La construction cherche des mains avant d'envisager la relance

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Thomas & Piron peine à trouver les bons profils pour mener ses chantiers. L'emploi reste un problème pour la construction, un secteur pourtant à la pointe de la relance.

Fin juin, le directeur de la Confédération Construction wallonne annonçait pouvoir relancer l’activité économique, sur le flanc suite à la pandémie et aux dégâts collatéraux du confinement prolongé. Sa promesse: mettre sur le marché quelque 6.000 nouveaux emplois. En contrepartie, il demandait au gouvernement wallon d’"avoir le sens de l’urgence" et d’activer la mise en chantier des grands projets régionaux déjà budgétés.

Oui mais voilà: selon diverses sources, le secteur de la construction peine déjà à remplir le cadre pour honorer les carnets de commandes. Ce constat est confirmé par la direction de Thomas & Piron, qui publiait lundi ses résultats 2019 et ses prévisions 2020. "Nous venons de lancer un appel à candidatures pour 80 postes de travail au sein de notre filiale TP Home. Nous avons eu environ 500 réponses. Mais au final, quand on a fait le tri, on se retrouve avec une vingtaine d’engagements. C’est profondément frustrant pour tout le monde", soupire Édouard Herinckx, l’administrateur délégué du groupe TP.

Serpent qui se mord la queue

Chez Thomas & Piron, on assure que le problème vaut pour tout le secteur, voire pour bien d’autres, sans doute. Edouard Herinckx constate également que cette carence de main-d’œuvre a une répercussion directe sur l’activité et sur le résultat d’exploitation de centaines d’entreprises wallonnes qui doivent – aujourd’hui plus qu’hier – pouvoir mettre du beurre dans les épinards. D’un côté, comme le révélait un récent sondage de la Confédération Construction, on s’attend à une baisse du volume d’activité de 10 à 12% en 2020 et à des licenciements à la clé; de l’autre, on constate qu’une importante quantité de la main-d’œuvre sur les chantiers de construction provient encore de l’extérieur de nos frontières, faute de trouver chez nous la disponibilité nécessaire.

"Je vous assure que le problème n’est pas le coût de cette main d’œuvre. Le dumping social n’est pas notre fonds de commerce. Si nous trouvions chez nous des ouvriers qui ont la flexibilité et la motivation nécessaires, qui acceptent quand nécessaire de faire des heures supplémentaires et de travailler le samedi pour nous permettre de respecter nos délais de livraison, nous y mettrions le prix. Et nous ne devrions pas combler le manque de bras en faisant appel à de la main d’œuvre étrangère, comme c’est encore trop souvent le cas", insiste le patron d’un autre grand groupe de construction, qui préfère garder l’anonymat pour éviter les problèmes avec les syndicats et sa hiérarchie. 

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