Changement de pilote et d'actionnaire principal chez ERA

Le nouveau co-CEO d'Era, Johan Krijgsman. ©ERA

Johan Krijgsman devient le nouvel actionnaire principal et le plus important représentant externe du plus grand réseau de courtiers immobiliers du pays.

Dans le secteur immobilier, si un homme de 33 ans, quasi inconnu au bataillon, devient soudainement actionnaire principal du plus grand réseau de courtiers du pays, on peut légitimement penser que sa famille fortunée est derrière lui. Rien de tout ça dans le cas de Johan Krijgsman. Personne dans la famille, originaire de Berlare, n’est dans l’immobilier: ses parents étaient travailleurs indépendants. Ce qui n’empêche pas aujourd'hui le jeune patron flamand de devenir d’un coup co-CEO et figure de proue externe d'ERA Belgium.

Le nouveau pilote a pourtant commencé au bas de l’échelle, dans un petit bureau de l’agence ERA de Saint-Nicolas-Waas en 2006. Lorsqu'il a posé sa candidature, il a immédiatement déclaré au patron qu'il souhaitait disposer de son propre bureau le plus rapidement possible. Et il a tenu parole. Au bout d'un an, il l’avait. Et deux ans plus tard, il rachetait son partenaire. Aujourd'hui, Krijgsman, avec six bureaux ERA répartis dans le Waasland, est le plus puissant des 61 gestionnaires affiliés à la chaîne de courtage. Il vend 400 maisons par an, assure la location de 300 autres et affiche un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros en ventes résidentielles. À titre comparatif, le réseau entier commercialise environ 5.000 maisons par an.

Le montant payé par Krijgsman pour acquérir une participation majoritaire dans la master franchise belge du puissant réseau américain ERA n'a pas été révélé. Mais il est clair que le nouvel actionnaire est ambitieux et a su négocier avec les deux hommes forts actuels, tous deux proches de la soixantaine: il souhaite rapidement faire passer la filiale belge de 110 à 150 bureaux et a su convaincre ses partenaires qu'il était le candidat idéal à leur succession.

Johan Krijgsman, entouré de Pol Vanacker et Iain Cook. ©ERA

Passation de flambeau

Dans cette tâche, il sera donc assisté par Iain Cook (59 ans), co-CEO déjà en place et propriétaire du réseau ERA Belgique depuis 25 ans aux côtés de Pol Vanacker (63 ans). Il pourra donc compter sur l’expertise et l’aide de Cook pour se faire les dents. Après le boom du secteur et la crise de 2009, le jeune entrepreneur de 33 ans dit avoir pu développer son activité "grâce à l'honnêteté et à une plus grande focalisation sur les clients et le marketing".

Mais la croissance à laquelle il aspire aujourd’hui sera d’une autre dimension. Il doit en être conscient à l’heure de la numérisation, de la réglementation de plus en plus complexe et de la concurrence en ligne. Certains estiment même révolu le temps des réseaux franchisés de courtiers immobiliers. Le nombre de ces derniers a en effet dépassé les 10.000 au cours des sept dernières années. Et les derniers avatars de Century 21, le réseau concurrent en Belgique, ont montré toutes les failles du système.

Combler les angles morts, d’abord en Wallonie

Pendant ses temps libres, Krijgsman est joueur de football en troisième provinciale, les pieds bien ancrés dans sa région. Loin de ne viser que les villes et l’habitat dense, il veut faire disparaître de la carte géographique belge tous les angles morts où le réseau de courtage est encore inopérant. Et il cible principalement la Wallonie, trop peu couverte pour l'instant: 90 des 110 bureaux du réseau ERA actuel sont en effet situés en Flandre.

Pour y parvenir, il dit s'intéresser aux entrepreneurs qui souhaitent entrer dans le secteur immobilier, aux personnes qui travaillent déjà dans le secteur et rêvent de disposer de leur propre bureau ou de bureaux indépendants existants. Aux yeux de Krijgsman, il est évident qu'une nouvelle vague de fusion et de concentration s'annonce dans le secteur. "La tendance est également perceptible dans des secteurs similaires tels que celui des assurances et des comptables", insiste-t-il. A bon entendeur concurrent, salut…

Le fait que Krijgsman veuille encourager les autres à créer leur propre bureau indépendant ne surprend personne dans son entourage. Dès son plus jeune âge, il s'est intéressé à tout ce qui avait trait au logement. À l'âge de 18 ans déjà, il hésitait entre l’immobilier ou le commercial au sens large. S’il a choisi la seconde option, c’est parce qu’elle offrait alors à ses yeux "davantage d'opportunités en affaires". Mais après la première année, il a changé de cap et pris celui de l'immobilier. Pour ne plus le quitter. 

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