Hôtel, piscine et coworking dans les murs de l'ancien siège d'AXA

L'ex-siège de la Royale Belge sera reconverti d'ici 2023 en quartier urbain multi-fonctions logé dans un écrin de verdure entièrement restauré. ©Caruso-StJohn/Bovenbouw/DDS+

La Belle au Bois dormant de Watermael-Boitsfort, l'ex-siège de la Royale Belge fermé depuis 3 ans, est en passe de revivre un nouveau conte de fées. Ses propriétaires déposent un projet immobilier inédit et très respectueux des lieux dans les jours qui viennent.

On vous situe d’emblée l’ambition: on parle d’un projet à 100 millions d’euros lancé sur un site unique à échelle régionale. Du haut de son demi-centenaire d’existence, le bâtiment emblématique qui y trône a déjà une histoire longue comme un jour sans pain. Et sa nouvelle affectation devrait en faire d’ici 2 ans un des futurs lieux de rencontre du sud de la capitale. On vous explique pourquoi.

Les façades historiques signées Dufau et Stapels seront préservées et les vitrages changés à l'identique. ©Caruso-StJohn/Bovenbouw/DDS+

Rien n’a été simple, jusqu’ici, pour redonner vie à l’ex-siège de la Royale Belge conçu par René Stapels et Pierre Dufau vers 1970 et délaissé par Axa, son dernier occupant, il y a plus de 3 ans déjà. On y a longtemps logé la future ambassade des Etats-Unis. Puis une inscription sur la liste de sauvegarde du patrimoine par la Région de la totalité de l’immeuble principal (comme monument) et d’une partie de son parc (comme site) est venue freiner les ardeurs du propriétaire d’alors – Cofinimmo – et de l’administration US.

Finalement racheté il y a un an par un consortium de promoteurs réunissant Cores Development (50%), Urbicoon (25%), Foresite (Benoît de Landsheer, 20%) et APE (Eric Verbeeck, 5%), l'ensemble du domaine dont fait partie le futur Souverain 25 semble aujourd’hui enfin sortir de sa longue léthargie.

©Caruso-StJohn/Bovenbouw/DDS+

Le permis du projet voisin attaqué devant le Conseil d'Etat

Juste à côté du Souverain 25, les mêmes promoteurs ont racheté - à Cofinimmo également - le site de bureaux du Souverain 23. Les nouveaux propriétaires ont d'ailleurs obtenu en mars dernier un permis d’urbanisme sur base du projet de reconversion en appartements initialement porté par l’ancien propriétaire selon les plans du bureau d’architectes A2RC.

On apprend aujourd’hui qu’un recours en annulation devant le Conseil d’Etat a été introduit contre ce permis par l’Asbl Les Amis de la Forêt de Soignes. Ce massif forestier débute en effet en bordure de la propriété appelée à être transformée en immeubles d’appartements, juste à l’entrée de la commune de Watermael-Boitsfort, côté sud.

Fédérer pour avancer

Pour réveiller le phénix, il y a d’abord eu, très rapidement, un important travail de recherches et de recensement d'archives patrimoniales mené par l'architecte Francis Metzger (MA2). Puis, un concours réunissant judicieusement dans son jury toutes les parties concernées par le dossier (maître-architecte, commune de Watermael-Boitsfort, Direction des monuments et sites) a été lancé. Tous semblent avoir été convaincus par le projet présenté alors par l’équipe réunie autour du tandem d’architectes anglo-belge Peter St John (Caruso-St John) et Dirk Somers (Bovenbouw Architectuur), renforcé par DDS+. "Nous avons surtout été séduits par leur concept original pour redonner vie au bâtiment historique et y faire cohabiter les nouvelles fonctions. Nous avions deux priorités: montrer aux futurs occupants et visiteurs que le projet a été pensé comme un tout et non comme l’addition de plusieurs fonctions. Et faire revivre au maximum l’immeuble originel dans son jus en renforçant son ADN historique", détaille Nicolas Billen, en charge du projet chez Cores Development.

Pour organiser les circulations entre les futurs occupants, les concepteurs ont imaginé une grande ouverture à travers le socle principal (le cylindre) permettant de créer une connexion plus vivante à travers les étages, en apportant également de la lumière naturelle dans la partie la plus sombre de ce socle. Au passage,  l’entrée depuis les niveaux de parking en sous-sol (443 places), qui était très discrète et peu attirante, y gagne en cachet et visibilité. 

Un cylindre central viendra dynamiser les circulations en coeur de complexe. Il apportera en outre de la lumière naturelle dans le socle. ©Caruso-StJohn/Bovenbouw/DDS+

Mêler les genres, diversifier les fonctions

Dans le cahier des charges initial fixé par les nouveaux propriétaires, la programmation se voulait diversifiée dans la verticalité de l’immense bâtiment en croix, initialement dédié au bureau de pied en cap. "A ma connaissance, il n’y a pas de programme similaire en Belgique qui combine, en strates horizontales, autant de fonctions différentes", poursuit Nicolas Billen, lors de la visite des lieux, où il positionne dans l’espace cru et vide les futures affectations. On vous résume, à la grosse louche: dans le socle (3 niveaux inférieurs) prendront place réception, auditoire (300 places), salles de réunion, restaurants et bars, club de sport et wellness (4.400m²) avec vue sur parc, lobby de l’hôtel et piscine.

©Caruso-StJohn/Bovenbouw/DDS+

212
chambres
C'est la capacité d'accueil de l'hôtel intégré dans l'ensemble du projet mixte. Il sera aménagé et géré par l'équipe de Jean-Michel André (Limited Edition Hotels), tout comme les espaces de restauration.

L'aménagement des espaces de bouche gérés par Limited Hotels Edition devrait encore évoluer pour faire revivre la structure du bâti existant rouverte sur les jardins et la piscine extérieurs. ©Caruso-StJohn/Bovenbouw/DDS+

Dans la croix et les étages supérieurs seront distribués les chambres de l’hôtel (étages 3 à 5) et les espaces de bureaux (étages 6 à 10). Bureaux et espaces de coworking seront répartis sur pas moins de 21.000 m² avec de magnifiques vues sur le parc et une luminosité naturelle préservée par des vitrages à l’identique, mais technologie dernier cri. L’hôtel, lui, offrira 212 chambres. Il sera aménagé et géré par les Belges de Limited Edition Hotels: Jean-Michel André et son équipe ont déjà montré à plusieurs reprises leur savoir-faire pour redonner vie à des immeubles urbains en reconversion; mais ils se sont rarement attaqué à aussi gros morceau.

©Caruso-StJohn/Bovenbouw/DDS+

"L'immeuble ne sera plus, comme avant, un immense phare dans la nuit."
Nicolas Billen
Cores Development

En quittant le site, Nicolas Billen attire notre attention sur un dernier point: "Le grand étang – classé Natura 2000 – et les jardins à l’entour seront restaurés dans l’esprit initial du lieu par l’architecte paysagiste Anne-Marie Sauvat (Eole). On veillera aussi à améliorer la qualité écologique du site en limitant l’impact de l’humain – notamment via l’éclairage – sur la faune et la flore. L’immeuble ne sera plus, comme avant, un immense phare dans la nuit...", précise-t-il.

Timing serré

La demande de permis d’urbanisme sera introduite auprès de l’administration régionale dans les jours qui viennent. Et les porteurs du projet espèrent encore débuter les travaux avant l’été prochain pour ouvrir les portes dès janvier 2023 aux nouveaux locataires. Parmi ceux-ci, outre les gestionnaires de l’hôtel, plusieurs noms circulent. Il est question de loger une célèbre institution financière dans les deux derniers étages de la croix. Plusieurs cabinets d’avocats et sociétés de consultance sont déjà pressentis. Un projet d’école tournée vers la forêt et l’autonomie est également sur la table.  

L'immense lobby du rez sera réaménagé en préservant l'ADN du lieu. ©Caruso-StJohn/Bovenbouw/DDS+

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