L'Europe de l'Est est devenue la locomotive d'Atenor

Les Berges de l'Argentine, à La Hulpe. Compliquée, la seconde phase résidentielle (22.000 m²) devrait mettre plus de 6 ans à sortir de terre. ©MDW Architecture

A mi-exercice, la société de promotion immobilière cotée en Bourse Atenor a augmenté ses charges et son taux d’endettement. Mais c’est pour mieux grandir et se diversifier. Son résultat net consolidé sur 6 mois gonfle de 12%, à 5,6 millions d’euros.

A la première lecture des résultats semestriels présentés ce mercredi au siège de La Hulpe, qu’Atenor vient de mettre en vente, un œil comptable pourrait s’inquiéter de l’augmentation des frais, du coût des charges financières et de l’endettement net affichés par la société immobilière cotée en bourse: ce dernier culmine pour l’instant à 415 millions d’euros.

"A ce moment du calendrier, ces chiffres ne sont pas essentiels; même si on les surveille bien sûr de très près… C’est vrai que notre ratio d’endettement culmine à 71%, avec un total des financements qui dépasse la barre des 500 millions d’euros. Mais avec 27 projets en développement pour un total de 1,2 millions de mètres carrés bien répartis dans le temps et dans l’espace, on gère sans stress. Notre objectif est de doubler d’ici 2021 notre marge brute annuelle pour passer de 40 à 80 millions d’euros. Et cela passe forcément par une augmentation des dépenses, notamment en personnel", résume le CEO, impatient de parler des projets en cours.

Varsovie en tête

Pour parvenir à tenir ce cap stratégique, Stéphan Sonneville s’exporte de plus en plus. La preuve: pour la première fois, plus de la moitié - en superficie - du portefeuille de projets en cours se concentre à Varsovie (26%), Bucarest et Budapest (14%). "Pendant que Bruxelles continue à se vider de sa classe moyenne notamment par manque de logements bien situés à prix abordable, ces capitales d’Europe de l’Est affichent le plein emploi – comme à Budapest – et les jeunes de 25 à 35 ans, qui ont un appétit rafraîchissant pour le travail bien fait, ont envie de devenir propriétaire de leur logement, urbain s’ils en ont les moyens. On ne parle donc pas d’investisseurs et de possible spéculation des promoteurs: tout ce qui se construit se vend actuellement."

Pour la première fois, plus de la moitié - en superficie - du portefeuille de projets en cours se concentre à Varsovie (26%), Bucarest et Budapest (14%).

Et quand on demande au patron d’Atenor si cette euphorie locale est vraiment durable, il rappelle que ces trois pays dits "émergents" depuis leur sortie de l’ex-bloc de l’Est il y a 30 ans représentent à eux seuls aujourd'hui un bassin de 100 millions d’habitants, soit 20% de la population totale de l’Union européenne. Autre paramètre solide: le taux de croissance affiché depuis 2009 y dépasse toujours pour l’instant allègrement les 4% quand ceux qui mènent la barque européenne stagnent sous les 2%.

"Depuis la crise financière, ces pays ont renforcé leurs fondamentaux économiques. L’Union européenne les aide énormément, mais aussi les multinationales étrangères, qui sont arrivées ces dix dernières années et s’y installent dans la durée. On le voit par exemple avec ING, qui a récemment logé dans nos bureaux de Budapest son centre informatique. C’est du concret!". Et ce qui l’est également, c’est le taux d’imposition local des sociétés, qui y varie entre 9 et 19% alors qu'il toise toujours les 30% chez nous.

Les gares d'abord

Mais non, Atenor ne délaisse pas la Belgique, qui compte toujours un tiers du parc en projet actuellement. Et surtout pas ses gares, où le CEO milite pour qu'on concentre les bureaux pour limiter les ruptures de charge des navetteurs. La preuve: à Bruxelles, qui recense toujours à elle seule un quart du portefeuille actuel de ses développements en cours, elle concentre ses derniers grands projets en date autour du Nord (CCN) et du Midi (Victor, marché SNCB). Sans négliger le canal (City Dox) et la rue de la Loi (The One, Realex), où elle finalise pour l’instant deux belles opérations - longues, complexes mais à valeur ajoutée - avec la Commission européenne.

Atenor fait son grand retour en force au Luxembourg, où elle vient de boucler une belle opération de quelque 5 millions d'euros à Belval (projet Naos).

Un pont ferroviaire plus loin, près de la gare de La Hulpe où l’on attend toujours le RER comme soeur Anne, le projet baptisé Les Berges de l’Argentine est en gestation depuis plus de 5 ans déjà. Les plans de quelque 250 logements neufs ont été revus et corrigés au moins à cinq reprises pour tenter de répondre aux remarques "d’une infime partie" de la population. Le permis devrait être délivré par la tutelle régionale l’an prochain, même si le CEO d’Atenor, parfois lourdement invectivé personnellement dans ce dossier qui échauffe les esprits, prétend vouloir ne pas éluder la concertation locale avant de lancer le chantier.

Au bout de la dorsale wallonne enfin, Atenor fait son grand retour en force au Luxembourg, où elle s’écarte désormais du centre-ville cher et encombré. Elle vient juste de boucler une belle opération de quelque 5 millions d'euros à Belval (projet Naos).

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