Urbanities, le projet immobilier qui risque le mélange des genres

Le projet mixte sera résolument tourné vers le quai du canal proche.

Dans le périmètre du bassin de Biestebroeck, Urbanities participe à la naissance d’un pan de ville important où sortent actuellement de terre logements, commerces, crèches, écoles, maisons de repos, ateliers productifs ou d’artisans, espaces de coworking et nouvelles voiries. 10.000 nouveaux habitants y sont attendus d’ici 5 ans.

 

La semaine dernière, Key West, un important développement immobilier porté par BPI et Immobel est arrivé en phase de commission de concertation à la commune d’Anderlecht. L’objectif était de faire avancer le dossier avant l’été pour une obtention de permis rapide. Lors de cette concertation un peu spéciale, vu la période de confinement, les griefs des opposants au projet n’ont pourtant pas manqué: trop massif avec ses 524 appartements, pas assez mixte ni en fonction ni en offre de logements sociaux ou à tout le moins abordables, peu verdurisé, mensonger dans sa présentation imagée notamment le long du canal, etc.

Les concepteurs du projet Urbanities, qui sortira de terre juste à côté sur un site de 2,5 hectares logé entre les rues Dante, de la Petite île, des Goujons et la Digue du Canal, étaient donc prévenus. Ils recevaient justement mercredi dernier, par l’entremise de l’asbl "Quartier Biestebroeck" qui regroupe les acteurs privés présents dans la zone, la visite des autorités régionales et communales. Selon BW Promo (Mont-Saint-Guibert), qui rappelle qu'un PPAS (Plan particulier d'affectation du sol) régit et programme les offres de chacun sur l'ensemble du périmètre, il s’agit cette fois d’un projet-pilote qui se veut différent à plus d’un titre. L'offre sera en effet résolument ouverte à l’activité productive urbaine dans son socle.

Le long du quai de Biestebroeck, les projets immobiliers se chevauchent pour l'instant.

Ce socle productif sera surmonté de tours de logements donnant sur les quais du canal où la circulation routière sera interrompue. La plus haute des tours offrira 14 étages et culminera à 52 mètres de haut. À ses pieds, 15.000 m2 d’espaces modulables seront mis en location, avec pour cible des activités de proximité ou logistiques. Les patrons verraient bien s’y installer des sociétés qui y logeraient leurs stocks-tampons, comme BatiTerre, ou de transport urbain léger comme Urbike.  

Making & Living

"Tout est pensé pour qu'entreprises et habitants ne se dérangent pas mutuellement."
Bernard Jacquet
BW Promo

"On a voulu jouer le jeu pleinement, avec le canal comme moteur. Tout est pensé pour qu'entreprises et habitants ne se dérangent pas mutuellement. À New York, Lyon, Vancouver ou Melbourne, on assiste au même phénomène: les habitants se réapproprient les abords des voies d’eau. Ils y découvrent un autre rythme de vie urbaine et des moyens de déplacement alternatifs. On veut vraiment retisser du lien, initier l’échange, la discussion", explique Bernard Jacquet, l’administrateur délégué. Une grande verrière accentuera la relation entre les deux fonctions. Des espaces partagés permettront aussi de moduler logement et activité dans le complexe résidentiel, avec une mise à disposition commune de chambres supplémentaires, salles de fête, de réunion, bureaux partagés, terrasses, commerces, espaces de détente (piscine chauffée par géothermie) et jardins communs logés le long de la nouvelle coulée verte.

"Cet espace verdurisé sera rendu à la ville et deviendra le parc des Goujons."
Renaud Dinraths
BW Promo

"Cet espace verdurisé sera rendu à la ville et deviendra le parc des Goujons", explique Renaud Dinraths, un des pilotes du projet dessiné par l’équipe d’architectes B2AI-MS et PlusOffice, dont la première phase est en attente de permis. Les travaux devraient être lancés l’été prochain, mais l’échéancier est soumis au démantèlement d’un site Seveso proche, constitué d’un dépôt de carburants (cuves en bord de canal). "La société Cotanco exploitait le site et y a cessé ses activités fin 2019 pour les délocaliser. Mais elle doit encore démonter le tout pour qu’on puisse lancer notre chantier. Le permis de lotir sur l’ensemble de l’îlot, structuré en trois phases de deux lots chacune, est, lui, déjà obtenu depuis fin 2018. Deux autres phases devraient donc suivre rapidement", détaille-t-il.

Plan des trois phases du projet Urbanities.
Les trois phases du projet Urbanities vu du ciel.

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