La croissance de Thomas & Piron devrait résister en 2020

Malgré les récentes turbulences, Edouard Herinckx, l’administrateur délégué du groupe TP, se dit confiant. ©Thomas & Piron

Le chiffre d’affaires 2019 de Thomas & Piron a atteint 581 millions d’euros. La croissance devrait perdurer malgré la crise, juge l'administrateur délégué Édouard Herinckx.

Dans les nouveaux bureaux de Wierde, sur les hauteurs de Namur, on ne badine toujours pas avec les mesures sanitaires: circulations séparées et masques restent de rigueur dans les zones communes, tant pour le personnel que pour les visiteurs. 

Au premier étage, Édouard Herinckx, l’administrateur délégué du promoteur immobilier Thomas & Piron, scrute ses écrans. Il publie ce lundi ses résultats annuels. Mais vu la conjoncture, ce sont surtout les perspectives 2020 que l’on espère aborder avec lui. 

Il ne se fait pas attendre: "Je pense, vu la reprise rapide des chantiers après la période de confinement, qu’on va faire le gros dos et traverser cette fameuse zone de turbulences sans trop de casse. Évidemment, pour cela, il faut que le déconfinement se poursuive. Et aussi que des mesures claires soient prises par nos autorités pour soutenir – voire relancer – la demande. Il faut également que les banquiers jouent correctement leur rôle…" 

Passés ces "si", le patron de la holding TP se montre étonnamment confiant. Il faut dire que les résultats 2019 tout chauds qu’il nous met sur la table ont de quoi huiler les rouages de la machine de guerre qu’il pilote.

Depuis 5 ans, le groupe Thomas & Piron, restructuré en filiales autonomes sous une coupole commune, enregistre en effet une croissance régulière sous contrôle. En 2019, le chiffre d’affaires a culminé à 581 millions d’euros, soit une augmentation de quasi 70% depuis 2014.

625
millions euros
C'est le chiffre d'affaires prévisionnel pour l'année en cours

Avec un ebitda (bénéfice avant impôts) flirtant avec les 70 millions d’euros et un résultat d’exploitation proche de 20% des fonds propres – qui dépassaient les 300 millions fin 2019 –, on peut voir venir. "Voir venir, oui. Mais il faut garder la cadence pour maintenir ces résultats et dépasser largement, comme nous l’espérons, 600 millions de chiffre d’affaires cette année malgré la crise sanitaire et économique qui a passablement plombé notre travail à tous les étages depuis le printemps dernier. Je vous rappelle que nous avons 2.400 collaborateurs qui dépendent tous les jours de nos carnets de commandes… C’est une fameuse responsabilité, surtout en cas de coup d’arrêt imprévisible."

Dégager l’horizon

©TP Groupe

Serein, mais pas naïf, le patron. La crise du coronavirus a testé grandeur nature la résistance et la résilience à tous les étages de l’entreprise. La confiance est de mise pour tenir le cap en 2020. "Mais je ne vous cache pas que cette conjoncture inédite fait que des incertitudes subsistent à l’échelle du groupe pour l’exercice 2021. On y verra déjà plus clair en septembre prochain", souligne-t-il, prudent. Et l’administrateur délégué d’énumérer notamment les retards accumulés dans le suivi de dossiers et la délivrance des permis. 

Heureusement, tout a été fait selon lui pour diversifier au maximum le risque. Et si TP Home (qui gère la construction d'habitations neuves) reste le fer de lance maison, TP Bâtiment (dédié à la construction de grands ensembles) et même TP Rénovation ont bien assuré l’an dernier. 

«La confiance est toujours de mise pour tenir le cap en 2020. Mais je ne vous cache pas que des incertitudes subsistent pour l’exercice 2021.»
Edouard Herinckx
Thomas & Piron

Ça, c’est pour les rouages de production interne. Et puis, il y a les nouveaux fers de lance. Le groupe a encore étendu sa toile à l’international en gonflant ses activités au Luxembourg et en France (Maison du Nord). Il est aussi entré depuis peu sur les marchés suisse (croissance organique par acquisition locale) et portugais (premiers projets à Porto-Gaia et Lisbonne). Et il achève de livrer la première phase d’un important projet résidentiel à Casablanca (Maroc), dans le quartier d’Anfa Club (ex-aéroport).

"Mais nous disposons également en Belgique d’un solide portefeuille de réserves foncières à développer, notamment au Luxembourg. C’est un fameux levier pour les années à venir", insiste Édouard Herinckx. Pour tenir le cap actuel des 780 maisons et 715 appartements construits et réceptionnés par an, il y a intérêt à rester prospectif, y compris du côté de l'emploi. Et là, ça cale pour l’instant: "Pour tenir le cap, on devait engager cette année au moins 80 personnes chez TP Home. Les candidatures ne manquent pas. Mais quand on a fait le tri, on n’arrive pas à remplir nos quotas comme on le voudrait."

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