Atenor mise sur les capitales d'Europe centrale pour bétonner son dividende

En périphérie parisienne, le projet Bords de Seine est aujourd'hui purgé de tout recours. Le chantier peut débuter et Atenor lorgne déjà le terrain voisin, sûr que l'opération sera très lucrative. ©Atenor

Atenor affiche à mi-exercice des résultats chiffrés peu pétillants. Mais selon le CEO Stéphan Sonneville, la plupart des transactions majeures actuellement en cours se réaliseront encore avant la fin de l'année. Et elles garantiront un dividende au moins égal à celui de l'an dernier.

Le communiqué de presse officiel d’Atenor cadrant les résultats semestriels de la société de promotion immobilière cotée en Bourse de Bruxelles est tombé aujourd'hui. Il est, cette fois, on ne peut plus succinct. Des résultats d’ailleurs plutôt pâles sur papier, avec des revenus opérationnels bridés à 45 millions d’euros (pour 144 millions mi-2017) et un résultat net consolidé (part de groupe) timide de 5,6 millions d’euros malgré le refinancement à la baisse des emprunts obligataires.

Mais CFO et CEO le promettent de concert: la plupart des dossiers imminents en cours se concrétiseront pour la fin de l’année. Et on verra ce qu’on verra, y compris sans doute un premier essai concrétisé soit en Allemagne soit aux Pays-Bas. Soucieux de vision à long terme, Stéphan Sonneville, CEO et actionnaire, rappelle à ceux qui esquissent une moue qu’en dix ans Atenor à multiplié par 4 son portefeuille en développement en le diversifiant tous azimuts pour atteindre aujourd’hui 800.000 m² répartis sur 6 pays et 11 villes. Le total de l’actif atteint d’ailleurs 657 millions d’euros pour des capitaux nets consolidés s’élevant à 141 millions d’euros (21,5% du total bilantaire).

Et quand on le fait parler de ses 18 projets actuels, le patron est toujours aussi loquace, n’éludant aucune question. Pas même celle de savoir si investir de plus en plus massivement – y compris bientôt dans des projets résidentiels - dans des pays d’Europe centrale montrés du doigt pour leurs dérives politiques ou pour les indices avérés de corruption des décideurs en place est vraiment judicieux en termes de 'corporate governance'.

Le complexe University Business Campus, à Varsovie (Mokotow): le projet qui y sera lancé offre pour l'instant un potentiel de développement de 56.000 m2 de bureaux en deux phases. ©Atenor

Loin de se démonter, il se montre même doublement rassuré. "Jamais, dans les projets que nous portons à Varsovie, à Budapest ou à Bucarest, nous n’avons rencontré de décideurs politiques pour emporter le marché. Quant à négocier sous la table, vous savez que je ne mange pas – et ne mangerai jamais – de ce pain-là. Du reste, pas besoin d’aller jusque là-bas pour être confronté à ce genre de dérives... Je le répète: nos projets dans ces pays sont motivés par la présence renforcée sous ces latitudes des sociétés multinationales qui y cherchent aujourd’hui des espaces de bureaux bien davantage qu’à Bruxelles – qui représente toujours 37% de notre portefeuille - et par les taux de croissance remarquables affichés par ces économies, de plus en plus solides, et qui assurent quasi le plein emploi dans les villes où nous sommes actifs. En outre, nous développons là-bas des projets cohérents en ligne avec notre ADN: proches des axes de transport en commun, certifiés environnementalement et d’une qualité au-dessus de tout soupçon qui explique que ces immeubles soient parfois remplis avant même d’être livrés", assène d’une traite Stéphan Sonneville, aujourd’hui à la tête d’une équipe de 70 personnes.

"Nos projets dans ces pays sont motivés par la présence renforcée sous ces latitudes des sociétés multinationales qui y cherchent aujourd’hui des espaces de bureaux bien davantage qu’à Bruxelles."
Stéphan Sonneville
CEO d'Atenor

"Soudée, hautement qualifiée et qui garde la même ‘tchatche’ que lorsque nous étions une vingtaine en 2010... et qu’on prédisait que j’allais me planter et m’enfuir rapidement. Ces 70 collègues ont soif de projets. Et ce qui explique notre diversification accélérée depuis deux ans, c’est qu’il n’est vraiment pas dans nos gênes d’attendre dix ans avant de finaliser un dossier et de le valoriser dans nos résultats, comme c’est trop souvent le cas en Belgique", poursuit-il.

Centre de Conférences de l'UE en point de mire

En Belgique justement, le patron rappelle qu’il dispose de quelques diamants bruts lentement taillés (The One, Realex, Victor, City Dox), qui mûrissent enfin pour l’instant. Avant la fin de l’année, on pourrait ainsi avoir une bonne nouvelle venue de la Commission européenne concernant la localisation de son futur Centre de Conférences. Atenor tiendrait d'ailleurs la corde avec le projet Realex pour trois raisons: il est idéalement situé face au futur siège de l’Union européenne bientôt lancé sur l’îlot Loi 130, il peut respecter le timing imposé et le permis déjà engrangé est modulable si nécessaire pour respecter le cahier des charges imposé.

À entendre le patron, l’avenir d’Atenor est donc résolument prometteur sous toutes les latitudes. Quant aux résultats financiers semestriels proprement dits, ils sont en demi-teinte parce que les principales transactions de l’année ne se réaliseront que d’ici la fin 2018. "Et nous pourrons alors confirmer un dividende légèrement supérieur à celui de l’an dernier. Depuis 15 ans, nous n’avons pas investi à perte dans un seul projet. Notre dividende n’a pas cessé de progresser. Lentement, mais sûrement. Pouvoir annoncer à ses actionnaires qu’ils peuvent réserver leurs vacances 2019 sur base des résultats que nous leur promettons déjà pour mai prochain, n’est-ce pas le rêve pour un investisseur?”

"Depuis 15 ans, nous n’avons pas investi à perte dans un seul projet. Notre dividende n’a pas cessé de progresser."
Stéphan Sonneville
CEO d'Atenor


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