Besix construira l'arche-jardin belge de l'Expo universelle de Dubai

©Vincent Callebaut / ASSAR Architects

Le marché public cadrant le pavillon belge à l’Expo 2020 de Dubai vient d’être attribué. C’est le projet porté par Besix, dessiné par Vincent Callebaut et Assar Architects, qui a été retenu.

Baptisée Green Ark, la vitrine de la Belgique sera ouverte sur le monde, résolument végétale, démontable, passive et axée ‘smart building’.Posons-le d’emblée: si Besix avait raté le coche, cela aurait été une énorme déception pour l’entreprise belge qui a fait du Golfe persique son pré carré depuis des décennies. Cela aurait été aussi – sans doute – une erreur en termes d’efficacité pour l’Etat belge, tant la force de frappe logistique et le carnet d’adresses de l’entreprise de construction sont garants d’efficacité dans la zone concernée. Tant aussi le timing serré imposé par le pays organisateur ne permet pas les erreurs de parcours. D’ailleurs, il se dit déjà que Besix pourrait faire d’une pierre deux voire trois coups, en construisant – économie d’échelle oblige – les stands d’autres pays soucieux de se faire remarquer dans le concert des nations présentes. 

Retisser l’union créative belge

Mais revenons au concept belge gagnant. Celui-ci, nous disent les concepteurs, est né d’un "processus de co-création par la connexion des esprits". Au-delà du slogan “Connecting Minds, Creating Future”, les bureaux d’architecture Assar et Vincent Callebaut ont voulu unir leurs forces pour allier imaginaire d’écoconception et savoir-faire technique, visions innovantes et expertise internationale. Ajoutez à cela la collaboration avec les scénographes Krafthaus et l’artiste belge Arne Quinze et vous obtenez une fusion créative associant architecture, scénographie et art plastique.

Pour Vincent Callebaut -dont les utopies architecturales audacieuses ont mis des années à se concrétiser à Taiwan ou en France, mais pas encore dans son pays natal-, c’est une jolie carte de visite et une première reconnaissance nationale. "Le leitmotiv du pavillon belge est de catalyser architecture, structure, énergie, paysage et scénographie comme si le tout avait été dessiné d’un seul trait de crayon. Et l’Expo Dubaï 2020 est le terrain de jeu rêvé pour faire rayonner l’identité plurielle de la Belgique dans le monde entier en partant de ces fers de lance là. Dans le village global au sein duquel nous vivons actuellement, il est plus que jamais important d’illustrer et de démontrer comment nous, Wallons et Flamands, avons réussi à nous réinventer tout au long de notre histoire en restant résolument unis", motivent en préambule les porteurs fédéraux du projet. Ce message politique là devrait d’ailleurs être surligné par un Kris Peeters (CD&V) en campagne, lors de sa présentation des lauréats, jeudi prochain. Le Vice-Premier notamment en charge du Commerce extérieur sera pour l'occasion flanqué du nouveau Commissaire général belge aux expositions internationales de Pékin (2019) et Dubai, Patrick Vercauteren Drubbel. Cet ex-diplomate récemment retraité a notamment été ambassadeur au Maroc, à Paris et à Rome. Estampillé MR et proche de Didier Reynders, il succède à l'inamovible Leo Delcroix (CD&V), dont la gestion des expositions de Shanghai et Milan n'a pas été un long fleuve tranquille. Pour piloter le navire belge à Dubai, il naviguera en binôme avec Aldwin Dekkers, actuel directeur du Musée M de Leuven. 

Opportunité, mobilité et durabilité

Ces trois grands thèmes un peu tarte à la crème pour l’instant, l’équipe gagnante les a déclinés sur le fond -en imaginant une Belgique intelligente et verte à l’horizon 2050-, et sur la forme, en créant un pavillon qui doit synthétiser par sa seule architecture l’ADN belge sur la scène internationale de demain, en tirant son épingle entre les pavillons de pays aux moyens bien plus importants que le nôtre sans doute. 

L’architecture du lieu, résolument ouverte, permettra une circulation la plus fluide possible. Mais au-delà du rendez-vous mondial de Dubai, le projet a été pensé entièrement démontable pour être reconstruit ailleurs. Besix, qui avait déjà construit le pavillon de l’Expo de Milan, a retenu la leçon pour amortir les coups de construction, de démontage sans casse… et de reconstruction ailleurs.

Une vitrine culturelle… et commerciale 

Pour répondre au cahier des charges complexe, les fonctions et circulations du nouveau pavillon seront clairement réparties sur cinq niveaux, sans oublier les indispensables fonctions commerciales, alias "marchands du temple", qui permettent de tenir les budgets et où les éternels produits du terroir – chocolat, bière, frites-mayo et bande dessinée – seront à nouveau en tête de gondole. 

Au rez-de-chaussée seront donc déclinés les accès visiteurs, VIP et fournisseurs dans les deux piliers qui se font face de part et d’autre de l’agora publique. Le parvis avant, large de 10 mètres, ouvrira sur les fast-foods et leur terrasse commune. Trois magasins seront implantés sur la ligne centrale de l’agora, abrités par la voûte que forme l’arche structurelle du pavillon. En mezzanine seront logés les locaux et espaces administratifs (back-office). Au premier étage seront hébergés les espaces d’exposition dédiés à la scénographie, articulés sur un parcours en trois zones. Au deuxième étage, on trouvera le restaurant panoramique, la cuisine et les espaces VIP du business centre, directement reliés au niveau inférieur par un large escalier (2,40 m) et un ascenseur connecté au rez-de-chaussée.

Enfin, le toit porte en soi la possibilité de créer une terrasse supplémentaire (rooftop bar) moyennant quelques aménagements non inclus dans le contrat initial. 

20.000 personnes attendues chaque jour

La géométrie du pavillon a été pensée pour offrir aux visiteurs le plus grand espace extérieur ombragé et ventilé possible. La grande arche centrale repose sur deux piliers pour minimiser son emprise au sol et fluidifier l’accueil des 20.000 personnes attendues chaque jour; un chiffre qui est loin d’être prétentieux. Cette voûte-agora centrale se déploie en spirale et effectue une vrille de 180 degrés. Elle marque le début de l’expérience du visiteur invité ensuite à découvrir la scénographie immersive au premier étage avant de se sustenter dans le restaurant semi-gastronomique ouvert sur la terrasse du 2e étage. Bien que la mobilité soit le thème principal du pavillon, sa durabilité et l’analyse de son cycle de vie ont été étudiées dans les détails pour minimiser son empreinte carbone, en produisant plus d’énergie qu’il n’en consomme.

Le bâtiment passif sera naturellement ventilé grâce par exemple à des "Malqafs", des cheminées à vent couplées aux circulations verticales qui réduisent au maximum la consommation énergétique nécessaire pour la ventilation mécanique en utilisant l’inertie thermique du sous-sol. La lumière naturelle sera omniprésente grâce aux claustras végétalisés des façades vitrées, mais aussi grâce à la voûte tournoyante qui fera office de moucharabieh contemporain et permettra d’éviter naturellement la surchauffe des espaces intérieurs. Un petit clin d’œil à l’architecture locale.

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