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La pénurie d’offre de logements fait chauffer le marché, selon Trevi

La raréfaction de l'offre d'immobilier neuf se confirme, surtout à Bruxelles. La demande restant soutenue, Trevi prévoit une hausse des prix. ©Yvan Glavie / citydev.brussels

Le dernier indice trimestriel Trevi confirme la hausse des prix immobiliers. Mais au-delà de cette résilience confirmée sur le marché résidentiel, le réseau d’agences s'inquiète de la pénurie d’offres et de ses effets.

Le dernier indice trimestriel Trevi, qui vient de tomber, conforte la hausse des prix déjà prévue pour l’année écoulée, qui se stabilise à environ +6%.

Mais au-delà de ce chiffre, plutôt rassurant pour les professionnels au terme de 10 mois de transactions commerciales bridées par les mesures sanitaires, le patron du réseau Trevi confirme la menace qu’il pointait déjà il y a un an: la diminution rapide de l’offre résidentielle sur le marché tandis que la demande, elle, reste soutenue.

-60%
La diminution de l'offre de logements neufs déjà enregistrée sur le marché bruxellois, mètre-étalon du marché national, s'élève à environ -60%.

Pourquoi le marché s’enflamme?

Pour expliquer ce déséquilibre inédit, Eric Verlinden pointe d’abord les retards accumulés par les administrations en charge du suivi et des permis urbanistiques. "Les délais enregistrés depuis mars sont encore plus importants à cause d’une organisation du télétravail généralisée qui retarde un nombre impressionnant de dossiers. Nous comprenons que les politiques aient énormément de problèmes à solutionner mais la situation devient vraiment préoccupante", pose le patron, qui estime à +/- 60% la diminution de l’offre en immobilier neuf sur la seule Région bruxelloise.

"Nos partenaires bancaires se disent globalement soulagés par le peu de défauts de paiement enregistrés chez les particuliers."
Eric Verlinden
Patron du réseau Trevi

Parallèlement, il brandit une autre source de tarissement: les propriétaires de biens ont affiché, vu la crise actuelle, un certain immobilisme dans leur prise de décision. Cela a logiquement conduit l’offre de biens existants à reculer de plus de 10% selon Trevi.

+8 à +10%
On pourrait enregistrer dans les prochains mois une hausse relative de 8 à 10% sur le marché immobilier par endroits si rien n'est fait pour relancer la production et l'offre de logements neufs.

Le patron avance un troisième élément: "Sur l’ensemble des demandes de crédit hypothécaire, la proportion de refus de crédits est passée de 1,2% à 3,3% sur le 2e semestre 2020 et reste donc marginale. Nos partenaires bancaires se disent globalement soulagés par le peu de défauts de paiement enregistrés chez les particuliers."

Si ce dernier constat chiffré semble rassurant, il induit un effet pervers, selon Eric Verlinden: "Cette résilience du pouvoir d’achat va indéniablement provoquer une hausse des prix – prioritairement sur le marché secondaire - puisque la production de logements neufs reste faible et qu’aucun signal ne vient contrecarrer cette tendance bien installée."

Enrayer l’incendie à tous les étages

Cette surchauffe sur les prix ne devrait, dans un premier temps, pas dépasser 3 à 4%. Mais elle pourrait, sous les effets de la spéculation, monter rapidement à 8 voire 10%. "Il est donc urgent de prendre les mesures qui s’imposent en coordonnant le rôle des différentes administrations en charge du marché immobilier pour stimuler l’offre et rééquilibrer les plateaux de la balance", prévient Eric Verlinden.

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