Et si vous achetiez une maison préfabriquée, posée en un jour?

Sur la chaîne de montage, on travaille à l’horizontale. ©Dieter Telemans

En rachetant le brevet d’un professeur Nimbus carolo, Frédéric Mercier était loin de se douter qu’il mettrait au point, dans son entrepôt de Clabecq, des maisons certifiées, faites pour durer et vendues à un prix défiant toute concurrence.

Il faut la chercher pour la trouver, l’entreprise Modulart. Tapie dans un ancien entrepôt des Forges de Clabecq à Tubize, c'est ici que Frédéric Mercier, notre guide du jour et directeur commercial de l’entreprise de construction Modulart, y reçoit ses clients: des particuliers, des promoteurs immobiliers et des petits promoteurs privés.

Depuis le lancement de la production en 2004, environ 1.800 modules habitables sont sortis des chaînes de montage. Aujourd’hui, l’entreprise wallonne est la seule société belge de son segment à disposer d’un agrément technique européen. Cela lui permet par exemple d’emporter des marchés à Toulouse ou en zone sismique ailleurs. Elle construit aujourd’hui des crèches, des écoles, des bâtiments polyvalents et plus seulement des habitations. Parfois, elle lotit; parfois aussi, elle va jusqu’à jouer le rôle de promoteur.

Ce qui séduit dans le concept?

• Le prix,
• La rapidité d’exécution,
• La rapidité de livraison,
• Le fait qu’il n’y ait pas de chantier à durée variable à planifier.

8 heures pour poser une maison

"En outre, nous ne ne faisons pas payer des avances. Le client paie 90% du total à la livraison, rien avant. Et l’autre gros avantage, en matière de budget, c’est qu’entre le devis et la facture, le prix change au pire de 2%. Notre prix est fixe. Dans la construction neuve classique, c’est rarement le cas…", détaille Frédéric Mercier.

"En trois semaines, tout est terminé et vous y posez vos valises et votre brosse à dents!"
Fédéric Mercier
Directeur commercial de Modulart

Pour le moment, l’entreprise achève de produire quatre maisons pour un petit lotissement situé à Fernelmont. "En trois semaines, tout est terminé et vous y posez vos valises et votre brosse à dents! Nous pouvons en sortir une par semaine de la chaîne, en intercalant les urgences si un client est très pressé. Et nous sommes en flux tendu: on ne stocke rien. Une de nos forces, c’est la précision, avec un contrôle qualité en usine", résume-t-il.

Au début, vu la mauvaise presse du préfabriqué en Belgique à l’époque, l’idée retenue par les nouveaux associés pour vendre leurs maisons d’un autre type n’est pas de mettre le paquet sur la publicité, mais de faire une promotion groupée de quatre maisons d’un nouveau type et de les mettre en vente à un prix imbattable, histoire de faire le buzz et de créer un appel d’air. "On a acheté le terrain à bas prix à Lodelinsart et on y a construit à risque quatre maisons trois chambres, complètement achevées et équipées. On les a vendues, terrain compris, à 125.000 euros, soit le prix d’une maison centenaire et poreuse. Elles sont parties tout de suite. Et on a eu de suite une référence dans la zone", se souvient-il.

©DENIS CLOSON / ONESHOT.BE

L’entreprise se positionne sur le segment du neuf – alors encore peu couru – sur Charleroi et autour, où les terrains sont encore très bon marché et permettent de vendre à prix plancher. 33 maisons sont vendues à Jumet, 24 à Roux. Le tout sur plan, avec 3 ou 4 bureaux d’architectes différents. Pour une maison 3 chambres avec un budget de 140.000 euros, personne n’est alors concurrentiel. La clientèle se diversifie et s’étend, les taux d’intérêt en baisse font le reste.

Et 13 ans plus tard, les premières maisons sorties de la chaîne Modulart vieillissent bien… et se revendent bien. Leur structure indéformable et autoportante (béton blindé sur toutes les faces) les rend uniques. Moyennant respect d’un process bien rodé comprenant de bons essais de sol, des études et des plans de fondations, la structure est d’une stabilité inégalée si les plots qui la soutiennent sont bien posés. À la limite, on pourrait même la déplacer. Parfois, si le sol est instable, on met des pieux. "Plus le sol est mauvais et plus on est concurrentiel par rapport à une construction traditionnelle, forcément moins stable car tous les murs ne sont pas armés", conclut Frédéric Mercier.

 

"On a mis la gomme"

La création de Modulart date de 2004 déjà. Pour faire court, tout remonte à la rencontre, un peu forcée, avec un inventeur carolo, original et persuasif. "Marc Louis m’a téléphoné un jour pour me dire qu’il fabriquait des maisons en béton qu’il montait en un jour. Personne n’en voulait, ni n’y croyait. On était en 2003. Au début, j’ai dit, comme les autres, que cela ne m’intéressait pas. La phrase ‘je fais des maisons en béton en un jour’ ne me paraissait pas très crédible. Ajoutez à cela, je m’en excuse déjà, que c’est un Carolo qui vous le lâche et vous vous méfiez spontanément deux fois…"

"Soit on arrêtait, soit on mettait la gomme. Et on a mis la gomme…"
Frédéric Mercier
Directeur commercial de Modulart

Suite aux rappels récurrents de Marc Louis (Foncière Bruca), Frédéric Mercier va quand même voir à Charleroi à quoi ressemblent ces maisons construites en un jour. "J’ai vu le chantier, les grues, les camions… et la maison finie, clé sur porte. On était très loin de la qualité qu’on obtient aujourd’hui: c’était une construction très rudimentaire, mais solide et pas cher. Et ça fonctionnait! Les gens vivaient dans du neuf à un prix très compétitif", explique-t-il.

Il décide d’abord d’investir pour produire une habitation par mois de son côté.  Mais il fait rapidement le constat qu’une par mois, vu le concept, ça ne vaut pas la peine. "Soit on arrêtait, soit on mettait la gomme. Et on a mis la gomme… On a repris le brevet, qui avait eu la médaille d’argent à Genève en 2000.  Ce contrat court jusqu’en 2020, avec possibilité de prolongation", poursuit le patron, qui se consacre exclusivement à Modulart avec son associé actif, Ghislain Carpentier de Changy.

©Dieter Telemans

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