Cofinimmo s'oppose à la sauvegarde de son immeuble Royale Belge

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Le propriétaire de l'immeuble emblématique situé au 25 du boulevard du Souverain à Watermael-Boitsfort a entamé des discussions avec l'administration régionale pour tenter de motiver un abandon de la procédure d'inscription du bien sur la liste de sauvegarde. Il a par ailleurs introduit - à titre conservatoire - une demande de recours en annulation auprès du Conseil d'Etat.

Depuis mai dernier et l’adoption par le gouvernement bruxellois d’un d’arrêté demandant l’entame de la procédure d’inscription de l’immeuble Royale Belge (ex-siège d’Axa), situé au 25 du boulevard du Souverain à Boitsfort, sur la liste de sauvegarde de patrimoine immobilier régional, le discret processus mené avec la représentation US pour loger la nouvelle ambassade des Etats-Unis sur le site est gelé.

Le hic, c’est que la demande de procédure d’inscription qui vise à sauvegarder en l’état le bâtiment central existant et les jardins environnants, lancée par la Région et soutenue par la commune de Watermael-Boitsfort, hypothèquerait quasi définitivement le scénario de loger sur le site, dans un immeuble repensé sur mesure, la future ambassade US.

Discussions entamées avec l’administration régionale

"Un nombre de points importants n’avaient, selon nous, pas été pris en considération avant de lancer la demande d’inscription de notre propriété sur la liste de sauvegarde”
Jean Carbonnelle
CEO Cofinimmo

Nous avions un délai pour répondre à l’administration régionale; et fin septembre, nous avons envoyé les remarques documentées que nous jugions pertinentes pour informer l’autorité régionale sur un nombre de points importants qui n’avaient, selon nous, pas été pris en considération avant de lancer la demande d’inscription de notre propriété sur la liste de sauvegarde”, motive le CEO de Cofinimmo.

Jean Carbonnelle dit avoir également en parallèle introduit il y a un mois un recours en annulation auprès du Conseil d’Etat, “à titre conservatoire, car la discussion avec l’administration – Bruxelles Urbanisme et Patrimoine et la direction des Monuments et Sites - n’en est qu’au début. Et je répète que nous ne remettons nullement en question la nécessité de sauvegarder le site qui est visé!”, insiste le patron.

Les principaux griefs du propriétaire

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Parmi les remarques transmises par Cofinimmo à l’administration régionale figurent surtout des arguments techniques. Le propriétaire fait d’abord remarquer que, même si on surmontait ces contraintes techniques, le bâtiment actuel serait défiguré. En effet, l’armature en corten visible en façade est accrochée à la structure porteuse de l’immeuble; elle s’érode et ne peut être remplacée à l’identique, tout comme non plus les vitrages teintés, qui ne sont plus fabriqués.

D’autres points techniques sont mis en avant pour remettre en question la sauvegarde à l’identique du bâtiment, comme son (in)efficacité énergétique (ponts thermiques), son non-respect de la protection au feu ou aux normes actuelles de résistance sismique. En outre, le CEO de Cofinimmo évoque également des réalités de marché et l’absence structurelle, dans la zone décentralisée concernée, de demandes pour des espaces de bureaux de cette dimension.

Et la suite?

Si la demande d’inscription est maintenue par l’autorité régionale au terme des discussions actuellement en cours avec le propriétaire, celle-ci aboutira sur la table de la CRMS (Commission royale des Monuments et Sites) chargée de juger sur pièces du bien-fondé de classer ou non l’immeuble concerné et ses abords. Mais l’examen du dossier et l’avis ne devraient sans doute plus aboutir avant la fin de l’année.

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