Hubert Gosse, le Belge qui a conquis l’immobilier de loisir argentin

Hubert Gosse vit depuis 27 ans en Argentine.

A la tête d’un prestigieux " resort ", Hubert Gosse rachète, viabilise et vend d’immenses domaines en Argentine pour en faire des propriétés axées sur les loisirs et le tourisme vert.

Hubert Gosse a appris à se méfier. Des émissions un brin racoleuses de télés françaises sur ses activités l’ont rendu prudent quand on évoque le petit empire immobilier qu’il a constitué en Argentine. «On n’y parlait que d’argent, de bling-bling, mais ma présence en Argentine résulte avant tout d’un choix de vie», répètera plusieurs fois le quinquagénaire.

"J’ai vite senti que j’étais un fils à papa, j’ai voulu prendre mes distances. J’étais en quête d’une vie plus aventureuse, de nature et de grands espaces."
Hubert Gosse
Président de Burco America

Après une licence en droit et une formation en écologie, Hubert Gosse travaille trois ans dans la société immobilière de son père. « J’ai vite senti que j’étais un fils à papa, j’ai voulu prendre mes distances. J’étais en quête d’une vie plus aventureuse, de nature et de grands espaces », se souvient-il.

C’est néanmoins son père qui lui mettra le pied à l’étrier. En 1993, il met le cap sur l’Argentine où celui-ci a des connexions. « C’est vrai, dit-il. Il m’a permis de me lancer dans les affaires. » Dans la province de Santiago del Estero (nord), il rachète des terres en friche où il cultive du sorgo (fourrage) et du soja. « J’en suis sorti après trois ans car ce n’était pas en ligne avec mes convictions», affirme-t-il.

Coup de foudre

Fin des années 90, lors d’un voyage en Patagonie, au pied de la Cordillère des Andes, c’est le coup de foudre. Hubert Gosse rachète en 2001 près de la petite ville de San Carlos de Bariloche un domaine comptant un petit golf et quelques chalets. Situé à plus de 1.600 km de Buenos Aires, l’endroit est magnifique : montagnes, forêts, lacs. Un paysage de carte postale qui lui vaut le surnom de « Suisse argentine ».

Avec des investisseurs, dont le plus grand fonds de pension du Canada, il va en faire un des « resorts » les plus courus du pays : hôtel, golf de 18 trous, terrains de polo, piscine, club house, marina, domaine skiable, maisons et appartements… Baptisé Arelauquen, le domaine s’étend sur 800 hectares au sein d’une réserve naturelle. «L’endroit n’est urbanisé qu’à hauteur de 30% », tient-il à préciser évoquant un « projet modèle sur le plan environnemental».

Pendant plusieurs années, il a dirigé les lieux, employant jusqu’à 500 personnes. Aujourd’hui, il n’est plus dans l’opérationnel, mais reste le principal actionnaire, via sa société Burco America, antenne indépendante du promoteur bruxellois Burco repris par son beau-frère Jean de Cloedt. L’affaire ayant bien fonctionné, il a déployé le même modèle, mais en version viticole, à Mendoza, la capitale argentine du vin, avant de la revendre il y a quatre ans à un groupe colombien.

Loisirs et nature

Ces dernières années, Hubert Gosse a développé une activité d’achat/vente de grandes propriétés d’origine agricole qu’il aménage en sites de loisirs « nature » : pêche, chasse, randonnée, ski, cheval... « Ce sont des lieux difficiles d’accès que je viabilise, détaille-t-il. Ils comprennent le plus souvent une grande maison et quelques dépendances affectées à du logement de personnel, des cabanes, des gîtes, etc., soit des activités touristiques qui permettent de couvrir les frais. »

300 à 18.000
hectares
Les propriétés acquises par Hubert Gosse sont immenses mais souvent situées dans des endroits difficiles d'accès.

Selon lui, l’Argentine regorge de ce type de biens mais la législation interdit désormais aux étrangers d’acheter des propriétés de plus de 1.000 hectares. Aujourd’hui, il en possède quatre allant de 300 à 18.000 hectares, dont une au Chili. La vente de ce type de propriété peut aller de 1 à 8 millions de dollars, mais un domaine s’est vendu plusieurs dizaines de millions.

Ce père de trois enfants, ne regrette pas son choix argentin, même s’il est compliqué d’y faire des affaires. « J’ai eu des difficultés liées au climat de crise économique et social quasi depuis la crise de 2008 et certains de mes problèmes ne sont d’ailleurs pas encore résolus, dit-il, sans plus de détail. Mais une fois encore, j’ai davantage fait un choix de vie qu’un choix économique. »

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