Bruxelles-Ville a fait une percée dans l'immobilier de luxe en 2017

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Les chiffres 2017 cadrant le marché de l’immobilier de luxe dans notre pays viennent de tomber. On note une baisse globale de l’offre sur ce segment et une chute des prix par endroit, surtout pour les biens les plus chers. Comme sur le front de mer, par exemple. A Bruxelles-Ville, les prix demandés s’envolent encore de 23%.

Rien que dans les quartiers huppés de la station côtière knokkoise, il s’est vendu l’an dernier près de 500 habitations de prestige. Et côté prix, le promoteur local Versluys vient de signer une vente à plus de 15 millions d’euros pour un bien de prestige neuf dans le déjà fameux immeuble One Carlton, qu’il est en train de développer sur le coin de la place Albert, la bien nommée "m’as-tu vu".

Le prix au mètre carré y est un niveau exceptionnel: 30.000 euros! L’acheteur est de nationalité belge. Mais il ne s’agit pas de Marc Coucke, qui détient 50% des parts de la SA Versluys désormais. La quasi-totalité des appartements de l’immeuble sont déjà réservés. Il en reste quelques uns. Pour rejoindre ce club select, comptez 4,2 millions d’euros hors frais. S’y faire voir en bonne compagnie devient donc très, très cher.

1/ La niche côtière toujours en pole

2017 semble bel et bien pouvoir être estampillée "année de tous les records" pour Knokke. Mais ce n’est pas le cas partout ailleurs sur le segment du luxe. Sur la plateforme en ligne Immo de Luxe (immodeluxe.eu), on observe une chute des prix de demande pour les appartements de standing avec vue sur mer de près de 20%.

"Les biens tarifés au-dessus de 1,5 million affichent une décote de 17%."
Michael Derose

"Le marché des appartements de luxe existants avec vue sur mer suit la tendance générale: ce qui est affiché au juste prix se vend encore. Ce qui reste sur le carreau, ce sont les biens plus anciens nécessitant des travaux importants pour être remis aux goûts du jour", précise Michaël Derose (Immo de Luxe).

Le marché des villas suit la même logique. 200 villas côtières ont ainsi changé de main l’an dernier autour de 1,5 million d’euros. La plus chère actuellement affichée l’est à 4,685 millions d’euros. Mais les prix des biens les plus selects ne sont communiqués que sur demande: curieux non solvables s’abstenir. Six habitations de ce type actuellement sur le marché le sont dans une fourchette entre 10 et 15 millions d’euros.

Ailleurs en bordure de mer, l’activité sur le segment du luxe se maintient également. "En 2015, nous avions vendu 278 habitations de standing sur la côte. En 2016, on en a commercialisé 450; et 2017 devrait être du même tonneau", résume-t-on chez Caenen Groep.

2/ Plus d’acheteurs belges et moins de francophones à Bruxelles

Le segment immobilier du luxe dans la capitale offre à la vente pour l’instant une centaine d’appartements et 50 à 100 maisons de standing au-dessus de 2,5 millions d’euros. "L’offre reste globalement stable d’un an à l’autre. Mais la vraie question est de savoir si les ventes se concrétisent", nuance Guillaume Botermans, le président de l’agence Sotheby’s International Realty, qui ouvrira une antenne anversoise au deuxième trimestre 2018.

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Et de fait, les ventes se multiplieraient pour l’instant. Depuis l’ouverture de l’enseigne immobilière bruxelloise Sotheby’s sur le segment de prestige en 2014, elle a concrétisé des ventes pour un montant de 206 millions d’euros, dont 85 millions rien que l’an dernier. Les quatre transactions les plus importantes atteignent un total de 25 millions d’euros. Un château s’est négocié 11 millions d’euros et une villa uccloise a changé de propriétaire à 6,5 millions.

Du côté de l’Immobilière Le Lion, spécialisée dans l’immobilier de prestige depuis 40 ans déjà, on parle d’un marché attractif pour l’instant. "2017 a été une meilleure année que la précédente. Les attentats n’ont plus un effet négatif sur la décision des acheteurs. Mais à Bruxelles-Ville, on déplore néanmoins les incertitudes cumulées liées au piétonnier, au changement de bourgmestre et aux émeutes. Résultat: c’est surtout du côté d’Ixelles, de l’avenue Louise et de Val Duchesse (Auderghem) qu’on a multiplié récemment les transactions", détaille Suzanne Belgeonne, qui pilote l’agence.

Difficile d’avoir des chiffres précis sur ces ventes, la discrétion étant une des spécificités des intermédiaires spécialisés. Mais il est clair que Bruxelles-Ville a fait l’an dernier, malgré une actualité chahutée, une percée sur le segment du luxe. Celle-ci est passée de la sixième à la deuxième place dans le classement des communes les plus chères réalisé par le site internet Immo de Luxe. Seule Rhode-Saint-Genèse fait mieux encore pour l’instant.

75%
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Chez Sotheby’s, on chiffre à 75% le ratio d’acheteurs d’origine belge, les Français étant en perte de vitesse après une période faste pour la présidence Hollande, surtout du côté d’Uccle et Ixelles.

Les prix de demande ont quant à eux augmenté en moyenne de 4 à 5%, poussés vers le haut par les acheteurs étrangers même si les Belges sont redevenus majoritaires l’an dernier. Chez Sotheby’s, on chiffre à 75% le ratio d’acheteurs d’origine belge, les Français étant en perte de vitesse après une période faste pour la présidence Hollande, surtout du côté d’Uccle et Ixelles.

"Depuis l’ère Macron, certains expats préfèrent attendre avant d’acheter, quitte à louer très cher, parfois jusqu’à 15.000 euros par mois. Mais de revente, il n’est pas question, et il reste bien difficile de trouver une maison en parfait état avec garage et jardin dans les quartiers prisés par les Français", précise-t-on hez Sotheby’s.

3/ Le pouvoir d’achat des Belges en hausse partout

"Il y a encore de belles marges à réaliser sur l’immobilier de prestige chez nous si on compare les prix avec ceux pratiqués ailleurs."
Immobel

Hier encore cornaqués par les acheteurs français ou néerlandais les plus fortunés, le marché de l’immobilier de prestige voit revenir en force les acheteurs belges et principalement flamands. Après la Côte, le Brabant flamand, Gand ou Anvers, ceux-ci sont également de plus en plus actifs et incontournables dans les quartiers huppés de la capitale où ils font exploser — par promoteur interposé — le prix des fonciers encore à bâtir. "Nombre d’entre eux ont réalisé de beaux placements et ne veulent plus thésauriser sur des comptes qui ne rapportent plus rien", indique-t-on chez Versluys.

"Il y a encore de belles marges à réaliser sur l’immobilier de prestige chez nous si on compare les prix avec ceux pratiqués ailleurs", renchérit-on chez Immobel, qui multiplie les développements résidentiels de niche pour l’instant.

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