Divorce à l'italienne autour du nouveau siège de la Police d'Anvers

Au total, le projet POST X s'étalera sur 130.000 m² ©Iret

Le torchon brûle entre le promoteur immobilier IRET Development et l’entreprise de construction Besix. En cause : des retards sur le chantier de construction du nouveau siège de la Police anversoise, dont le premier attribue la responsabilité au second.

Dans le cadre du dossier DBFM (Design/Build/Finance/ Maintenance) du Master Building de la police locale d'Anvers, le groupe IRET annonce ce jeudi soir avoir été contraint de mettre fin immédiatement à son accord de partenariat avec l’entreprise de construction Besix afin de garantir la continuité du chantier en question et de limiter autant que possible les dommages et les retards qui résultent du différend entre les deux entreprises partenaires.

Attribué en novembre 2017 à la société Post X LPA, une filiale du groupe IRET, le contrat en question court sur 25 ans et englobe la conception, la construction, le financement et la maintenance du futur bâtiment principal de la police locale d'Anvers. 

IRET prétend avoir été pris en otage par Besix depuis un certain temps. "Toute tentative de notre part pour trouver des solutions aux fautes professionnelles répréhensibles persistantes commises par Besix est sans issue et confirme donc la nécessité d’une intervention unilatérale de notre part", indique dans un communiqué la direction du groupe de développement immobilier anversois.

Celui-ci dit être motivé dans son action lancée jeudi par le seul souci de réduire les dommages causés par "une attitude juridique dommageable dans le chef de Besix" et par le souci de respecter le programme imposé de plus de 20.000 points à la fois pour la ville d'Anvers, la régie publique AG Vespa (Vastgoed et stadsprojecten voor Antwerpen) et la police locale, le tout dans le délai imparti de 29 mois.

Manque de coopération 

Selon IRET, dans un projet de cette taille et de ce niveau de difficulté, l’équipe de construction se doit de collaborer avec l’équipe de conception, le sous-traitant EPC et le client pour coordonner les souhaits avec les possibilités techniques et leur effet sur le prix de revient et les délais nécessaires à la mise en œuvre. Mais Besix se refuserait ici à toute coopération pour des motifs juridiques en ouvrant la boîte de Pandore des travaux supplémentaires et des dépassements de délai. 

"Après un an et demi de travaux, Besix a officiellement annoncé, après plus de 300 lettres recommandées, que le chantier ne pourrait être bouclé que fin 2021, soit exactement un an et demi plus tard que ce qui était prévu dans le calendrier de construction initial. Les dommages qui en découlent sont tels que Post X LPA ne voit plus d'autre solution que de résilier le contrat qui le lie au constructeur. Entre-temps, nous avons pris les mesures nécessaires pour assurer la continuité de la mission de conception et de construction et nous sommes convaincus que le projet peut encore être réalisé dans le cadre et les conditions contractuelles fixées. Mais nous ne voulons plus être victime d'une faute professionnelle incombant à un partenaire tiers qui tente délibérément de tirer financièrement profit d'une procédure DBFM qui le lie à nous", argue la direction d'IRET.

Contacté tard ce jeudi, le CEO de Besix Group, Rik Vandenberghe, se dit surpris de la réaction de son partenaire anversois. "J'ai pris connaissance comme vous des déclarations du groupe IRET. Nous regrettons que les faits soient exposés d'une manière à ce point erronée et trompeuse. Nous ne souhaitons pas commenter davantage ce différend à ce stade, mais nous évaluons toutes les actions possibles, en ce compris judiciaires, afin de répondre à cette situation inacceptable. La qualité de nos réalisations à travers le monde témoigne de notre engagement quotidien et de notre expertise. Et ce, depuis plus de 100 ans déjà!".

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