Avis de tempête sur l'OPA finlandaise d'Aedifica

D'après Stefaan Gielens, "il faut manger ou être mangé". L'échec éventuel du deal finlandais serait donc un sacré revers pour lui. ©Debby Termonia

Clearance Capital, qui détient près de 9% du capital du finlandais Hoivatilat, appelle à rejeter l'offre d'Aedifica.

L'enthousiasme était de mise lorsqu'Aedifica avait annoncé, début novembre, le lancement d'une OPA sur la société finlandaise Hoivatilat pour 375 millions d'euros. Aujourd'hui, des vents contraires semblent souffler sur l'opération. Le gestionnaire britannique d’actifs Clearance Capital appelle, en effet, à faire capoter l’offre. Il aurait obtenu le soutien de plus du quart des actionnaires.

"Nous sommes arrivés à la conclusion que l'offre ne reflétait pas la valeur et les perspectives uniques de croissance", lit-on dans une lettre ouverte publiée sur le site de Clearance Capital. "Nous avons donc décidé de rejeter l'offre et nous vous demandons de faire de même." 

Clearance espère que la société finlandaise pourra rester indépendante pour poursuivre sa route à moins qu'Aedifica relève de façon substantielle son offre.

Clearance détient 8,6% du capital d'Hoivatilat. Il avance que des actionnaires détenant un total de 28,4% des parts avaient déjà fait part de leur intention de ne pas porter les actions à l'offre d'Aedifica.

Tous espèrent que la société finlandaise pourra rester indépendante pour poursuivre sa route, à moins qu'Aedifica relève de façon substantielle son offre.

Surenchère peu probable

Pour Kepler Cheuvreux, cette publication pourrait mettre en péril l'obtention du seuil de 90% initialement ciblé. "Aedifica pourrait également accepter de conserver une participation supérieure à 50% afin de consolider la société. Ce faisant, nous supposons que les actionnaires existants essaieront d’obtenir une surenchère à 16 euros par action. Toutefois, compte tenu de la prime offerte par Aedifica sur Hoivatilat (prime de 83% sur la valeur liquidative, + 16% sur le cours des actions), nous ne pensons pas que Aedifica fera une surenchère."

Une prime de 16%

L'offre déposée par Aedifica représentait une prime de 16% par rapport au cours de bourse de la veille et de près de 90% sur la valeur d’actif net (7,74 euros par action). Aedifica avait annoncé qu'elle serait entièrement financée par de la dette faisant passer le ratio d’endettement de 39,7% à 50% environ.

À l'heure du dépôt de son offre, le spécialiste belge des maisons de repos avait indiqué avoir le soutien du conseil d'administration du Finlandais et d'actionnaires représentant 19,7% du capital. L'offre court jusqu'au 2 décembre. 

Les ambitions de Stefaan Gielens

L'échec de cette offre serait un sérieux revers pour Stefaan Gielens, CEO d'Aedifica. L'homme n'a jamais caché ses ambitions de devenir un acteur clé dans la consolidation européenne du marché immobilier de la santé. "C'est manger ou être mangé", avait-il déclaré récemment.

En févier, Aedifica avait ainsi bouclé l’acquisition d’un bloc de 92 résidences au Royaume-Uni pour un peu plus de 513 millions d’euros. Des acquisitions ont aussi été opérées en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique.

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