463 millions pour rénover le tunnel Léopold II

La décision de rénover le tunnel bruxellois Léopold II a été prise en décembre dernier. Fabricom, Jan De Nul et Besix ont été désignés pour effectuer les travaux.

Depuis des mois déjà, on savait que la rénovation lourde et la modernisation du tunnel Léopold II, le plus long du pays avec ses 2,5 km enterrés, devaient débuter cet été et se prolonger trois ans durant au moins - certains montent déjà à un minimum de 39 mois. On sait désormais combien ce chantier pharaonique et compliqué techniquement va coûter et qui va le prendre en charge. 

Le contrat a été attribué pour un montant de 462.635.372,83 euros, selon nos confrères de la Dernière Heure. La décision a été prise le 21 décembre dernier. Mais une conférence de presse est programmée ce mercredi seulement au Cabinet du ministre régional de la Mobilité et des Travaux publics, Pascal Smet (sp.a), lequel se refuse à tout commentaire jusque là concernant l'attribution du marché à la société Circul 2020.

Circul 2020

Aujourd'hui justement est parue au Moniteur belge la création de la bien nommée société Circul 2020, dont les actionnaires sont Fabricom (50% des parts), Jan De Nul (25%) et Besix (25%). Cette société anonyme, créée en date du 18 janvier dernier dans les murs de l'entreprise Besix (Woluwe-Saint-Lambert), a pour but social la conception (Design), la construction (Build) et l'entretien (Maintain) du tunnel Léopold II rénové. Durant des mois, le bruit a circulé au sein de la sphère politique bruxelloise que ce chantier allait pouvoir être bouclé à prix très abordable. En janvier 2016 encore, Pascal Smet évaluait les travaux de rénovation à quelque 150 millions d'euros et ceux d'imperméabilisation à 30 millions d'euros. Mais rapidement, les experts ont cité le chiffre, plus réaliste, du demi-milliard d'euros. Notons encore que, dans ce cas précis, il s'agit d'un contrat DBM et non DBFM, le financement n'étant pas à charge du contractant privé, Circul 2020, mais du maître d'ouvrage public, la Région.

Financement

Le type de financement retenu par le gouvernement bruxellois mérite d'ailleurs qu'on s'y attarde. Au début de la législature en cours, aucune ligne budgétaire extraordinaire - en marge de l'entretien structurel des ouvrages d'art concernés - n'avait été dûment ouverte par le gouvernement pour la rénovation lourde des tunnels bruxellois. Ni Beliris, ni encore moins les autres régions ne semblaient prêtes à apporter leur écot à ce chantier de taille. Il semble également peu probable aujourd'hui que la Région bruxelloise reçoive du Fédéral une enveloppe supplémentaire pour financer ce chantier extraordinaire. Le choix d'un partenariat public-privé n'est pas non plus la formule retenue. Celle-ci a été débattue au Parlement régional l'an dernier: Circul 2020 assume la responsabilité financière du chantier également et la Région bruxelloise reste propriétaire du tunnel.

Références

L'attribution de ce contrat est une excellente nouvelle pour le consortium composé des entreprises De Nul, Besix et Fabricom. Les deux premières prennent chacune la moitié des travaux publics listés à leur charge. Fabricom s'occupe pour sa part de la coordination technique du chantier. Ce n'est pas seulement un gros contrat. C'est aussi, pour les trois entreprises, une carte de visite qui pourra servir pour d'autres appels d'offres du même tonneau: dans les années à venir, des chantiers de rénovation de tunnels du même acabit, dans et hors de nos frontières, ne manqueront pas. 

L'entretien en profondeur des tunnels de la capitale a, depuis des décennies déjà, été passablement négligé. Les récentes chutes de morceaux de béton suite à l'usure excessive des structures porteuses ont entraîné à plusieurs reprises la fermeture prolongée de plusieurs tunnels bruxellois, avec des effets directs désastreux sur la mobilité urbaine. Pour le tunnel Léopold II, la rénovation profonde et la modernisation ne pouvaient pas être postposées davantage. Mais dans les prochaines années, rien ne dit que le scénario ne va pas se reproduire ailleurs dans la capitale.

On sera également particulièrement attentif à la manière dont les autorités régionales vont gérer le volet mobilité durant les trois années que va durer ce chantier, appelé à se déplacer de la place Rogier à la basilique. Sans qu'il bloque complètement le transit routier, il est néanmoins susceptible de le perturber sérieusement par moment. Il se confirme déjà que les opérations de désamiantage nécessiteront la fermeture complète de la totalité du tunnel durant deux étés consécutifs. En outre, à la suite de la nécessaire réorganisation temporaire des sorties, dont le nombre sera augmenté, certains redoutent déjà des répercussions sur l'espace public en surface.

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