Immobilier: une hausse de 5% au premier semestre

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La hausse amorcée à la mi-2009 s’est confirmée au premier semestre de cette année. Mais les transactions restent inférieures à la moyenne.

Au premier semestre de cette année, les prix de l’immobilier en Belgique ont poursuivi leur rebond entamé à la mi-2009. Selon les chiffres publiés hier par le SPF Économie, une maison d’habitation ordinaire coûtait au deuxième trimestre en moyenne 178.351 euros, une villa 316.377 euros et un appartement 183.814 euros. Le prix des terrains à bâtir valait en moyenne 104,9 euros par m².

Frappés par la crise, les prix de l’immobilier avaient reculé dès l’automne 2008 pour toucher un plus bas dans le courant du premier semestre de 2009. L’an dernier, le marché immobilier belge avait connu son premier recul depuis un quart de siècle, avec une baisse, limitée, de 0,4% du prix moyen d’une maison d’habitation ordinaire.

Mais la tendance à la baisse s’est inversée à partir du troisième trimestre et les prix sont repartis à la hausse. En moyenne, une maison d’habitation ordinaire coûtait 177.775 euros au premier semestre 2010, soit une hausse de 5% sur un an. Les prix des villas ont augmenté de 5,4% et coûtaient en moyenne 314.852 euros. Le prix moyen des appartements a progressé de 5,5% pour atteindre 184.598 euros. Enfin, les terrains à bâtir, dont les prix n’ont jamais réellement baissé en raison de la rareté de ce segment, ont grimpé de 14,4% et s’élevaient en moyenne à 103,6 euros par m².

Hausse limitée en Wallonie

La Flandre a globalement suivi l’évolution nationale. Une maison d’habitation ordinaire coûtait en moyenne 188.630 euros au premier semestre, en hausse de 4,1%. La Flandre occidentale, avec une moyenne de 167.813 euros, était la province la plus abordable. Par contre, le prix de ces maisons était le plus élevé en Brabant flamand (223.928 euros). La commune la moins chère au premier semestre était Renaix, où l’on pouvait acquérir au premier semestre une maison d’habitation pour 113.044 euros en moyenne. Sint-Martens-Latem était la commune la plus chère, avec une moyenne de 345.194 euros. (Consultez un plan avec les communes les plus chères et les moins chères)

La Wallonie a enregistré des hausses de prix inférieures à la moyenne nationale. Une maison wallonne ordinaire coûtait en moyenne 135.774 euros au premier semestre, en hausse de 3,4% sur un an. Les prix des appartements ont progressé de seulement 0,3% pour atteindre 142.129 euros. Le Hainaut était la province la moins chère avec un prix moyen de 117.856 euros. La province la plus chère était le Brabant wallon, avec un prix moyen de 213.097 euros par maison d’habitation.

La commune la plus chère était Lasne (350.846 euros) et la commune la moins chère Florenville, avec un prix moyen de 74.455 euros pour une maison d’habitation. Un prix qui lui décerne aussi le statut de la commune belge la moins chère. Florenville détrône ainsi Colfontaine, qui occupait cette place l’an dernier.

Bruxelles se démarque

Les prix des maisons bruxelloises ont en revanche progressé nettement plus que la moyenne nationale, avec un bond de 13% au premier semestre 2010, par rapport à la même période un an plus tôt. Il fallait débourser 339.811 euros pour une maison ordinaire dans la Région de Bruxelles-Capitale. Les prix des villas ont en revanche fortement reculé, avec une chute de 7,9% pour un prix moyen de 812.047 euros. Les prix des appartements ont bondi de 8% à 198.982 euros.

Woluwé-Saint-Pierre était la commune bruxelloise la plus chère au premier semestre: il fallait y débourser 491.186 euros en moyenne pour une maison d’habitation ordinaire. À ce tarif, Woluwé-Saint-Pierre est resté la commune belge la plus chère. Avec une maison à 234.112 euros en moyenne, Molenbeek était la commune bruxelloise la moins chère au premier semestre, tout comme l’année dernière.

 

3 questions à Julien Manceaux, économiste chez ING

Les prix de l’immobilier ont rebondi d’environ 5% au premier semestre de 2010 par rapport à la même période de l’année dernière. Pourtant les perspectives économiques incertaines, notamment en matière d’emploi incitent les particuliers à la prudence, comme l’atteste le niveau record de l’encours sur les comptes d’épargne. Comment expliquer dès lors ce rebond?

Julien Manceaux: Les acheteurs ont été encouragés par la communication importante dans les médias sur les baisses des prix de l’immobilier et le fait qu’ils disposaient de davantage de pouvoir de négociation et de temps dans les transactions. La diminution des taux des crédits hypothécaires a incité les candidats à l’acquisition à franchir le pas. Par ailleurs, au contraire de l’épargne de précaution, l’immobilier ne suit pas l’évolution du chômage. L’immobilier est plutôt considéré comme un investissement sûr, une valeur refuge. Même si la confiance des consommateurs n’est pas encore revenue à son niveau d’avant la crise, on constate une reprise des transactions immobilières et le retour des acheteurs.

Le marché de l’immobilier belge a-t-il retrouvé son niveau d’avant crise?

Manceaux: La moyenne des transactions immobilières au premier semestre est restée inférieure à 30.000 par trimestre, le niveau "normal" d’un marché immobilier en rythme de croisière. Le premier trimestre a connu un passage à vide avec une baisse des transactions à 27.600, contre 31.200 au dernier trimestre de 2009, qui avait été marqué par un net rebond de l’activité. Les transactions ont rebondi au deuxième trimestre à 28.500, un niveau nettement supérieur aux 24.000 transactions enregistrées au premier trimestre 2009, au plus fort de la crise. Il y a donc encore de la marge pour un retour d’acheteurs supplémentaires pour revenir aux niveaux d’avant crise, en particulier dans le segment des villas et des maisons. L’activité dans les appartements a en revanche déjà renoué avec le pic d’avant crise. Mais le prix général des habitations a déjà dépassé le sommet de 196.300 euros du troisième trimestre 2008 et atteint 199.340 euros à la fin du deuxième trimestre de cette année.

La reprise du marché va-t-elle se poursuivre?

Manceaux: Les très bonnes conditions hypothécaires devraient encore inciter les acheteurs à revenir sur le marché et les prix pourraient progresser de plus de 4% environ sur un an au second semestre. La base de comparaison sera toutefois moins favorable, en raison du rebond de l’année dernière. Au total, les prix en 2010 pourraient afficher une hausse comprise entre 4,5 et 5,5%.

 

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