reportage

Kyotec, la haute couture immobilière de verre belgo-luxembourgeoise

©Kyotec

C’est un quartier général tout de verre dernier cri revêtu que Kyotec Group vient de s’offrir au coeur de la ZAC luxembourgeoise de Bissen, où l’arrivée d’un voisin de taille, Google, se précise.

A la tête de l’entreprise aujourd’hui présente dans 8 pays aujourd’hui, on trouve Thierry Foucart, le propriétaire, et son partenaire de 20 ans, Kambiz Behzadi, un ingénieur longtemps actif chez Bouygues avant de s’épanouir au sein du groupe Kyotec.

Sur le seuil de ses nouveaux bureaux, Thierry Foucart, vieux briscard belge du marché immobilier de la façade à valeur ajoutée, dont l’expertise tapisse aujourd’hui les artères des capitales de l’Europe entière, est heureux d’enfin ouvrir les portes de son nouveau laboratoire.

Il n’est pas seul pour le faire. "Avec Kambiz, on s’est rencontré en 2012. Il était alors responsable des grands projets internationaux pour le groupe Bouygues Immobilier, qui avait décroché un contrat de construction pour un bâtiment remarquable, à Macau, dessiné par l’architecte irakienne Zaha Hadid", explique Thierry Foucart.

Une histoire de rencontres

Depuis lors, deux typhons sont passés par là. Et ça a bien résisté.
Thierry Foucart
Kyotec Group

Kambiz Behzadi lui demande alors de participer à une réunion interne lors de laquelle il devait faire examiner et valider en interne le projet de façade vraiment très compliquée techniquement, projet pour lequel il aurait voulu avoir mon avis. Thierry Foucart donne son avis aux décideurs présents qui, peu après, lui demandent d’évaluer le budget de construction.

Il tente alors de jouer le jeu et de rentrer un budget réaliste pour cette façade et ses habillages hors du commun. "Cela tournait autour de 60 millions d’euros. Ils sont ensuite revenus nous chercher comme consultants, pour encadrer le projet de leur côté dans leurs réunions de préparation avec le bureau d’architecte. Au bout de 8 mois, ils nous ont remerciés et nous ont dit qu’ils travaillaient désormais avec Permasteelisa, le spécialiste international des façades, qui prenait le relais. Mais un an plus tard, ils nous ont appelé au secours. Et on a repris la mission de consultance et de préparation avant travaux", résume Thierry Foucart.

Nom de code: Morpheus Hotel Tower

Quand la société Dragages (filiale locale de Bouygues) lance l’appel d’offres et pour construire la façade verrée sur laquelle lui et ses équipes Kyotec avaient planché durant plus d’un an, il décide alors de créer une filiale à Hong Kong pour pouvoir remettre offre pour décrocher le marché. Celui-ci est divisé en quatre lots. Kyotec en emporte finalement deux. Les plus compliqués : la partie centrale et les habillages. Aujourd’hui, le chantier de la Morpheus Hotel Tower est achevé et est un des fleurons de la ville. "Depuis lors, deux typhons sont passés par là et ça a bien résisté. Et on ne s’est plus quitté avec Kambiz, qui nous a rejoints chez Kyotec…"


Le nouveau QG expérimental de Bissen

Aujourd’hui, l’acteur belgo-luxembourgeois spécialisé dans le design, la fabrication et la pose de façades sur mesure et à valeur ajoutée propose, en collaboration étroite avec des architectes de renom international, des solutions qui mettent en œuvre des technologies de pointe.

Dans ce métier comme dans tant d’autres, le maître-mot du moment est l’économie d’énergie et d’espace. Raison pour laquelle le nouveau QG de Bissen, qui travaille pour 8 entités situées en Europe (France, Grande-Bretagne, Portugal, Pologne, Belgique et Luxembourg) et en Asie (Hong Kong et Macau), héberge depuis peu un laboratoire de recherches, qui a notamment mis au point le concept ‘Modulair’, et un centre de mesure de performances indépendant (LuxLab). Ce dernier est en mesure de réaliser des tests de pression, d’étanchéité à l’air ou à l’eau selon les normes imposées par les organismes de contrôle.

Les autres chantiers

Parmi les chantiers de construction actuellement à l’étude ou en cours, on peut citer les tours Möbius (Immobel) à Bruxelles-Nord, deux projets mixtes luxembourgeois majeurs, le Royal Hamilius (Codic) et Infinity (Immobel), l’aéroport international de Zagreb, le Philarmonique de Paris, la Tour Oxygène à Lyon, une nouvelle tour conçue par Jean-Paul Viguier dans le quartier de la Défense, ou encore l’emblématique Morpheus Hotel Tower de Macau. La plus ancienne carte de visite de Kyotec, la plus connue aussi, se trouve à Barcelone: il s’agit de la Torre Agbar, dessinée par l’architecte Jean Nouvel et construite entre 2003 et 2005 pour la compagnie locale des eaux.

En passant par le laboratoire, le patron pointe le doigt: "Ceci, c’est une façade actuellement en test. Mais je ne peux pas vous parler du projet et du client tant que les tests ne sont pas concluants. On peut injecter au maximum l’équivalent de 10.000 pascal pour tester la résistance en cas de typhon, par exemple. Une pression pareille, je vous assure que ça n’existe quasi nulle part en laboratoire…", explique-t-il, avant de préciser que le laboratoire est ouvert à des tiers pour y valider des certifications ou des matériaux brevetés. "Vinci, par exemple, vient estampiller ici certains produits".


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