Les villes flamandes snobent le stand belge du Mipim

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Après Gand, c’est Anvers, dernier des Mohicans flamands sur le stand belge au Mipim, qui menace de jeter l'éponge pour l’édition 2020. Wallons et Bruxellois se refusent à boucher le trou à la dernière minute.

À Cannes, lors du traditionnel Mipim de mars, l’équivalent international du Festival du Film pour le secteur immobilier, les Belges ont depuis 2014 pignon sur Croisette à l’endroit le plus emblématique du palais, en haut des mythiques marches. Le pavillon belge y porte bien son nom: Surreal Estate, il fédère, contre toute attente, les trois Régions, réunies sur un même espace et sous une même bannière savamment partagés.

Savamment négociés aussi. Le budget de l’espace brut visé par cette colocation est pour l’instant relativement dérisoire: 215.000 euros pour 4 jours. À se répartir entre les trois partenaires publics, Régions wallonne (via l’Awex), bruxelloise et Flanders Ghent Development Group, l’ASBL gantoise qui fédérait – jusqu’à l’année dernière – les villes de Gand et Anvers.

Mais après la défection de Gand, dont les dirigeants communaux avaient été passablement bousculés par les affaires liées au Landerneau immobilier (Optima, LandInvest) et par le départ de Daniel Termont (sp.a), fervent défenseur du Mipim, Anvers s’est retrouvé seule à porter le contrat de colocation courant jusqu’en 2020, s’il n’est pas prolongé.

Nœud politique

Chez Reed Midem, on nous assure que les Belges occuperont bien leur espace l’an prochain, comme prévu par contrat. Commercialement, le budget est d’ailleurs insignifiant: 71.000 euros bruts. Ce sont les 30 à 40 partenaires privés se partageant au final cet espace qui paient le gros de la facture d’animation. Mais politiquement, la position semble difficile à tenir. Aux dernières nouvelles, les responsables de la ville d’Anvers en charge du dossier auraient renvoyé la patate chaude au niveau régional.

215.000 €
C’est le montant brut versé par les trois partenaires belges pour disposer d’un des espaces les plus en vue lors du salon international cannois des professionnels de l’immobilier.

Et plus précisément sur la table du FIT (Flanders Investment & Trade), l’équivalent flamand de l’Awex (Agence wallonne à l’exportation). Fondé en 2005, cet organisme régional dont l’ADN est d’aider les entreprises flamandes à développer leurs activités à l’étranger est en théorie l’interface idéale pour représenter le secteur immobilier flamand présent au Mipim. Reste que la décision de maintenir l’union sacrée actuelle au Palais des Festivals est devenue politiquement sensible.

Elle l’est également en termes de logistique et de moyens financiers à avancer: le budget public-privé, à ventiler entre toutes les entreprises occupant l’espace à partager, dépasse au final largement l’enveloppe à se répartir entre les trois colocataires. Avec les stands, entrées, personnel à mobiliser durant une semaine, événements, catering et tout ce qui fait de cette opération commune un rendez-vous international couru par des milliers de visiteurs, la facture totale des exposants belges se chiffre en millions d’euros. Mais le retour vaudrait la dépense.

Le cheval de Troie belge

Dernier élément à verser au dossier: soucieux de remplir tous les espaces disponibles du Palais des Festivals, l’organisateur du salon, Reed Midem, s’est tourné, il y a six ans déjà, vers les opérateurs régionaux belges, très actifs et dispersés au sous-sol du Mipim, pour redonner vie à cet espace inexploité du 1er étage suite à la défection des villes italiennes. Depuis lors, l’union sacrée belge a su rendre vie à cet espace désormais couru et envié par d’autres. Il se dit d’ailleurs déjà que si les Belges jetaient bêtement l'éponge malgré leur droit de prélocation, Moscou, notamment, se verrait bien occuper la place.

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