Inclusio, l'investissement social au chevet des travailleurs à bas revenus

La crise a mis en évidence la situation parfois précaire du personnel de première ligne. ©Photo News

La crise aura renforcé la mission de la société immobilière, créée en 2015 et dont la maturité atteint un seuil avec 1.250 unités de logements bientôt atteintes. Des unités qui seront offertes à la location aux plus démunis.

Si la crise du coronavirus a pu se montrer révélatrice des faiblesses de certaines activités, elle aura aussi permis de démontrer la pertinence de certains modèles. C'est le cas d'Inclusio, société d’investissement immobilier à vocation sociale, née en 2015 face à l’augmentation des loyers sur le marché privé. La société force des personnes à bas revenu à se tourner vers des logements sociaux pour lesquels les listes d'attente s'allongent chaque année. Quelque 180.000 ménages sont concernés sur tout le territoire.

Derrière le projet? La société d'impact investing KOIS, la banque Degroof Petercam et le promoteur immobilier spécialisé dans la rénovation urbaine Revive (cofondé par Nicolas Bearelle et Piet Colruyt). S'étant rendus compte, au début des années 2010, qu'ils avançaient tous trois autour de développements similaires, ils ont finalement décider de joindre leurs forces.

90 millions levés

Leur alliance aura permis au projet de lever quelque 90 millions d'euros à ce jour, tant auprès de privés, d'acteurs publics, que d'institutionnels. Parmi les investisseurs pouvant être cités, quelques noms bien connus filtrent: Belfius, Integrale ou encore le Fonds de l'Infrastructure Ferroviaire de la SFPI.

Un panel de choix qui permet à la société de remplir sa mission, à savoir d'acquérir, de construire et de rénover un patrimoine immobilier qui est dès lors mis à la disposition des populations fragilisées après mise en location à des partenaires sociaux – tels que des Agences Immobilières Sociales (AIS), des CPAS ou des Sociétés de Logement.

38
projets
Inclusio compte quelque 38 projets déjà déployés dans le pays, aussi bien en Wallonie et à Bruxelles qu'en Flandre, permettant à plus de 500 résidents de bénéficier de loyers abordables – de l'ordre de 477 euros en moyenne.

Avec des résultats tangibles à la clé puisqu'Inclusio compte quelque 38 projets déjà déployés dans le pays, aussi bien en Wallonie et à Bruxelles qu'en Flandre, permettant à plus de 500 résidents de bénéficier de loyers abordables – de l'ordre de 477 euros en moyenne.

Mais il n'en va-là que d'un début. Car, de 513 unités de logement nées de ses efforts, l'entreprise s'attend à atteindre les plus de 1.250 sous peu.

La clé de la réussite? La force d'être en mesure d'avancer main dans la main entre privé et public, tout en offrant aux investisseurs des rendements conformes au marché – de l'ordre de 3% ici. Pourquoi? "Car c'est la seule façon de changer la manière dont on fait de la finance aujourd'hui", évoque François de Borchgrave, CEO de Kois. "Sinon, ce type d'initiative sera condamné à être vu comme de la philanthropie."

Ainsi, une équipe professionnelle a été développée. Avec, en tête, le recrutement de Xavier Mertens, ex-patron d'Home Invest, puis de Xior.

Maturité à point nommé

Une tête nouvelle qui a permis de porter Inclusio à un stade de maturité, à point nommé. En effet, "la crise a mis en évidence la situation parfois précaire du personnel de première ligne, de ces professions essentielles [cf. critères du Conseil national de sécurité en période de confinement, NDLR], dont nous dépendons en tant que société pour remplir nos besoins primaires", avance ce Solvaysien, aussi titulaire d'un MBA (Harvard). "Leur réalité, à savoir une difficulté à boucler les fins de mois, a été exacerbée. Comme dans le cas d'une infirmière divorcée avec deux enfants qui doit vivre avec un salaire de 1.700 euro nets à Bruxelles, n'augmentant que de l'ordre d'1,25% par an, alors le loyer des petits logements a, lui, augmenté à un rythme sensiblement plus élevé."

"On vise les 3.000 appartements d'ici cinq ans."
Xavier Mertens
CEO d'Inclusio

C'est pourquoi aujourd'hui, le constat est clair: "il y a encore du pain sur la planche. Ce à quoi Inclusio entend s'atteler sans tarder, visant même les 3.000 appartements d'ici cinq ans, pour une valeur de portefeuille totale de quelque 400 millions", déclare son CEO, Xavier Mertens.

A ce titre, plusieurs pistes sont sur la table pour l'avenir de la société. Comme, pourquoi pas, une entrée en Bourse.

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