H&M veut fermer deux de ses trois magasins sur le Meir

©Hollandse Hoogte / Peter Hilz

La chaîne de mode suédoise va presque certainement fermer deux magasins sur le Meir à Anvers. C’est une nouvelle confirmation que le marché immobilier du retail est sous pression pour l’instant.

Les discussions pour revoir à la baisse les loyers des deux vitrines H&M logées en bonne place sur le Meir dureraient depuis des mois déjà entre la chaîne de vêtements H&M et le propriétaire privé, Rocco Marotta, un des plus importants du pays dans les rues commerçantes les plus chères.

Mais selon nos dernières informations, aucun courrier officiel ne serait encore parvenu à ce dernier, qui se refuse donc pour l’instant à tout commentaire, évoquant des rumeurs de marché tant que le délai de 15 mois obligeant son locataire à signifier officiellement son renon n’est pas atteint.

Trois mois pour s'entendre

Selon une source proche du dossier, la date-butoir serait située, pour les deux emplacements, entre la fin 2020 et le début 2021. Il resterait donc trois mois aux agents pour négocier ou trouver un nouveau locataire. Le propriétaire, lui, se contente d’évoquer la loi de l’offre et de la demande, sans ciller pour l’instant.

Sur le versant du locataire, même si H&M se refuse à tout commentaire pour l’instant, il se confirme pourtant que l’enseigne textile internationale, officiellement représentée par les agents C&W et CBRE, veut limiter sa présence sur le Meir et la concentrer dans son magasin phare de 5.000 mètres carrés situé au milieu de la rue commerçante la plus chère du pays.

Les magasins situés à l’avant (à l’angle de Leysstraat) et à l’arrière (près de la tour KBC), couvrant chacun plus de 2.000 mètres carrés, seraient donc fermés d’ici 18 mois… si les tractations restent au point mort jusqu’à la date-butoir forçant H&M à notifier son renon.

Réduire les coûts

Beaucoup de chaînes de mode broient du noir pour l’instant, surtout quand arrive un nouveau concurrent qui rabote leurs parts sur le même segment. Le marché textile standard est très concurrentiel, voire saturé, sur les marchés matures; et de plus en plus de consommateurs achètent via Internet. Couvrir l’expansion et le marché physique total n’est plus l’objectif n°1 de la plupart des chaînes. Pour les marques bien installées surtout, la rentabilité réelle de chaque magasin est désormais analysée de très près.

H&M dispose encore de 70 magasins en Belgique. Et les chevauchements, comme ceux du Meir, qui conduisent à la cannibalisation, sont donc souvent remis en question. Les deux magasins de Liège et ceux de Mons sont déjà fermés.

La chaîne de mode se concentre sur la réduction, souvent agressive, des dépenses locatives, quand elle peut la négocier pour équilibrer les comptes de ses magasins.

Loyer variable

La chaîne de mode se concentre donc sur la réduction, souvent agressive, des dépenses locatives, quand elle peut la négocier pour équilibrer les comptes de ses magasins. Souvent, la donne aujourd’hui proposée par la plupart des grandes enseignes est une rente variable alignée sur le chiffre d’affaires réel réalisé, avec un plancher mensuel. Cette nouvelle donne, qui fait parfois chuter les rendements ou les rend aléatoires, a déjà causé de sérieux problèmes au propriétaire belge coté en Bourse, Qrf.

Le cours de l’action a fortement chuté au cours de la dernière année, principalement en raison des concessions que Qrf a dû faire à H&M, son deuxième locataire en importance, et de l’incertitude entourant le dividende annuel à terme.

Même en renégociant à la baisse, Qrf n'a pas pu empêcher H&M de déménager à Hasselt dans un nouveau parc commercial où il a obtenu des conditions de location incroyablement favorables.

1.850 euros le m²

Pour les petites propriétés de 200 mètres carrés, les meilleurs emplacements sur le Meir atteignent encore pour l’instant 1.850 euros par mètre carré et par an, après avoir dépassé la barre des 2.000.

Relouer les deux immeubles commerciaux de plus de 2.000 mètres carrés à une autre enseigne au même prix ne sera pas forcément aisé.

Pour les plus grandes surfaces, ce loyer est souvent moindre. Le montant locatif anversois de H&M se chiffre toutefois en millions d'euros. Les chaînes dépensent en moyenne 8 à 10% de leur chiffre d’affaires pour leurs vitrines. Pour les meilleurs emplacements dans les quartiers les plus recherchés, on culmine facilement à 10 voire 15% des ventes.

Relouer les deux immeubles commerciaux de plus de 2.000 mètres carrés à une autre enseigne au même prix ne sera donc pas forcément aisé même s’il s’agit des meilleures localisations. Il y a trois ans encore, il était impensable que des propriétés situées dans des emplacements de choix tels que le Meir ou la rue Neuve à Bruxelles restent vides pour une longue durée. En moins de deux ans, le monde du Retail a bien changé, comme celui du bureau avant lui. On appelle cela l’horloge des loyers. Reste à espérer, pour les propriétaires les moins aisés, que la pendule ne soit pas être arrêtée trop longtemps.

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