Le consortium piloté par Thomas & Piron développera le projet Gastronomia à Seraing

L'intérieur de la halle industrielle sérésienne, réaménagée en food hall.

La Ville de Seraing a désigné l’équipe privée qui portera la reconversion d'un des plus importants chancres industriels du centre-ville en halle gastronomique. Il s’agit du consortium réuni autour de Thomas & Piron et associant notamment Franki, I-Magix et Willemen. Le projet est dessiné par les bureaux Reichen & Robert et Canevas.

Dans le processus de requalification urbaine du centre-ville de Seraing lancé il y a 15 ans déjà, le projet Gastronomia constitue un élément phare du Master Plan et sera une véritable locomotive du nouveau boulevard urbain appelée à booster la dynamique amorcée. "La désignation du partenaire privé qui mènera le projet jusqu’à son terme et en assurera ensuite la gestion (projet DBFM) constitue un tournant décisif vers la finalisation de ce projet attendu par tous les amateurs gourmets et gastronomes", insiste Valérie Depaye, la directrice d’Eriges, la Régie communale autonome qui pilote cette requalification urbaine de longue haleine.

L’équipe pluridisciplinaire désignée au terme d’un long processus d’appel à marché public est celle réunie en association momentanée sous le label "Gastronomia Vision". Elle est composée des développeurs Cœur de ville (groupe Thomas & Piron), Willemen, I-Magix (cinémas), Gehlen Immo et Dyls Construct. Le projet retenu est signé par les architectes du bureau Canevas associés et aux Français de Reichen et Robert, qui étaient déjà les auteurs du Master Plan initial sur la vallée sérésienne. On citera encore les bureaux d’études Greisch et Berger.

Patrimoine industriel enfin reconverti

Vue aérienne du nouveau quartier urbain reconverti à l'horizon 2023

Le projet Gastronomia fera revivre les halles construites par John Cockerill lors de son arrivée à Seraing, il y a juste deux siècles. La ville de Seraing a choisi d’y implanter un projet thématique en lien avec l’alimentation et la gastronomie, selon le concept du "Food Hall", très apprécié dans les pays méditerranéens ou anglo-saxons mais encore trop peu présent chez nous, même si le courant se répand rapidement, à Bruxelles et Anvers, notamment.

Pour pouvoir mettre en œuvre ce projet d’envergure, le site a déjà fait l’objet d’une série d’aménagements préalables nécessaires à sa future reconversion. Grâce à des financements régionaux (plan Marshall), la SPAQuE s’est chargée de la déconstruction d’une partie des halles et de l’assainissement complet du site. Ce dernier a ensuite obtenu le statut de SAR (Site à réaménager) délivré par le gouvernement wallon et ouvrant la faculté de la zone, jusqu’alors industrielle, à une autre réaffectation, soit des commerces, bureaux et logements. 

La Ville de Seraing a enfin obtenu un montant supplémentaire de 9,3 millions d’euros de financement FEDER pour la rénovation patrimoniale des halles. "Un accord passé avec le gouvernement wallon va permettre au partenaire privé de bénéficier en direct du subside afin de procéder à une rénovation adéquate de l’ancienne halle industrielle en lien immédiat avec le projet final qu’il y implantera", précise Déborah Géradon, l’échevine sérésienne de l’Urbanisme, impatiente de voir enfin revivre ce chancre du passé très central et proche de la nouvelle Cité administrative, du siège social de la société John Cockerill (ex-CMI) ou encore du nouveau bâtiment Neocittà et du parc voisin, baptisé Bernard Serin.

Offre commerciale thématique

Une fois rénovée, la gigantesque halle sera aménagée en un lieu dédié à l’alimentation, au divertissement et à la gastronomie. Un passage central végétalisé sera animé de commerces nichés sous une mezzanine. Une place de choix sera réservée aux circuits courts ainsi qu’à des espaces de production, le tout assorti de lieux de rencontres et d’événements festifs et culturels. Food trucks et petits marchés de produits du terroir pourront ponctuellement occuper le passage central. Au fond de la halle, un espace "food court" rassemblera échoppes et comptoirs gourmands autour d’une terrasse chauffée.  

La mezzanine sera quant à elle aménagée en espaces de bureaux et de coworking offrant une vue sur la halle à travers une façade vitrée. 

Les bureaux et espaces de coworking logés en mezzanine

Architecture rythmée et intemporelle

Comme c’est le cas à Bruxelles pour la Gare Maritime, sur le site de Tour & Taxis, le projet architectural fera le lien entre passé et futur, avec pour point de départ les halles et la façade historiques, auxquelles viendra se juxtaposer une construction nouvelle aux lignes à la fois contemporaines et rappelant les anciens bâtiments par le jeu des toitures et des volumes. Contrairement à Tour & Taxis, où le bois a été préféré, c’est la brique qui prévaudra à Seraing comme revêtement de façade intemporel.

Un projet immobilier mixte complémentaire composé de commerces, bureaux et logements prendra également place sur le vaste terrain urbain jouxtant la halle principale, le long de la rue Cockerill. L’autre côté de la halle sera occupé par un parking de quelque 500 places et 75 emplacements vélos.

Les logements et commerces logés à l'intersection avec la rue Cockerill

Le tout sera relié au reste du quartier en pleine reconversion pour assurer une continuité avec les aménagements existants. Si l’entrée principale se fera par la rue Potier et sa façade patrimoniale, d’autres accès sont prévus. Une rue piétonne traversera notamment l’ensemble en créant une liaison avec la rue Cockerill. Y seront développés des commerces et des logements, mais aussi des potagers et jardins partagés. Le nouveau quartier résidentiel déclinera tous les types de logements, du studio à l’appartement 3 chambres, pour accueillir de nouveaux habitants au centre-ville.  

Échéancier serré

Le projet devrait voir le jour dès 2023. La première phase de ce chantier de taille concernera la halle Gastronomia, locomotive du nouveau quartier, et l’immeuble de coin avec la rue Cockerill.

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