La saga du "Palace" prendra fin au printemps 2015

Les travaux de rénovation du Palace ont coûté 8,58 millions d’euros à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Soit le doubledu prix d’achat du bâtiment. ©Laurie Dieffembacq

Les travaux du futur complexe cinématographique "Le Palace", situé sur le Boulevard Anspach, devraient être terminés au printemps 2015. Le projet traîne depuis 2001. La fin d’une saga.

Acheté en 2001 par le ministre-président de la Communauté française de l’époque, Hervé Hasquin (MR), le bâtiment du "Palace" (anciennement appelé "Pathé Palace" puis "Kladaradatsch"), situé Boulevard Anspach, est resté pendant plus de dix ans en chantier. L’ouverture de ce complexe cinématographique d’art et essai a été repoussée à plusieurs reprises. Les travaux de rénovation ont fini par coûter le double du prix d’achat. Ils s’élèvent, au total, à 8,58 millions d’euros. Montant entièrement à la charge de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

8,58 millions €
Les travaux de rénovation du Palace ont coûté 8,58 millions d’euros à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Soit, le double du prix d’achat du bâtiment.

Dans une réponse parlementaire récente, la nouvelle ministre de la Culture en Communauté française, Joëlle Milquet (cdH), a annoncé l’ouverture du complexe cinématographique pour le printemps 2015. La fin de la saga approche donc. Mais il n’est plus question de parler d’"art et essai". "Les cinémas exploitant des films d’auteur ne cherchent plus à mettre en avant cette appellation, car elle tend à ‘ghettoïser’ les salles", indique la ministre.

Un objectif éducatif

Cette question sémantique mise de côté, le complexe cinématographique diffusera bien des films d’auteur, mais pas uniquement. Une programmation de films du marché de l’exploitation classique est prévue. Le cinéma belge sera, lui aussi, mis en avant. La ministre souligne également que le projet comporte un aspect éducatif, "avec une programmation dédiée aux écoles primaires et secondaires de Bruxelles, ainsi qu’aux différents mouvements associatifs, notamment ceux liés à l’immigration".

Les films diffusés à l’attention de ce public seront orientés sur la formation à l’analyse de l’image, à la sensibilité artistique et à la citoyenneté. Joëlle Milquet ajoute qu’une programmation événementielle liée à la présence d’invités (acteurs, actrices, cinéastes, scénaristes, etc.) de renommée internationale est aussi imaginée.

Cette programmation va-t-elle rencontrer la demande des cinéphiles? D’après la ministre, une étude démontre que la programmation "d’art et essai" des cinémas de Bruxelles touche globalement 7,5% du public "cinéma" de la zone de chalandise de Bruxelles. Ce chiffre correspondrait à la moitié de ce que les villes européennes semblables atteignent pour des activités déjà en cours. "Il y aurait donc un vrai potentiel pour le ‘Pathé Palace’ d’attirer un public plus important, sans pour autant concurrencer les autres salles proposant déjà du cinéma ‘art et essai’ à Bruxelles", confie Rudi Barnet, qui a travaillé en tant qu’expert audiovisuel sur le projet, du temps où celui-ci était chapeauté par le cabinet d’Hervé Hasquin.

Il est nettement plus sceptique sur les perspectives de fréquentation du futur complexe et sur ses conséquences sur les autres salles. Car dans le quartier, il existe déjà des cinémas qui ont une telle programmation. "La comparaison avec d’autres complexes en Europe est absurde. Le seul cinéma d’auteur comparable est situé à Madrid et il est en passe de fermer. Par ailleurs, mis à part l’axe ‘éducation’ (déjà pratiqué par l’Arenberg) et l’accent sur le cinéma belge, le projet est exclusivement lié à la distribution courante. Quant au cinéma d’auteur, il faut bien se dire que la population qui va voir ce genre de films n’est pas extensible. Ce projet risque de la détourner des salles existantes", déplore-t-il.

L’ASBL Le Palace espère attirer 125.000 spectateurs à partir de 2017 et 25.000 pour la programmation éducative. "Cet objectif correspond à un peu moins de 15% de la capacité maximale des 4 salles que comptera le complexe (pour 615 sièges)", indique la ministre.

Bénéficiaire après 3 ans

Pour que le projet soit rentable, l’opérateur mise sur d’autres sources de revenus que celles provenant uniquement de l’exploitation cinématographique ou du public scolaire. Des recettes pourraient être tirées de concessions. Car le complexe abritera également des infrastructures connexes telles qu’un bar, un restaurant, un magasin dit "culturel" qui vendra des DVD, des livres, et d’autres produits en lien avec le cinéma.

Le business plan prévoit une marge bénéficiaire à partir de la troisième année d’exploitation.

Le complexe cinématographique "Le Palace" disposera de 4 salles. Et pour être rentable, il misera sur des activités annexes (bar, magasin, restaurant...). ©FWB


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