Au Royaume-Uni, être propriétaire à partir de... 10 livres

©HollandseHoogte

C’est un concept nouveau, qui peut paraître absurde à première vue, mais qui représente peut-être une évolution souhaitable pour des marchés immobiliers occidentaux de plus en plus irrationnels.

Le principe du property crowdfunding est extrêmement simple. Tout un chacun peut investir 10, 50, 100, 1.000, 10.000 livres, ou beaucoup plus, dans une propriété mise en vente sur une plateforme dédiée, et recevoir chaque mois une part du loyer obtenu. Alors que ce concept n’a commencé à décoller qu’en 2015, le rendement atteint déjà 7% par an en moyenne. Certains programmes promettent même le double!

Plus-value

Le cas typique est le suivant: pour un investissement de 10.000 livres (13.800 euros) dans une propriété de 100.000 livres avec un loyer mensuel de 500 livres, l’investisseur touchera plus ou moins 50 livres chaque mois, au titre de ses 10% de parts. En sachant que la plateforme se servira avec une commission, qui peut parfois atteindre jusqu’à 25% du prix du loyer.

L’acheteur pourra évidemment réaliser une plus-value s’il revend sa part au bout de quelques années, et que la valeur du bien a augmenté. Le nombre de sites proposant ces produits spécifiques a explosé au Royaume-Uni, avec des dizaines d’acteurs déjà bien établi sur le marché.

Proprio sans dette

L’opportunité est alléchante, et pourrait correspondre à une aspiration profonde des nouvelles générations, découragées par les prix irréels des maisons, et qui ne veulent plus forcément s’enchaîner pendant trente ans à des dettes, et au système de Ponzi que sont devenues les économies modernes.

Dans le property crowdfunding, pas besoin de banque, de crédit, pas de risque d’expropriation, un investissement aussi solide que la pierre, et un rendement largement supérieur à celui des livrets d’épargne.

Quels risques?

Les locataires sont gérés directement par les plateformes ou des entreprises spécialisées. Les investisseurs peuvent diluer le risque en investissant petit dans plusieurs propriétés plutôt que gros dans une seule.

Des risques existent, cependant. Le principal est le manque de contrôle sur le bien immobilier, par exemple sur les éventuels travaux. Cela peut toutefois être vu comme un souci en moins à gérer, avec un gain de temps.

L’autre risque est la difficulté potentielle pour revendre ces parts. Bien qu’elles soient, en théorie, relativement modestes – quelques dizaines de milliers de livres tout au plus – rien ne garantit que le property crowdfunding fera encore recette dans dix ou vingt ans.

Le bien existera toujours, c’est le grand avantage de la brique, mais les investisseurs en property crowdfunding devront probablement être plus patients que la moyenne.

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