C'est à nouveau la fiesta sur le marché immobilier espagnol

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L'Espagne a retrouvé en 2017 son volume de transactions immobilières d'avant-crise. Toutefois, les prix restent inférieurs à ceux observés lors de la bulle, selon des chiffres officiels publiés ce lundi et il faudra encore du temps pour que le secteur de la construction tourne à plein régime.

Avec près de 465.000 opérations de vente/achat de biens immobiliers enregistrés en 2017, l'Espagne retrouve le sourire en même temps que la cadence affichée avant la crise de 2008. Selon le rapport du Registre espagnol de la propriété, l'an dernier le pays a dégagé "le chiffre annuel le plus élevé depuis dix ans", soit environ 15% de mieux qu'en 2016.

Les étrangers, et parmi eux les citoyens belges, restent friands de la brique espagnole. Selon le registre, un peu plus de 13% des achats immobiliers ont été faits par des étrangers l'an dernier, Britanniques et Français en tête. La Belgique reste dans le top 5 de ce classement et les Belges se partagent un peu moins de 7% du parc immobilier espagnol acheté par les étrangers.

Le chiffre est stable depuis quatre ans et, hormis la Catalogne, les régions balnéaires sont toujours aussi prisées, avec une forte poussée des achats effectués par les étrangers dans les îles Baléares (35%), les îles Canaries (29%) ou dans la région de Valence (27%).

"Même si les ventes dépasseront probablement les 500.000 propriétés en 2018 pour la première fois en dix ans, cela reste loin du niveau de près d'un million de ventes par an d'avant 2007"
L'agence Moody's

Les prix augmentent moins vite

En ce qui concerne la valeur des biens, la hausse est moins franche. Les prix, qui s'étaient effondrés avec l'explosion de la bulle immobilière en 2008 avant de repartir en 2014, ont progressé en 2017, de 7,6% en moyenne sur l'ensemble du pays par rapport à l'année précédente. Ils restent toutefois inférieurs de 21% au niveau atteint en 2007.

©REUTERS

Le boom immobilier espagnol amorcé à la fin des années 1990 avait provoqué une flambée des prix déconnectée de la valeur réelle du marché, qui a culminé en 2007. La bulle a ensuite explosé sous l'effet de la crise financière mondiale, ce qui provoqué une panne sèche de l'économie espagnole, empêchant de nombreux emprunteurs, particuliers comme professionnels, de rembourser leurs crédits.

A présent, cet épisode semble appartenir au passé. La reprise immobilière est nourrie par la forte croissance économique espagnole, qui a atteint 3,1% en 2017, soit une troisième année d'affilée au-dessus de la barre des 3%. Des performances qui ne laissent pas les agences de notations indifférentes. Ces dernières louent en effet "les taux d'intérêt bas ainsi que le recul du chômage", deux facteurs qui "facilitent l'accès à la propriété", estime une agence Moody's qui préfère encore rester prudente.

Il faute dire que le niveau d'activité dans l'immobilier est encore plus raisonnable que lors des excès des années 2000. "Même si les ventes dépasseront probablement les 500.000 propriétés en 2018 pour la première fois en dix ans, cela reste loin du niveau de près d'un million de ventes par an d'avant 2007", souligne Moody's. L'activité de construction, bien qu'en redémarrage, "n'atteint que 40% de ses niveaux d'avant-crise en 2007", précise Moody's.

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