WeWork s'offre 16.000 m² sur le piétonnier à Bruxelles

La Multi Tower ©Crédit-photo: Conix RDBM.

L’ex-siège bruxellois de Philips pour la Belgique, en cours de reconstruction, accueillera bientôt WeWork, le leader des bureaux partagés.

L’enseigne US leader mondial du bureau partagé WeWork n’en finit plus de s'étendre sur le marché du bureau bruxellois. Après le nouvel immeuble LightOn d’Eaglestone (6.500 m²) situé dans le quartier européen, rue du Commerce 31, c’est dans la Multi Tower, la double tour que Whitewood reconstruit pour l’instant en bordure de la place de Brouckère, que WeWork vient de conclure un un bail locatif: 16.527 m² de bureaux partagés. Cette première transaction de 2019 a été concrétisée par Cushman & Wakefield.

L’ex-siège bruxellois de Philips pour la Belgique, dont la reconstruction selon les plans de Conix-RDBM Architects va bon train, a été acquis fin 2015 par Whitewood et son partenaire d’investissement DW Partners LP (New York). Une fois achevée, la Multi Tower offrira 44.000 m² d’espaces de bureaux et de commerces, y compris un parking public exploité par Interparking.

Village dans la ville planté au carrefour des transports en commun, notamment la station de métro De Brouckère, le long de la plus grande zone piétonne d’Europe, elle se targue déjà d’offrir à ses futurs locataires une accessibilité inégalée.

Pour le CEO de Whitewood, la collaboration active avec WeWork a été un vrai plaisir en raison de l’approche innovante dont l’entreprise fait preuve. "C’est exactement le type de locataire que nous espérions, car il ajoute une dimension à l’aspect multiculturel et diversifié que nous voulons créer dans l’immeuble pour y créer une vaste communauté", précise Frédéric Van der Planken.

Fondée il y a dix ans à peine, la société privée d’investissement immobilier qu’il dirige compte aujourd’hui 60 personnes, intervient en tant que partenaire local pour des clients institutionnels en Belgique et aux Pays-Bas et gère un portefeuille de 750 millions d’euros d’actifs en gestion, répartis sur 60 immeubles et 386 locataires.

La petite qui monte. Trop vite?

Créée à Soho il y a moins de dix ans également, la scale-up WeWork ne cesse de multiplier depuis les espaces de bureaux à son enseigne à travers le monde. En avril 2017, elle ouvrait à Paris son 110e emplacement européen. 

Trois mois plus tard, la holding japonaise SoftBank Corp réinjectait 4,4 milliards de dollars dans la start-up, portant sa participation à 7,4 milliards de dollars. Celle-ci compte aujourd’hui 400 espaces de travail partagés dans une soixantaine de villes et 20 pays, avec une croissance d’expansion à faire peur aux plus prudents.

Pour soutenir ce développement hors norme sur ce segment immobilier d’avenir, SoftBank Corp vient une nouvelle fois d'injecter 1 milliard de dollars dans la jeune société, portant aujourd’hui sa capitalisation à plus de 10 milliards. Hier lundi, le journal "Le Monde" titrait d’ailleurs "WeWork, le phénomène de l’immobilier de bureau, affole les investisseurs", en s’interrogeant sur la santé financière réelle du groupe et sur sa valorisation d’entreprise non cotée atteignant déjà 45 milliards de dollars, juste derrière Uber, autre phénomène perturbant dans son segment de marché.

Pourtant, selon les pilotes de l’enseigne, le secret de cette (sur)valorisation quadruplée en peu de temps est justifié et vise à se positionner sur le marché immobilier du bureau non pas comme un prestataire de        mais comme une véritable entreprise technologique à valeur ajoutée pour ses occupants connectés. D’ailleurs, de grands groupes comme Salesforce, Microsoft ou KPMG l’ont compris et n’hésitent plus à sortir des sentiers immobiliers battus pour loger chez WeWork leurs départements les plus innovatifs et urbains partout à travers le monde, au grand plaisir des "millenials" qu’il faut pouvoir attirer ou fidéliser dans des espaces de travail aux antipodes des bureaux cloisonnés d’hier.

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