interview

Benjamin Cadranel (Citydev.brussels): "Développer des parcs pour entreprises, c'est rentable"

©Olivier Polet

Avec le projet Northcity, citydev.brussels réinvente le développement immobilier en partenariat mixte. Son administrateur général, Benjamin Cadranel, espère qu'il fera des émules.

Derrière le partenariat public-privé inédit abouti à Haren, on retrouve citydev.brussels. L'organisme de développement urbain ne cesse de s'étendre en Région bruxelloise, surtout le long du canal. Passage en revue avec son administrateur général, Benjamin Cadranel.

Combien de sites gérez-vous dans la Région?

Une quarantaine, qui hébergent au total quelque 450 entreprises à taille variable, de la grande à la très petite, et plus de 25.000 emplois. On essaie de varier l’offre et de répondre à tous les types de demandes, y compris les occupations précaires de sites. 

Outre Northcity, quels sont les projets dans vos cartons?

Nous multiplions actuellement les projets sur le territoire de la commune d’Anderlecht. Notamment Citycampus et Novacity: les chantiers commencent également pour le moment. Il s’agit de deux parcs PME avec une mixité verticale développant des logements au-dessus d’ateliers. On citera également, sur la même commune, Citygate I Marchandise et surtout Citygate II: un projet insérant 15.000 m² d’activités productives au sein d’un quartier de 400 logements avec une école secondaire. Le chantier, lancé en collaboration avec la SLRB, est bien avancé. En collaboration avec l’ULB, nous planchons aussi sur Erasmus City, un parc pour PME couplé à un projet de logements pour étudiants situé à côté de l’hôpital Érasme. Plus petit, Bridget City développera à Schaerbeek un petit parc de PME et des logements moyens et sociaux, non loin du pont Van Praet. Enfin, nous allons lancer la deuxième phase de Magellan (parc PME) à Neder-over-Heembeek. 

"Nous gérons une quarantaine de sites qui hébergent quelque 450 entreprises de toute taille et plus de 25.000 emplois."

Quel est le taux de remplissage actuel pour l’offre dédiée aux entreprises?

Nous dépassons les 90%, avec une demande qui excède l’offre. Les vides sont immédiatement comblés. Un des derniers exemples en date concerne efarmZ, qui quitte le parc Newton pour grandir et se reloge non loin de là en bord de canal: les deux modules quittés ont déjà trouvé preneurs.

À quel prix louez-vous?

Le loyer moyen avoisine 65 euros le m² par an, avec une fourchette variant de 50 euros indexés à 100 euros, selon les services offerts. 

Quel profil type d'entreprises accueillez-vous?

Nous vendons et louons à des PME tournées vers la production en circuit court avec une haute valeur ajoutée et une tendance croissante à l’économie circulaire. Parmi les secteurs-clés, on peut notamment pointer les fabricants-designers de mobilier (menuiserie/ferronnerie), l’agroalimentaire durable (efarmZ, micro-brasseurs, chocolats, insectes) et les récupérateurs-réparateurs d’objets (vêtements, plomberie, etc.).

Quels noms représentatifs?

Parmi les nouveaux venus, on peut citer les restaurants Knees to Chin, la brasserie En Stoemelinks, les chocolats Mike and Becky, le menuisier Custom Cut. Mais ailleurs sur nos sites, on trouve aussi des noms plus connus comme Dandoy, Marcolini, Delvaux, Viangros ou la Brasserie de la Senne. Nous sommes aussi en négociations avec des gens comme Brussels Beer Project ou Ahooga

Quel est l’intérêt des développements mixtes (entreprises-logements)?

L’animation et l’identité du quartier, les synergies entre PME et habitants, à l’opposé des zonings isolés. La création d'emplois de proximité; mais aussi les produits et services offerts à l’échelle locale (réparateur vélo, menuisier, plombier, brasserie locale, alimentaire en circuit court).

Quel est l’intérêt des développements immobiliers en partenariat mixte (public-privé)?

Cela permet de diversifier les modes de production et d’optimaliser celle-ci. On peut ainsi consacrer plus de temps à d’autres projets de parcs PME en parallèle. Ce mois-ci, nous en lançons trois (NovaCity, CityCampus et NorthCity). Cela permet également de répartir le risque, avec un effet d’entraînement pour le secteur privé: plus il y a de parcs PME à Bruxelles, mieux c’est pour l’économie productive bruxelloise. Nous ne cherchons pas à tuer la compétition, mais plutôt à susciter les initiatives privées pour ce type de projets immobiliers, comme nous l’avons fait pour les logements moyens auparavant.

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