Immobel publie des résultats semestriels lestés mais positifs

©Georges De Kinder

Malgré l'arrêt prolongé de l'activité, Immobel publie un bilan rassurant. Si l’ebitda chute de près de 50%, les revenus augmentent d'autant et les projets se multiplient.

À l’heure de publier son bilan semestriel ce jeudi alors que la bourse baisse le volet, Marnix Galle, le président exécutif du Groupe Immobel, se dit à la fois rassuré et inquiet.

D'une part, il est rassuré par les résultats engrangés et l'augmentation des revenus de 52% malgré le confinement prolongé. «Oui, l’ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement, NDLR) se tasse de moitié à 34,6 millions d’euros par rapport à l’an dernier à même date. Et oui, le bénéfice net part du groupe chute de 61% autour de 22 millions. Mais on limite la casse. Et notre carnet de commandes, suite à l’arrêt momentané de l’activité, gonfle encore pour atteindre un plafond de 4,8 milliards d’euros qui nous permet de voir venir sereinement», nuance-t-il.

Le stock (en millions d'euros) correspond à la valeur totale cumulée des fonciers encore à développer. Prix versé à l'acquisition non revu. ©Immobel, 10/09/2020

D'autre part, il est inquiet quand on lui fait remarquer que l’offre de logements neufs actuellement commercialisés en Belgique par Immobel se réduit comme peau de chagrin par rapport à la concurrence. «Je sais. Et je peste, car nous avons actuellement 4.000 logements en demande de permis que nous ne pouvons pas mettre en chantier, dont 55% – plus de 2.000! – rien qu’en Belgique… Clairement, on ne peut plus faire son métier et approvisionner correctement le marché, qui en a besoin vu la demande. On doit ronger son frein et attendre.»

Le terrain miné bruxellois

Interrogé sur les raisons de cet assèchement de biens commercialisés pour l’instant sur son premier marché, le patron d’Immobel évoque bien sûr la crise sanitaire récente et ses effets conjoncturels. Elle a entraîné des retards dans les processus d’octroi de permis pour les nouveaux projets (4 à 6 mois en général), reportant un grand nombre de permis pour de nouveaux projets à l’horizon 2022.

©Henning-Larsen - A2RC Architects

Puis Marnix Galle repasse un refrain déjà connu, en mettant des gants: «Qu’on me comprenne bien: je ne critique pas les responsables politiques en place, ni à la Région ni à la Ville. Ils abattent un boulot de dingue pour faire avancer les dossiers dans une conjoncture compliquée. Mais à Bruxelles, les délais administratifs pour obtenir les permis sont juste catastrophiques. Sur notre projet Brouck’r (en partenariat avec BPI), par exemple, où nous avons obtenu un accord de principe pour développer 300 logements urbains sur l'ancien site occupé par Allianz, il nous faudra encore un an de procédures avant de pouvoir entamer le chantier. C’est surréaliste. Et ce n’est pas un cas isolé, à Bruxelles. C’est pire encore quand ça devient juridiquement impraticable: la plupart des PPAS (Plans particuliers d’affectation du sol, NDLR) contiennent des vices de forme qui sont régulièrement mis à mal par le Conseil d’État. Quand vous devez tout reprendre à zéro à ce niveau-là, l’attente devient imprévisible. Sans compter les recours divers et variés: pour l’instant, les positionnements 'nimby' ('not in my backyard', soit l'opposition des habitants aux grands projets près de chez eux) se multiplient et deviennent la norme sur tous nos marchés. Il y a une réelle dichotomie entre les habitants déjà dans la place et celles et ceux qui souhaitent y vivre pour améliorer la qualité de leur logement actuel ou de l'infrastructure urbaine avoisinante. Ceci freine la nécessaire amélioration des cœurs de ville et les économies d'énergie liées au nouvel habitat», soupire le patron, dépité par cette situation sans issue qui se répercute directement sur ses bilans et indirectement sur les prix pratiqués, vu la pénurie d’offre sur le marché. 

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