner une ville nouvelle en bord de Meuse.

Le processus de reconversion de ces deux zones stratégiques avait été lancé le 30 avril dernier, en plein confinement. Le site de Carsid couvre une surface de 108 hectares. Les vastes terrains pollués d’ArcelorMittal situés en région liégeoise comptabilisent pour leur part 282 hectares répartis entre Chertal, le plus vaste (180 hectares), et trois autres sites sis au beau milieu de Seraing: ceux des hauts fourneaux 6, B et de la cokerie d’Ougrée. 

À cela s’ajouteront encore la reconversion du site très enclavé de Marchin, à la sortie de Huy, ainsi que celle de celui de La Louvière. Un mandat a été donné à la Sogepa, outil financier du gouvernement spécialisé dans les reconversions, pour négocier, acquérir, assainir et redéployer ces territoires. 

"Ces grands projets s’inscrivent dans la volonté gouvernementale de dépolluer et reconvertir 100 hectares par an."
Willy Borsus
Ministre wallon de l'Economie (MR)

Un cap très ambitieux. Trop?

«Ces grands projets s’inscrivent dans la volonté gouvernementale de dépolluer et reconvertir 100 hectares par an, à la fois pour pallier la pénurie de grands terrains en Wallonie et pour rencontrer l’objectif de désartificialisation des terres», précise le ministre libéral wallon en charge de l'Economie, Willy Borsus.

On n’en est encore qu’au début d’un long processus de reconversion. A ce stade, les bureaux désignés doivent plancher sur un plan-masse d'ensemble, en collaborant avec tous les acteurs politiques, économiques et citoyens concernés. La réflexion entamée doit intégrer à la fois des enjeux locaux (mobilité, compatibilité avec l’environnement immédiat…), régionaux (attractivité territoriale et redéploiement d’activité à haute valeur ajoutée) et transfrontaliers (complémentarité des projets et des activités redéployées). 

La formalisation des deux « masterplans » est attendue pour la mi-2021 déjà. Ensuite, il faudra encore planifier les processus de reconversion sur ces immenses fonciers pollués et abandonnés, et surtout budgéter et cadrer le financement de cette revalorisation, sans doute avec de nouvelles aides européennes. Le privé devrait ensuite être sollicité, avec une vente - par appartement ou pas - sur base du plan-masse approuvé et des différentes fonctions pressenties pour retisser ce territoire sous-exploité depuis trop longtemps déjà.

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