Activité immobilière record dans toutes les études notariales du pays

A Bruxelles, la demande accrue des investisseurs pour les petits appartements pousse les prix vers le haut. ©BPI

Le nombre de ventes passées devant notaire a battu tous les records. Woonbonus oblige, la surchauffe est plus forte en Flandre. Les prix restent sous contrôle et certains biens sont boudés.

Selon les chiffres du dernier Baromètre immobilier des notaires, qui viennent de tomber, l’activité (nombre de transactions) a augmenté de +8,9% sur base annuelle (2019-2018). Ventilée par Régions, la surchauffe est plus importante encore en Flandre (+10,8%) qu’à Bruxelles (+6,3%) et en Wallonie (+6%).

Au nord du pays, c’est l’annonce de la suppression du woonbonus – un solide avantage fiscal accordé lors de l’achat d’un bien immobilier – qui a fait monter en flèche le nombre de transactions immobilières enregistrées devant notaire durant le dernier trimestre de l’année écoulée. La fin de l’octroi de cet incitant fiscal correspondait en effet avec la Saint-Sylvestre.

Prix sous contrôle

Côté prix, les trois Régions enregistrent une hausse très modérée du coût moyen des maisons. Celle-ci est même nulle par endroit si on la pondère avec le taux d’inflation annuel.

Renaud Grégoire, notaire: "Les appartements 3 chambres voient leur prix se tasser en Wallonie" ©Anthony Dehez

C’est sans surprise à Bruxelles qu’elle reste la plus soutenue: +5,5%. Sur 5 ans, le prix moyen d’une maison bruxelloise a augmenté de +12%. Mais si on enlève l’inflation – de 7,7% sur cette période –, cela représente une hausse réelle de +4,4%, soit moins de 1% de majoration par an. L’évolution est globalement comparable pour les appartements, marché sur lequel les investisseurs sont de plus en plus actifs, surtout dans la capitale et les principales villes du pays.

Trop de grands appartements

À Bruxelles, ce sont les appartements 2 chambres qui ont le mieux performé: leur prix moyen est en hausse de +7% sur base annuelle, à 252.683 euros. Le prix moyen d’un appartement 3 chambres y est 37% plus cher qu’un 2 chambres pour l’instant, raison pour laquelle leur prix stagne.

C’est en province de Luxembourg et de Namur que le surcoût pour un 3 chambres est le plus modéré (+13%) et incite donc les acquéreurs à opter plus aisément pour ce type de biens.

Retour sur investissement

©Mediafin

"En terme de rentabilité locative, l’appartement 3 chambres constitue souvent un produit moins recherché par les investisseurs. Le prix moyen de ce type de bien tend même à reculer légèrement ces derniers temps en Wallonie", détaille le notaire Renaud Grégoire.

Certains réseaux d’agences immobilières n’hésitent d’ailleurs pas à conseiller aux promoteurs et aux autorités locales de réduire l’offre de ce type de biens, qui ne trouvent plus preneurs pour l’instant (lire ci-dessous).

Besoins et moyens

Selon Renaud Grégoire, il faut remettre ces chiffres détaillés en perspective, selon les besoins et les moyens de chacun. En outre, il convient de toujours garder à l’esprit qu’un achat immobilier entraîne généralement 14 à 15% de frais d’achat, dont 12,5% de droits d’enregistrement.

Ce à quoi il convient encore d’ajouter le coût des éventuels travaux de rénovation. "Sur base de l’évolution du marché des 5 dernières années en Région wallonne, un acquéreur qui revend sa maison au bout de 5 ans récupère à peine son investissement. Avant d’acheter, il vaut donc mieux réfléchir à deux fois…", tempère le notaire à quelques semaines du salon Batibouw.

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