Berenberg "achète" Immobel pour sa croissance et son dividende

Marnix Galle, le principal actionnaire et CEO d'Immobel, a pris la direction des affaires en septembre 2019. ©Dieter Telemans

Berenberg a entamé le suivi de l'action du développeur immobilier Immobel avec une recommandation à l’achat et un objectif de cours offrant un potentiel de hausse de 30%. Voici ses arguments.

On le sait, Euronext regorge de valeurs immobilières, les fameuses SIR, qui se spécialisent chacune dans un ou plusieurs créneaux spécifiques comme les bureaux, la logistique, les commerces, les maisons de repos…

A côté des SIR, il existe aussi des développeurs immobiliers dont la vocation n’est pas d’exploiter un parc de bâtiments mais plutôt d’investir dans un projet et de le revendre ensuite. C’est le cas d’Immobel , d’Atenor et de Banimmo .

Immobel qui, pour la petite histoire, est l’une des doyennes de la Bourse de Bruxelles avec une IPO qui remonte à 1863 a connu, en 2016, une nouvelle étape importante dans sa longue existence. Cette année-là, elle a fusionné avec le groupe Allfin avec, comme conséquence, l’arrivée d’un nouvel actionnaire majoritaire (58,9%) en la personne de Marnix Galle. Ce dernier a pris la direction des affaires en septembre dernier et s’est entouré d’un nouveau comité de direction.

Pipeline de 4,4 milliards d'euros

Berenberg, qui a ausculté la société des caves au grenier, recommande un achat de la valeur comme les trois autres brokers qui la suivent déjà. Mais son objectif de cours est le plus optimiste (87 euros) représentant un potentiel de hausse de 29% par rapport au cours de mercredi. Plusieurs éléments ont séduit les analystes de Berenberg.

Tout d’abord, le groupe affiche un pipeline de projets pesant 4,4 milliards d’euros en termes de ventes. "Ayant élargi son spectre passant du développement de bureaux en Belgique au résidentiel et multi-usages allant de pair avec une expansion géographique en Allemagne, en France et en Espagne, le profil bénéficiaire d’Immobel s’est nettement amélioré", estiment Alexander Makar et Kai Klose. Au regard de la qualité du pipeline, ils jugent même que l’objectif de la direction d’un rendement sur fonds propres de 15% en moyenne est plutôt conservateur.

Demande élevée

Deuxième point: dans les zones métropolitaines où Immobel est présent (Bruxelles, Luxembourg, Paris et Francfort), les loyers et les prix du résidentiel ont connu une forte croissance entre 2007 et 2018. Plus globalement, Berenberg, qui souligne la qualité de l’équipe de direction, s’attend à voir la demande immobilière rester élevée et Immobel accroître sa part de marché.

Politique stable du dividende

Troisièmement, selon le broker, 75% du pipeline du groupe, qui compte 75 projets, sera livré d’ici 2024, ce qui générera un résultat net de 139,7 millions d’euros en 2023. Cela correspond à une croissance annuelle moyenne de 35%.

"Si la direction se tient à l’objectif d’un minimum 15% de rendement sur fonds propres, nous prévoyons une politique stable du dividende (contrairement aux années antérieures) avec une croissance annuelle moyenne de 9% sur la même période." En outre, Immobel envisage, à moyen terme, d’élargir sa source de revenus en lançant une plateforme de gestions d’actifs.

Décote de 20% injustifiée

Enfin, Berenberg a constaté que l’action se traitait en bourse avec une décote de 20% par rapport aux autres développeurs immobiliers en Europe. "Étant donné l’amélioration de la liquidité de l’action Immobel et la bonne visibilité des résultats, doublée d'une politique de dividende attractive, nous ne pensons pas que cette décote soit justifiée."

Ce jeudi matin, le titre a grimpé d’un maximum 9% touchant un record historique à 73,6 euros en réaction à la recommandation d’achat de Berenberg.

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