Il manque un bon million pour boucler le financement du Musée du Chat

©Saskia Vanderstichele

Le tour de table pour le financement du futur Musée du Chat s’avère ardu. Et pourtant, son initiateur, Philippe Geluck, le père du facétieux félin, ne ménage pas sa peine pour réunir les montants nécessaires. Il espère boucler le dossier d’ici la fin de l’année.

Au printemps 2020 s’ouvrira sur le Mont des Arts à Bruxelles "Le Musée du Chat et du dessin d’humour". Le projet, porté par Philippe Geluck, est le résultat d’un partenariat public privé. La Région bruxelloise va mettre à la disposition du créateur du Chat l’immeuble "1930", un bâtiment sans valeur architecturale. Situé entre l’Hôtel de Lalaing (qui abrite le BIP) et le Palais des Beaux-Arts, il appartient à la Société d’Aménagement Urbain, une émanation de la Région. Celle-ci s’est engagée à le démolir et à le reconstruire sous forme de gros œuvre.

L’investissement pour la Région s’élève à 4,5 millions. En échange de quoi Philippe Geluck lui fera don d’une série d’oeuvres dont la valeur correspondra, d’une part, au montant du loyer et, d’autre part, aux retombées socio-économiques du Musée sur la Région.

©Saskia Vanderstichele

Reste à aménager les lieux, conçus par l’Atelier d'architecture Pierre Hebbelinck. L’investissement s’élève également à 4,5 millions d’euros (scénographie, salles d’exposition, restaurant, boutique…). C’est ici que les choses se corsent. Philippe Geluck s’est fait fort de lever ce montant auprès de partenaires privés appelés à devenir sponsors du projet. En fonction de l’ampleur de leur apport financier, ils bénéficieront de toute une série d’avantages: salle à leur nom, entrées gratuites, privatisation du musée, présence dans le catalogue et les publications du musée, etc.

Philippe Geluck s’est donc mis en chasse avec un argumentaire bien rodé: un musée dédié à un des personnages les plus populaires de la BD belge, idéalement situé, susceptible d’attirer 150.000 visiteurs par an et générant la création de 25 emplois.

"Au cours de l’année écoulée, j’ai dû avoir quelque quatre-vingt rendez-vous auprès de sponsors potentiels, explique-t-il. J’ai aussi donnée une demi-douzaine de conférence dans des cercles d’affaires (Lorraine, Wallonie, Chapel, Gaulois…) et rencontré des gens parfois très fortunés."

→ Le bilan? Un peu plus de 3,2 millions d’euros récoltés à ce jour.

→ Qui sont ces mécènes? Le plus généreux est, de loin, l’armateur anversois Nicolas Saverys (Exmar). Les autres sont Casterman (son éditeur), Interparking, Facq, Beobank, Duvel, Lidl France, l’homme d’affaires français Jacques Berrebi (propriétaire de L’Eventail) et, dernier arrivé, la Loterie Nationale. Par contre, un grand nom de la construction lui a récemment dit non. Philippe Geluck est par ailleurs toujours en attente de plusieurs réponses.

Pas de grands "institutionnels" donc dans cette liste (banques, énergéticiens…). Ce qui laisse le dessinateur songeur. "Ils trouvent le projet formidable mais peu franchissent le pas, explique-t-il; certains parce qu’ils ont d’autre priorités, notamment dans le caritatif, ce que je comprends parfaitement; d’autres m’ont écouté poliment, sans plus, alors qu’ils ont largement les moyens de nous aider. Mais bon, en même temps, chacun fait ce qu’il veut de son argent; je ne peux prétendre à rien."

Reste que cette multiplication de "petits" partenaires risque de réduire leur visibilité. L’idéal aurait sans doute été de n’en avoir que trois ou quatre, notamment via du mécénat de compétence comme ce fut le cas de GDF Suez qui a aménagé le Musée Magritte. Philippe Geluck ne l’exclut pas pour certaines parties des travaux. Il fut aussi question d’un recours au crowdfunding. "Le crowdfunding c’est solliciter les petits pour rassembler une grosse somme. Je préfère ne pas y recourir, je n’ai pas envie de me faire incendier sur Internet par les inévitables grincheux qui prennent leur pied à dénigrer les autres", ironise-t-il

Initialement, Philippe Geluck espérait boucler le montage fin juin: "J’ai décidé de le reporter fin décembre. Ce n’est pas trop grave. Si je n’y arrive pas, je vais contacter des oligarques et des mafieux", plaisante-t-il.

Reste, plus sérieusement, qu’il manque toujours un gros million d’euros. "Je suis certain qu’on va y arriver", dit-il confiant. Et si d’aventure, ce n’était pas le cas, le papa du matou se dit prêt à mettre en vente sa propriété dans le Brabant wallon, qui lui sert de résidence secondaire depuis qu’il s’est installé à Ixelles.

C’est bien la preuve que le projet lui tient très à cœur. "Ce n’est pas un musée à ma gloire puisque tous les grands dessinateurs humoristes seront mis à l’honneur, tient-il à préciser, tout ce que je veux c’est partager le bonheur que j’ai à exercer ce métier."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content