Un nouveau quartier urbain d'ici deux ans sur la friche nivelloise Arjo Wiggins

©Thines Real Estate

Les premières esquisses du quartier urbain qui remplacera la plus importante balafre industrielle du centre de Nivelles ont été montrées et détaillées en primeur ce mardi soir à la population locale. Explications.

C’est ce 3 décembre en soirée que se tenait la réunion d’information publique (RIP) relative à l’important projet immobilier de Val de Thines. Comme l’exige le nouveau CoDT (Code de Développement territorial) wallon pour ce genre de projet imposant, les riverains ont été invités à prendre la parole et à poser des questions au promoteur immobilier TRE (Thines Real Estate) ainsi qu’aux architectes et à la ville de Nivelles. "Et cela s’est plutôt bien passé. Calmement. Sereinement, avec le bourgmestre et les architectes", insiste Olivier Goldberg, un des maîtres d’ouvrage, rassuré par cet exercice parfois laborieux.

C’est en 2015 que TRE a acquis cet important foncier stratégique "en l’état bien connu de l’acheteur", pollution comprise et non encore exactement évaluée. Cette ancienne friche industrielle des papeteries Arjo Wiggins était alors à l’abandon depuis plus de dix ans déjà. Depuis, durant ces quatre dernières années, les promoteurs ont eu le temps de retourner dans tous les sens le projet de développement de ce nouveau quartier, notamment au travers d’une procédure régionale cadrant les SAR (Sites industriels à réaffecter), menée en partenariat avec la commune.

Une nouvelle école primaire (19 classes) a également été ajoutée au copieux programme résidentiel phasé prévu. Outre les charges d’urbanisme fixées par la commune et assumées par le promoteur immobilier, un subside de la Communauté française devait d’ailleurs permettre de boucler son financement. Selon le bourgmestre Pierre Huart (MR), la construction de l’école est toujours programmée à l’extrémité du foncier opposée à la place des Déportés, sans qu’on sache à ce stade si elle sera chronologiquement alignée sur la première phase du projet privé, située à l’ouest, entre chaussée de Bruxelles, rue des Déportés et parking SNCB.

Première phase avec école

©Assar / DDV

Cette première phase du long processus de reconversion mixte lancé sur le site urbain désaffecté a été détaillée lors de la réunion publique d’information de ce mardi par Olivier Goldberg et Philippe Ponlot, respectivement Managing Director et Managing Partner de TRE. Celle-ci vise à développer à proximité immédiate (200 mètres) de la gare de Nivelles, du Ravel et de la sortie nord vers l’autoroute E19 (Lillois), un nouveau quartier de 263 appartements multi-générationnels (26.000 m²) privilégiant la mobilité douce et au sein duquel de nombreux services seront proposés : commerces de proximité, professions libérales, et – à confirmer par la ville - école et salle de sport. Un important espace (voiries), bordant notamment la Thines, sera également rétrocédé à la ville.

C’est le bureau d’architecture Assar, associé à DDV, qui est chargé d’en dessiner les abords et les contours, du Masterplan final aux façades. La seconde phase, elle, telle que proposée hier mardi à la population, déclinera sur la partie nord-est du site du logement, une maison de repos, une crèche, des bureaux, un espace de co-working et de l’horeca.

Comme déjà mentionné dans les plans aboutis dans le SAR, mobilité douce, ouverture d’une partie du site au public et préservation de la biodiversité aux abords du projet immobilier ont été détaillées aux riverains. Sans oublier la mise en valeur de la Thines, cours d’eau local oublié qui longe la friche actuelle. Renaturalisées et réaménagées, ses berges seront rendues au public et constitueront une plus-value pour les futurs habitants du site.

"Nous sommes heureux de voir enfin les choses se concrétiser pour redonner vie à cette friche urbaine stérile si proche du centre-ville. Y proposer rapidement du logement aux Nivellois, vu la pression démographique locale, est une chance et une nécessité", résumait Olivier Goldberg à la sortie de la rencontre. Selon son partenaire, Philippe Ponlot, partir des spécificités du Brabant Wallon et de Nivelles en particulier, caractérisée par une mixité d’âges évidente, était une obligation et un atout. "Les habitants que nous avons rencontrés choisissent d’habiter ici pour la proximité fonctionnelle avec les axes routiers ; mais aussi pour la convivialité qu'offre cette ville à taille humaine. C’est là-dessus que nous devons capitaliser", ajoute Philippe Ponlot.

Prochaines étapes

Suite à la réunion d’information publique de ce mardi, une nouvelle étude d’incidence sera réalisée avant l’introduction conjointe du permis d'environnement et de bâtir, prévue au printemps prochain.

Les initiateurs du projet espèrent pouvoir accueillir les premiers résidents de Val de Thines dans deux ans. Le bourgmestre local, Pierre Huart, qui voit défiler les dossiers immobiliers locaux depuis 25 ans sur la table de son bureau et au Collège, se montre pour sa part plus prudent pour l'instant sur l’échéance de la première phase.

©Assar /DDV

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